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mardi 24 février 2009

Aeroport (message au present continu)

Un nouveau message d'Aglaé est apparu en dessous de celui-ci, n'oubliez pas de le lire!

Bonjour a tous !
Je vous ecris depuis l'aeroport de Singapour. Incroyable mais vrai, dans l'aeroport Changi - c'est son nom-, mieux meme, dans le BUDGET TERMINAL reserve aux pauvres qui prennent des low-cost, il y a une petite dizaine d'ordinateurs proposant un acces gratuit a Internet. Pour ceux qui ont deja eu l'occasion de constater les prix mirobolants des connexions internet a CDG ou Orly, ou meme Bangkok, c'est a peine croyab'.

L'occasion est donc saisie pour moi de vous donner des nouvelles fraiches de nous, dans la mesure ou le recit de notre blog a maintenant environ 19 jours de retard (la honte). Apres la Thailande qui fut reposante et paradisiaque a souhaits, nous avons passe 4 jours dans le centre commercial sans fin qu'on appelle Singapour, et c'etait fort drole. Aglae n'en finit pas de s'en remettre de sa tourista (c'est a dire qu'elle va mieux mais jamais tout a fait), j'ai encore de beaux coups de soleil de Thailande, et tous deux nous sommes bronzes comme Jean-Paul Belmondo.

Aglae a eu a peu pres trois celebrations de son anniversaire : sur une ile en Thailande autour d'un barracuda grille, au Raffles de Singapour le temps d'un mythique Singapour Sling, et en haut d'une tour de 70 etages qui donnait sur la ville de nuit. La chanceuse, me direz-vous.

Quant a Marius, il va bien, mais la faillite de notre appareil photo met en peril ses aventures photographiques, sans parler du manque de temps pour vous les poster...

Merci encore pour tous vos commentaires, qui nous font toujours plaisir et souvent rire.

dimanche 8 février 2009

L'Inde, bilan rétrospectif

Je vais essayer de faire des bilans, de temps en temps, des pays que nous traversons. J'ai écrit il y a bientôt un mois ce petit texte sur l'Inde, que je n'avais toujours pas eu le temps de recopier. Désolé pour le retard.

L'Inde est un curieux pays - j'en suis curieux, et les Indiens étaient curieux de moi. Impossible, face à sa puissance et sa vitalité, de ne pas penser à une certaine Amérique, celle des années 30, ou une certaine Italie, celle des années 50, celle du néoréalisme italien au cinéma : un mélange de naïveté, de désespoir, toujours au premier degré.

La ressemblance avec les Etats-Unis, surtout, est frappante : même fédéralisme politique, même économie puissante incarnée par un géant de l'automobile (GM d'un côté, TATA de l'autre), qui laisse des deux côtés autant d'injustice sociale et de pauvreté sans fond ; même passé colonial, même diversité des ethnies et des croyances, qui dans aucun des deux pays n'exclut la ferveur ou le fondamentalisme religieux ; puissance culturelle comparable dans sa région d'influence (notamment grâce à un cinéma "modèle", qui façonne les mentalités et qui est copié partout) ; mêm gigantisme du territoire et richesse des paysages ; même rapport à l'argent, très important et quasi-religieux. Là où l'Inde se rapproche plus de l'Italie, c'est par son riche passé culturel et artistique, par la toute-puissance du langage, et par l'humeur volontiers flemmarde puis bosseuse, pleine d'hmour, et très méditerranéenne dans la gestion des conflits (beaucoup de cris pour peu d'actions).

Ce qui est dommage, comme toujours, c'est de voir que les classes moyennes et les riches semblent plus fascinés par l'idée de devenir des Occidentaux que de se constituer en puissance propre, ce dont un pays comme l'Inde a les moyens - vraiment.

Mais ce qui fait de l'Inde une nation si proche des Etