mardi 24 février 2009
Siem Reap 4e jour- Angkor un medecin, Angkor des antibiotiques!
dimanche 22 février 2009
Siem Reap 3e jour - Angkor des temples et des conflits
Au réveil, Aglaé va mieux, moi moins bien. Nous nous bougeons quand même pour aller voir ces satanés temples, et tant pis si je me sens fiévreux : notre pass expire ce soir. Décision est tout de même rapidement prise de prendre un tuk-tuk pour faire le tour des temples plutôt que des vélos : la perspective, avec mes frissons, l'envie de vomir et de dormir, de monter sur deux roues et de faire des efforts, me jette presque dans le coma.
Echaudés par l'expérience d'hier, nous abordons les premiers tuk-tuk, et leur expliquons le trajet que nous voulons faire. Notre erreur : trop fatigués, trop énervés, nous commençons à être secs et fermes au lieu de tenter le sourire de façade. Bref, en face les tuk-tuks se braquent à la vitesse de la lumière, se cabrent et soit s'énervent, soit font montre du plus grand mépris, tendance foutage de gueule. Apres 1/2 heure de prix inabordables et de vaines tentatives de negocitions, Aglae etait au bord de tous les etrangles et j'ai donc pris les choses en mains.
Nous marchons quelques mètres de plus jusqu'à entendre le "sir you need tuktuk ?" que nous attendions. Je me retourne en souriant, et commence à marchander, de loin, en riant et en souriant. C'est long mais nous finissons par obtenir un prix décent pour la journée, et montons. Nous nous sommes accordés sur un trajet (aller voir un temple moyennement lointain, et en voir d'autres sur le trajet du retour), mais on commence à sentir la douce odeur des ennuis quand, dix mètres après le départ, notre chauffeur s'arrête, montre un autre chauffeur sur un autre tuk-tuk, et nous dit que c'est comme ça, que ce sera celui-la que nous prendrons, qu'il a dejà une course etc.
Preah Khan
La visite du premier temple, le Preah Khan, terriblement en ruines, mais très grand et très envahi par la végétation, est magique pour Aglaé ; pour moi c'est franchement difficile. J'admets que ce que nous avons vu est très beau, mais les frissons, le mal de gorge et l'envie de m'asseoir à tout bout de champs pour reprendre mon souffle me gâchent un peu le plaisir. Les frissons disparaissent heureusement car la température extérieure baisse à la vitesse de la lumière, dissipant les vapeurs du sommeil, et me faisant pendant quelques heures oublier mon malaise.
Retour au tuk-tuk. Nous nous battons dix minutes pour aller voir un temple distant de 2 km à peine. Lui, feignant, renâcle, dit que ce n'est pas ce qui était entendu, que c'est loin, etc. Nous lui faisons remarquer gentiment qu'il n'était pas là au moment où tout a été "entendu". Il râle et s'enferme à nouveau dans le silence réprobateur qui le caractérisera toute la journée. Ambiance.
Visite d'un ancien bassin royal, couvert de vieilles pierres et de soleil. Les touristes sont plus rares sur ce circuit moins prisé, et le lieu, constitué de 4 grands bassins maintenant à sec, est enchanteur. Alors que nous passons sous une arche cachée dans un bassin, nous découvrons une tête d'éléphant sculptée surmontant un petit autel couvert de cierges et de fleurs. Là, une vieille dame souriante nous redonne foi envers les Cambodgiens du coin. Je lui dis bonjour en khmer, ce qui semble la plonger dans des délices inappropriés. Je lui dis que nous sommes des "balangs", ie des Français, elle glapit de plaisir en français :
- Regardez-ng, la tête de l'éléphang, la tête de l'éléphang !
Ce disant, la voilà qui se met à caresser la tête de la statue avec volupté. Nous lui disons rapidement au revoir, sans savoir au juste si elle est siphonnée, et quand bien même ?
Le Bayon, le retour
Nous retrouvons le chauffeur, qui n'a pas fini de bougonner, et nous ramène au Bayon, temple qu'Aglaé avait un peu raté deux jours avant, et dont les bas-reliefs nous étaient restés cachés. La chaleur est toujours là, et toujours aussi vicieuse ; peut-être même pire que la dernière fois - même si la fièvre a dû jouer. Pour la contrer, nous tentons faiblement de résister en dégustant de succulents ananas frais, vendus partout par ces femmes dont je vous avais parlé. Elles passent leur journée à hurler : "pineappeuuuuuuuuuuuul, coconuuuuuuuuuuuuut, wateeeeeeer" avec un accent cambodgien très prononcé et très drôle. Je passe la journée à leur répondre avec la même voix : "nooooo, i don't waaaaaant".
Nous découvrons donc ces satanées bas-reliefs, que nous parcourons en sautant de l'ombre d'une colonne en ruine à l'ombre d'une autre colonne en ruine. Leur richesse et leur beauté nous font maudir pour la millième fois ce satané guide, qui avait décidé unilatéralement que nous nous en passerions.
Les bas-reliefs garnissant le pourtour du temple, nous décidons de braver les centaines de degrés Fahreneit environnants, afin de revenir vers le coeur du Bayon, et ainsi donner à Aglaé une chance de saisir la magie des visages de Bouddha. La fièvre et la déshydratation en moins, Aglaé se plonge avec bonheur dans les délices de cet endroit si beau, si mystérieux. Je suis rempli de joie de voir qu'elle profite enfin des temples d'Angkor, et qu'en une matinée elle s'est autant rattrapée des jours précédents. Elle déambule à plaisir dans les temples, et ressent enfin les délices esthétiques que je ressens depuis le premier jour, à nous promener parmi ces grands arbres et ces grands amas de pierre monumentaux.
Reprendre des forces à l'ombre
Nouveau déjeuner, nouvelle négociation express du bol de soupe de nouilles instantanées et, pour ma part, nouvelle sieste, cette fois-ci vraiment cruciale, afin de faire tomber la température. A mon réveil, ça va un peu mieux : les frissons ont disparu mais la fièvre est encore là. Nous nous promenons donc à un rythme nonchalant, entre les nombreux temples du coin (nous sommes dans l'enceinte d'Angkor Thom, la cité Royale de l'époque). Nous passons devant des structures en rénovation complète (par les Japonais, par les Francais, par les Indiens : tout le monde s'y met pour aider les Cambodgiens), devant d'autres en état de décrépitude avancée, ou d'autres flambant neuves. Nous comprenons mieux alors comment il se fait que le sol d'Angkor, qui contient probablement de grandes richesses, et la promesse de grandes découvertes, n'a toujours pas été fouillé : il y a encore une trentaine de temples à restaurer, sans parler de ceux qui ont été restaurés, et où la nature reprend déjà ses droits. Faire retrouver aux temples du coin leur éclat, une tache de titan, dont personne ne verra jamais le bout...
Notre situation, à l'ombre de ces arbres dont le plus petit dépasse toujours 20 mètres, est idéale pour reprendre des forces, d'autant que la lumière commence à doucement décliner. Au bout de quelques heures de promenade, il nous faut à nouveau insister lourdement pour que notre tuk-tuk, pris à la journée, daigne faire un arrêt en route devant des temples, alors qu'il est à peine 15h. Il nous faudra menacer de rentrer à pied sans payer pour qu'il fasse contre mauvaise foi bon coeur. Bonne ambiance, encore une fois.
Coucher de soleil au milieu des ploucs
Après la visite de deux sympathiques petits templions, nous nous engageons dans la montée du Phnom Kulen, grosse colline qui promet une belle vue sur la jungle, Angkor Wat et le Tonlé Sap, le lac qui couvre une immense partie du pays. Pour y arriver, il est nécessaire de gravir cette montagne, un chemin en montée plutôt douce, qui s'achève par la nécessaire ascension du temple-montagne au sommet de la colline.
Monter en haut de ce temple, après la longue montée de la colline, est particulièrement difficile dans l'absolu, car les marches sont nombreuses et font presque un mètre de haut (sans exagération). Avec la fièvre qui revient montrer ses gros bras, c'est une expérience... autre. J'arrive en haut absolument exténué, tout palpitant, et l'air un peu blême.
Nous remarquons vite que nous ne sommes pas seuls, et l'ascension en éléphant organisée en bas de la colline nous avait mis sur la piste. Si nous nous demandions l'avant-veille pourquoi tous les touristes disparaissaient au moment du coucher du soleil, nous avons maintenant la réponse à nos interrogations existentielles : l'immense majorité a prévu dans son tour de venir voir le coucher du soleil depuis cette montagne. Et il est vrai que la vue est impressionnante : autour de nous, un tapis de forêt, d'où aucun des dizaines de temples de la région n'émerge, excepté Angkor Wat, à quelques kilomètres. Le Soleil semble brûler la surface du lac, loin à l'horizon. Sympathique.
Nous sommes donc littéralement entourés de touristes, et certains sont parmi les plus ridicules du monde, comme si chaque pays avait envoyé le contingent le plus représentatif du pire qu'il avait à offrir. Pêle-mêle, nous avons donc droit aux Japonais qui poussent des hurlements béats, avec casquette à visière et photo tous les quarts de seconde ; aux très gros Américains ; aux Anglais tous rouges ; à la famille thaï bourgeoise, pouffe en mini-jupe dorée et parents pas mieux habillés. Il ne manque que des Chinois pour cracher un peu partout. Tout ce petit monde se serre de plus en plus sur la plus haute plate-forme du temple. Ca pose des photos, ça mitraille dans tous les coins. Aglaé et moi passons plus de temps à photographier les meilleurs phénomènes qu'à observer la vue. J'imagine que moi, avec mes litres de sueur froide déversés chaque seconde, je n'ai pas l'air plus malin...
Angkor des cafards !
Devant l'afflux, nous décidons de redescendre sans attendre le coucher du soleil, qui arrivera dans 30 minutes. La descente est infinie, d'autant que nous croisons sans arrêt des hordes de touristes qui montent. Impossible de savoir comment ils ont tous tenu sur l'esplanade du temple, là-haut, mais nous ne sommes pas très curieux de voir le résultat. Nous rentrons à la maison avec notre tuk-tuk si aimable et le payons. Je prends ma température, et youpi, ma fièvre est à 39°C. La vie est belle. Une aspirine plus tard, nous voilà repartis dans le but de prendre un léger repas avant de reprendre la direction du dodo.
C'est là que tout se complique. Nous décidons de prendre le premier resto sur le chemin, un truc pour occidentaux appelé Special Herb Pizza. Je pense qu'on pouvait aussi se procurer des "herbes" un peu bizarres dans ce genre de pizzas, d'après notre guide, mais on était aussi supposé manger bien. Au moment de notre commande, je demande un thé chaud au citron, seul moyen de calmer mon atroce mal de gorge. Le serveur opine : "yes, hot tea lemon, yes"
Trente secondes plus tard, il revient avec un Coca. "No, no, HOT TEA, TEA, WITH LEMON".
Une minute plus tard, il revient avec un verre rempli de glace et d'un liquide qui doit être du thé glacé, le truc à même de me terrasser vu l'état de ma gorge. J'explose de rire, puis :
"NO, HOT TEA, WITH LEMON"
Encore une caractéristique du cambodgien, et il paraît que c'est une particularité culturelle en Asie du Sud-Est : impossible d'avouer qu'on n'a pas compris, on préfèrera toujours mentir et dire qu'on a compris.
Enfin, le serveur sourdingue revient avec mon cher thé chaud au citron. Je le verse dans ma tasse, et me rend compte avec une surprise non dénuée d'horreur qu'en même temps que le précieux liquide, un cafard noyé a atterri au fond de ma tasse. Et là, trop c'est trop : la maladie, les engueulades avec les tuk-tuks, les vendeurs d'appareil photo, les serveurs, les arnaques incessantes, nous décidons de fuir plutôt que de cautionner ça encore une fois. J'appelle le patron, un gros manchot trapu qui est en train de nous apporter le hamburger d'Aglaé, lui montre le cafard mort dans ma tasse, et lui signifie mon intention de m'en aller, sans payer bien sûr puisque nous n'avons rien consommé. Aglaé est en train de siroter le plus rapidement possible son verre de vitamines prescrit par son médecin, et prend l'air courroucé de la fille qui va partir dès qu'elle aura fini son verre d'eau orangée.
Si nous avons le monopole du cafard, le Manchot, quand à lui, prend la mouche. Il se met à gesticuler et hurler : il nous changera le thé, mais nous allons rester ici, et manger sa bouffe. Hors de question, nous exclamons-nous en choeur ! "No go away !" surenchérit le Manchot, bien décidé à ne pas nous laisser partir malgré ses faillites en grammaire anglaise. Le ton monte à la vitesse de la lumière. Aglaé, son verre de vitamines à la main, tempête et crie que c'est une honte, un resto aussi sale, des cafards dans la bouffe et il fallait qu'on la mange peut-être?, ponctué de "Non mais je rêve!" (en français), que j'étais vraisemblablement le seul à comprendre. Gardant un calme assez surprenant, je regarde ce petit monde s'engueuler. Aglaé s'énerve de façon grandiose et digne, le Manchot, lui, décide de nous barrer physiquement le chemin. Décision d'autant plus dangereuse que maintenant Aglaé a fini son verre, et qu'elle a bien décidé de partir sans manger ses frites goût cafard.
Le Manchot menace d'appeler la police. Aglaé l'enjoint à le faire, avec un sens du bluff que j'applaudis encore : de toute évidence, si le type disait ça dans un pays aussi corrompu, c'est qu'il connaissait des gens de la police. Evidence corroborrée lorsqu'un serveur lui apporte en courant une carte de visite d'un policier. Nous flippons d'autant plus qu'un autre serveur a rapidement fait disparaître la preuve du crime (la tasse et le cafard bouilli), et ce malgré nos protestations houleuses.
Malgré les cris, les 4 ou 5 touristes qui mangent dans le restaurant en même temps, n'écoutant que leur courage, font comme si de rien n'était, et parviennent à regarder ailleurs, malgré la petitesse du restaurant. Merci les gars, vive la solidarité.
Le gars appelle la police, ou fait semblant - nous ne saurons jamais. Pendant ce temps, nous continuons à essayer de passer. De son moignon il fait de grands moulinets, qui me dégoûtent assez de l'envie de tenter le forcing - Aglaé m'avouera plus tard qu'elle était tellement énervée qu'elle n'a même pas vu que le type n'avait plus de doigts !
Aglaé hurle les expressions "French embassy" et "big problems for you" dans des séries qui les rapprochent de plus en plus. Le Manchot semble un peu hésiter, et Aglaé passe en force, en le défendant de la toucher s'il ne veut pas avoir de gros problèmes. Elle le bourre sur le côté, réussit à atteindre la rue, et continue à crier. Je tente aussi de passer, avec mon sac à dos et ma fièvre. Le Manchot me repousse violemment vers l'intérieur du restaurant. Là c'est trop, et j'élève la voix pour la première fois. Rassemblant quelques mots d'anglais un peu au hasard, je l'enjoins de la moins courtoise des manières à aller laver sa cuisine s'il veut éviter ce genre de problème. Devant la puissance de ma voix (je crie rarement, seuls ma mère et mon frère pourront témoigner de l'effet que ça peut faire), le type me fait signe que je dois m'en aller, ce que je fais avec plaisir. Il fait mine de me donner un coup lorsque je passe, à quoi je réplique par une autre menace, et c'est fini. Connard, va! Les touristes n'ont toujours pas bougé.
A peine le temps d'être impressionné par la puissance d'esprit d'Aglaé, qui n'a pas flanché une seconde, alors que la perspective d'un flic corrompu se mêlant à l'affaire n'était pas des plus attirantes, que la voilà qui s'écroule dans mes bras, traumatisée. Je la supporte jusqu'au centre-ville, où nous achetons des mouchoirs pour les larmes, et où nous trouvons un sympathique restaurant thaï où manger de succulentes nouilles, mais il lui faudra de longues heures pour se calmer.
Le restaurant est un concept-resto sur le thème de la prison : élégante façon de voir à quoi l'on aurait échappé, mais l'équipe est assez charmante pour prendre ça à la rigolade. Nous retournons nous coucher, en faisant un petit détour pour ne pas passer devant le resto du Manchot, et allons nous effondrer sur nos lits, elle avec sa peur-rage, moi avec ma maladie.
vendredi 20 février 2009
Siem Reap 2e jour - Angkor malade!
(Aglaé) Reveil difficile: j'ai tres tres mal a la gorge et a l'oreille, en plus du mal de bide qui me poursuit depuis mon entree au Cambodge. Je me dis que je touche le fond et que surtout je ne vois pas le rapport entre tous ces symptomes. Je reveille Charly. Le monsieur de notre guesthouse nous informe que la clinique conseillee par le Lonely Planet n'existe plus. Sachant qu'il ne faut pas aller dans n'importe quel hosto au Cambodge, ca commence bien! Il nous conseille L'International Royal Hospital.
Nous negocions une moto-taxi car c'est assez loin. Nous arrivons dans un hopital tres grand et tres chic... on se precipite pour nous ouvrir la porte. Nous trouvons ca louche et nous enquerons du prix d'une consultation chez un generaliste. On nous repond avec un grand sourire: 120 dollars!
Je me sens mal, mais pas a ce point la!
Nous finissons par trouver une clinique serieuse a prix plus raisonnable. Le docteur me diagnostique une grosse infection intestinale et une amygdale attaquee par les bacteries qui sont remontees dans ma gorge lors de mes "visites de musees". D'ou la douleur quand je deglutis et la torture a chaque bouchee avalee (meme pour de delicieux pancakes, ce qui est quand meme triste!). Je suis surtout completement deshydratee et a bout de forces. Il me prescrit des antibios, des vitamines et, rassuree, je vais me coucher.
Moral en chute libre...
Depuis notre entree au Cambodge, on ne peut pas dire qu'on ait vraiment eu de la chance, mais etre au fond de mon lit alors que j'ai un pass trois jours pour Angkor et que je n'ai pas reussi a profiter du premier jour, c'est trop! La veille, c'etait la premiere fois du voyage que la fatigue prenait le dessus: d'habitude les vieilles pierres me donnent des ailes, meme en hypoglycémie ou malade! Mais la, les splendides temples sont dehors et moi enfermée dans cette chambre sinistre... C'est rageant.
Charly part raconter nos dernieres aventures au Laos sur internet pendant que j'essaie de me résigner et de dormir.
Il faut sauver le soldat Aglae!
Voyant mon moral atteindre des profondeurs abyssales et que j'ai repris quelques forces en dormant, Charly propose de tenter de sauver cette journee pourrie. Le plan: aller voir un petit temple isole et loin de tous les autres, qui est le plus finement sculpté d'Angkor.
Mais pour réussir la mission, il faut passer par la case marchandage. Le temple est a 37 kilometres de la ville et y aller en tuk-tuk est hors de prix. Nous décidons d'y aller en moto-dop, mais tous les conducteurs nous repondent invariablement: it's sooo faaaaaaaaar! en ayant deja l'air épuise rien qu'en en parlant. Un nous explique meme qu'il est bien là, à attendre sous un arbre, et qu'il ne voit pas pourquoi il bougerait!
La faineantise des habitants de Siam Reap est decidement sans limites... Les explications rationelles comme "mais on vous paie le prix d'une demie-journée pour a peine 2h de travail!" ne pèse pas lourd contre le fameux "but it's sooo faaaaaaaaaar!"
Un jeune conducteur semble prêt a accepter notre offre, mais les plus vieux autour de lui font pression pour qu'il refuse. Je suis à bout de patience: je veux voir des temples, je la conduis s'il le faut leur foutu moto! Excedee, je balance au jeune conducteur qui hesite depuis 15 bonnes minutes que j'en ai ras-le-bol d'attendre plantée au soleil, que je suis malade et que s'il ne veut pas faire de course et bien tant pis pour lui!
Apres plus de 30mn a errer dans les rues et tenter de negocier, je me vois deja retourner me coucher. Mais la miracle... apres 30 mètres de marche, le jeune conducteur de moto s'arrete près de nous (et hors de vue des autres conducteurs) et nous dit le tant attendu: "ok, ok!"
Commence alors un trajet superbe a travers la campagne et la jungle, dans la lumiere déclinante du coucher du soleil. Le conducteur fonce, nous n'avons pas de casques, mais il evite habilement les nids de poules donc nous sommes a peu près rassurés (CMA: nous n'avons aucun doute sur votre forte désapprobation, mais nous n'avions pas d'autre solution!).
Nous atteignons enfin notre but: le Banteay Srei. Ce temple est tout petit, la chaleur est tombee, l'idéal pour une visite breve mais enchanteresse. Le temple est désert, la lumiere splendide et les petites apsaras (danseuses sacrees) de pierre semblent prêtes à se mettre à danser... Des serpents fabuleux à multiples tetes se tortillent au-dessus des portes, des sages meditent dans une flamme le long des colonnes... Je revis!
Le gardien ferme le temple derriere nous et nous rentrons. Nous retrouvons Josh pour le diner, dans un restaurant où on peut nourrir de gros crocodiles vivants dans un bassin. Je ne suis pas d'une grande conversation et j'ai un mal fou à avaler ma nourriture, mais au moins j'ai vu un temple splendide aujourd'hui!
Et puis... ça ira mieux demain!
Splendeur des temples, malaises et guides fainéants
2 fevrier
Nous avions cru qu'Aglaé était guérie, vu que la veille la Miss avait marché son heure et quart sous le soleil, écrasée par son sac à dos, en mouftant mille fois moins que moi. Nous nous levons donc à l'aube pour rejoindre Delphine, Hubert et Anton, qui doivent nous retrouver en tuk-tuk au comptoir des billets pour la zone des temples d'Angkor.
Les vélos que l'on peut louer à Siem Reap ont une caractéristique commune, quelle que soit la pension où on les loue pour 1 ou 2 dollars : leurs freins sont lâches, leur direction hasardeuse, la selle rappelle les tourments de l'enfer, et leur construction date probablement de celle des temples d'Angkor. Autant dire que c'est un plaisir de les monter.
La billetterie d'Angkor Wat, qui donne accès à la trentaine de temples du secteur, est particulièrement bien organisée. Pas étonnant, étant donné 1) l'afflux de touristes 2) que la société (privée) qui s'en occupe, la Sokimex, empoche 15% de la gigantesque manne financière du truc, ne reversant que 10% à la société de conservation des temples (alors que la moitié des temples n'a pas encore été complètement restaurée), laissant 70% qui vont plus ou moins mystérieusement remplir les caisses du gouvernement cambodgien - quant aux 5% restants, allez savoir... Ne cherchez pas à savoir pourquoi c'est une société pétrolière qui s'occupe de l'organisation des temples d'Angkor (billetterie, contrôle, etc), personne ne le sait tout à fait.
Nous nous retrouvons rapidement en possession d'un joyeux pass avec nos visages pas réveillés en photo dessus, tout ça pour la modique somme de 40$ pour 3 jours, et retrouvons les Français et l'Italien. Nous faisons à l'occasion la connaissance du guide, un type au premier abord assez rigolo, avec un chapeau de cow-boy. Tres souriant, tout ca. Nous suivons le groupe avec nos velos, et nous les retrouvons devant Angkor Wat, le plus grand edifice religieux du monde (rien que ca).
Wat the fuck ?
Angkor Wat, gigantesque, opulent, monstrueux presque. Pour tous les details, se referer a Wikipedia. S'y pointer a 7 heures du matin, un peu fatigue, carrement pas bien en ce qui concerne Aglae, semble la maniere forte de commencer notre visite des temples de la zone. En Inde cette methode avait carrement marche, le jour de Noel, devant le Taj Mahal. Ici, les resultats sont carrement plus mitiges : le guide enchaine les blagues un peu vaseuses et les explications dans un desordre des plus chaotiques, et la magie a du mal a operer. Une des raisons est simple : au matin, ce temple qui donne vers l'ouest est a contre-jour du soleil levant, du coup les photos sont ratees et l'impression n'est pas aussi puissante qu'au coucher du soleil.
Alors oui, Angkor Wat est immense, et de loin on dirait un Versailles khmer, mais il a surtout une enceinte gigantesque. Ce qui le rend interessant, c'est son etat de conservation quasi-parfait : les delicats bas-reliefs de plusieurs centaines de metres semblent avoir ete sculptes hier, et leur richesse et leur profusion n'a pas fini d'etonner. Mais quant au temple lui-meme, son architecture, etc, difficile de se faire une opinion, car une fois devant on manque la vue d'ensemble. En bref, l'emerveillement attendu n'est pas la. Surtout chez Aglae, en proie a un malaise assez profond - elle sue, elle rougit, elle hennit, et son enthousiasme legendaire pour les vieilles pierres semble absent, ou bien se fait in petto. Autant dire que moi, celui qu'elle a convertit a la peinture et a l'architecture, celui qu'elle a traine partout, avec qui elle partage toujours des enthousiasmes puissants et communicatifs, autant dire que moi, donc, je me fais un sang d'encre.
Point de doute possible, Aglae est Angkor malade.
Quant au guide, il nous fait voir les bas-reliefs a un rythme de plus en plus accelere. La profusion d'explications se transforme vite en quelque chose qui ressemble a un compte-goutte, mais nous ne remarquons rien pour l'instant. La ou le bon guide fait aimer en montrant qu'il aime, le notre se contentera toute la journee de nombreux "voila regardez c'est magnifique".
Mystique Bayon
Je vous connais, petits incultes. Vous avez surement deja vu ca, et pourtant le nom du Bayon ne vous dit pas grand-chose. Eh bien sachez qu'il s'agit du second temple le plus visite de la zone. Comme vous le verrez sur la premiere photo de la page Wikipedia, de loin le temple evoque un vieux tas de ruines. Mais a l'inverse d'Angkor Wat qui decevait de pres et imposait de loin, une magie incroyable s'eleve au fur et a mesure que le visiteur monte les marches (toujours tres hautes dans cette region), et decouvre les fameux innombrables visages.
Il parait qu'ils ont tous une expression differente. Plus que ca, ils ont chacun un degre de delabrement different, ce qui donne une impression tellement... unique, oui c'est ca. Visages multiple, impression unique : il y a un moment ou, en haut du temples, ou que porte votre regard, 5 visages (tous sont des visages de Bouddha, ndrl) au moins vous regardent, avec un petit sourire fin - mais certains n'ont plus qu'un oeil, le haut du visage, ou bien ont perdu tout un profil. Et comme tous ces visages sont composes de plusieurs pierres, emerge sans arret l'impression d'etre dans une peinture cubisto-khmer. Delirant, troublant : le Bayon est sans doute possible mon temple prefere.
Quant a Aglae, sa "visite" ne lui aura pas permis de vraiment apprecie le chef-d'oeuvre artistique : lorsque le guide prendra une pause pour nous laisser nous promener dans le temple, elle s'assira a cote de lui pour souffler, et ne verra quasiment rien. Il faut aussi preciser qu'il est presque midi, et que la chaleur est absolument epouvantable. Passer de l'ombre a la lumiere devient une torture insupportable.
Cyclistes malgre tout
Aglae se sentant vraiment mal, c'est Hubert qui conduit son velo, m'accompagnant par la meme occasion jusqu'au prochain temple, alors qu'Aglae emprunte le tuk-tuk avec les autres. Se promener dans l'enceinte de cette ancienne cite gigantesque est assez magique : des routes confortables et bien tracees font comme une saignee dans une jungle absolument impenetrable, de laquelle emergent a intervalle regulier des temples, des bassins royaux, des tas de pierres indefinissables, et plus souvent encore des cars de Japonais.
Plus nombreux que les quelques singes apercus, qui d'ailleurs passent leur temps a chasser les chiens, les Japonais font une entree fracassante dans notre voyage. Alors que nous nous demandions ou ils etaient dans les pays precedents (c'est vrai, quoi, le tourisme sans touristes japonais, est-ce encore du tourisme?), la foule nippone, avec son cortege de gros bus, de gros appareils photos, de casquettes a visieres et de vetements des annees 80, rattrape son retard a Angkor. Au point que nous croisons sans arret des guides parlant japonais, qu'ils soient nippons ou Cambodgiens.
(je precise que la premiere phrase du paragraphe precedent, au sens un peu flottant, ne visait en aucun cas a faire de rapprochement delictueux entre nos amis les Japonais et nos ennemis les singes)
Nous ralentissons un poil, le temps que le guide nous montre la curieuse Terrasse des Elephants, et une statue de cheval a 5 tetes. Pour la troisieme fois au moins, je lui pose une question a laquelle il repond "good question", avant de botter la balle en touche avec une reponse incoherente. Je commence a sentir les limites du guide, quant a Aglae, elle ne sent plus grand chose.
Nous repartons avec Hubert derriere le tuk-tuk. Le guide, a l'interieur, semble vraiment courrouce que nous soyons en velo, et voudrait que la visite aille plus vite : il ira meme jusqu'a nous proposer de nous accrocher au vehicule, depuis nos velos (CMA: hautement dangereux et cassegueulisant, bien entendu). Il faudra le tact d'Aglae pour le calmer "if you want, you can take the bike instead of them", mais nous comprendrons le soir venu que tout ca n'etait que le revers d'une arnaque destinee a faire rentrer et le guide et le tuk-tuk plus tot a la maison. J'y reviendrai.
Apres un trajet toujours aussi enchanteur a l'ombre d'arbres gigantesques, nous arrivons devant le Ta Prohm, pour la pause dejeuner. Il faut savoir que depuis notre entree dans la zone d'Angkor, devant chaque temple se trouvent de 20 a 30 restaurants, petites paillottes separees par des bambous, proposant tous exactement le meme menu. La caracteristique commune des serveuses est la suivante : des qu'un touriste passe dans son champ de vision, la serveuse court vers lui en hurlant. Si c'est l'heure du dejeuner, elle tiendra un menu a la main, sinon ce sera un sachet d'ananas decoupe, ou une bouteille d'eau.
Conseil d'Etat, et ca repart
En arrivant devant les restaurants, nous constatons sans surprise que les prix sont delirants, en tout cas pour le niveau de vie du pays : des nouilles instantanees pour 4 dollars environ, soit environ 4 fois le prix habituel. Mais Hubert et Delphine nous font vite comprendre qu'il est largement possible de negocier. En effet, des qu'ils prononcent le mot "discount", tous les plats tombent a 2 dollars 50, pas etonnant vu la concurrence. Pendant ce temps, je fais semblant de ne pas etre tente, je cherche Anton qui a disparu aux toilettes et fais croire a la serveuse qu'a cote on m'a propose moins cher. Soudain, une serveuse fait un dernier geste desespere :
"ok ok, food and drinks, 2 dollars each person"
Sans que j'aie fait grand-chose, nous nous retrouvons avec des prix absolument delirants : on va pouvoir se gaver de noix de coco fraiches et de nouilles pour rien. Hubert, Delphine et Aglae me rejoignent, heberlues et surtout persuades que la negociation est a mon credit. Je sais que je n'ai pas fait grand-chose mais ils me tiennent deja pour un heros. Je mange mes nouilles en heros, et vais me jeter dans un hamac libre, don du Ciel de ce petit restaurant - le guide et le tuk-tuk sont alles manger de leur cote, et dorment deja.
Je commence a m'endormir, quand j'entends quelques echos inattendus de la part d'Aglae : Hubert et Delphine lui ont demande des explications sur son stage au Conseil d'Etat, et contre toute attente, la voila qui part dans de longs monologues explicatifs, veritable cours passionnant et passionne sur le fonctionnement d'une institution pas tres folichonne sur le papier. Je m'endors heureux, car Aglae semble avoir repris du poil de la bete. A mon reveil, je retrouve ma compagnon de voyage, moribonde il y a quelques minutes, avec un grand sourire et les yeux illumines : le miracle des institutions francaises a eu lieu, meme loin de Paris.
Tant pis pour Ta Prohm
Le dernier des 3 temples les plus celebres d'Angkor est le Ta Prohm. Si vous voyez les photos sur internet les plus insolents d'entre vous vont hurler "ah mais oui, bien sur, Tomb Raider, Indiana Jones". Avant d'etre ca, le Ta Prohm est un tres vaste complexe religieux, qui a ete envahi par la vegetation pendant 400 ans, vegetation qui n'a pas ete arrache pendant les premiers travaux de restauration : enlevez certains des arbres qui ont pousse a travers les murs, et le tout s'ecroulera.
Plus que le pourtant admirable travail architectural et sculptural des khmers, c'est la puissance artistique de la nature qu'on vient admirer ici. Dans ce temple ou il est facile de se perdre, ce sont les branches, les troncs, les lianes, qui font leur petit effet, et qui donnent, ne serait-ce que jusqu'a l'apparition du prochain groupe de Japonais, l'impression d'etre un decouvreur. Aglae, soudainement et inexplicablement reveillee, s'en donne a coeur joie. Elle pousse des petits hoquets d'emerveillements, et assaille le guide de questions, ce qu'elle n'avait pas eu la force de faire jusqu'alors. Celui-ci, de plus en plus faineant, s'est contente de deux ou trois "c'est beau, hein", nous donne le nom d'un des arbres qui a traverse les murs (tch'pong), et se terre dans un silence des plus noirs. On le sent de plus en plus presse, mais nous ne nous faisons pas de souci : Hubert et Delphine l'ont pris pour la journee. En tout cas, le Ta Prohm est fantastique.
Josh again
Au hasard des detours du temple, nous tombons nez-a-nez avec une vieille connaissance : Josh, l'Americain avec lequel Sylvia et nous avions echange quelques bieres a Si Phan Done (au Laos). Nous sommes ravis de rencontrer a nouveau un type aussi sympa, d'autant que nous n'avions pas vraiment echange nos coordonnees. Rendez-vous est pris le soir meme devant une bonne boulangerie de Siem Reap, et le voila qui disparait dans la vegetation.
Notre guide nous quitte
Quelle surprise lorsque, une fois sortis du temple, notre guide s'exclame :
- Thank you very much, I am now finished with you
- But it's only 3 o'clock !!!
- Yes, but I've worked 8 hours, so now it is home sweet home.
Nonobstant l'absurdite de sa reclamation de 8 heures quotidiennes, dans un pays ou les enfants travaillent surement tres longtemps et pour pas grand-chose, nous faisons le compte et remarquons que notre guide inclut la pause-dejeuner et les trajets. Je songe un instant a le presenter a un syndicat de cheminots...
Toujours est-il que Hubert et Pauline ne veulent ou ne peuvent pas trop reagir, d'autant que le guide a bien prepare son arnaque : il demande au tuk-tuk de mettre le moteur en marche pour mettre la pression a tout le monde. Evidemment, Hubert et Pauline ne peuvent le laisser la, mais pourtant ils avaient loue un guide et un vehicule a la journee (plus precisement jusqu'a 5h30), et ils vont devoir rentrer a 3h30, sachant que c'est leur dernier jour a Angkor. Nous avons nos velos et continuerons la visite, mais eux sont degoutes par tant de mauvaise foi. Nous constaterons les jours suivants, et en en parlant avec ma mere, que l'arnaque est coutumiere du coin : un guide vous dit "oui oui la journee entiere, on fera ce trajet, qui va de Angkor Wat a Ta Prohm, en passant par le Bayon", vous croyez innocemment que vous ferez TOUS les temples sur le chemin, ou que le guide pourra remplir sa journee avec ceux-la.
Mais non, le guide se depechera de tout faire pour pouvoir vite rentrer a la maison. Nous comprenons maintenant pourquoi notre usage des velos l'enervait, car ca le retardait : il aurait pu finir son tour a 13 h, peut-etre ! Nous nous rendons compte avec Aglae que ce guide pourtant officiel et entraine etait un vrai rigolo, et en y repensant la liste est longue : explications breves, chaotiques, superficielles, reponses toujours vagues, utilisation circulaire de 4 blagues vaseuses au maximum, faineantise impensable... En consultant notre guide, nous realisons meme que ledit guide n'a pas fait mention de 1km(!) de bas-reliefs incroyables autour du Bayon.
C'est le debut de notre histoire d'amour avec la faineantise des Cambodgiens lies au tourisme, specialement a Siem Reap ou, forcement, les dollars tombent en continu , car les touristes n'arreteront jamais de venir admirer les temples.
Heureuse fin de journee
Une fois debarrasses de ce guide, dont les explications recoupaient, en plus vivantes toutefois, celles de notre guide, nous partons a l'assaut de deux petits temples anonymes, sur le chemin du retour (environ 8 km tout de meme). Il est frappant de constater a quel point deux facteurs nous donnent l'impression de devenir soudain des archeologues : 1) au moment du coucher du soleil, tous les touristes partent l'observer en haut d'une montagne qui donne sur Angkor Wat 2) des qu'on sort de la trilogie Angkor Wat/Bayon/Ta Prohm, le nombre de touristes au kilometre carre approche du zero.
Intense sensation qui est celle que l'on eprouve lorsqu'on fait l'ascension d'un temple vide, lorsqu'on roule un bon kilometre dans une piste en sable jusqu'a atteindre un temple quasiment oublie. Fraicheur des vieilles pierres, finesse de l'architecture, encore, cette fois doublee de l'impression, si belle meme si toujours fausse, d'etre le premier a voir ca. Et la magie qui n'avait pas marche sur le plus gros des temples de se saisir a nouveau de nous sur les plus petits.
Le retour est long mais nous sommes enchantes, d'autant qu'Aglae a pu se reveiller a temps pour vraiment jouir des temples de l'apres-midi. Nous sommes tous deux neanmoins inquiets quant a sa sante, et decidons d'aller chez le medecin le lendemain si son etat empire. Nous oublions toutefois ces irritants problemes, le temps d'un diner en ville avec Josh. Celui-ci, toujours aussi drole, nous enchante d'anecdotes et d'histoires effrayantes. Il a repere un restaurant ou on peut nourrir des crocodiles, rendez-vous est pris pour le lendemain. En partant du restaurant, nous devons encore corriger l'addition... Encore une fois, Aglae montre qu'elle a des reserves d'energie, en se ruant sur les happy-hours du Blue Pumpkin, boulangerie de Siem Reap inspiree du design de Starck (?).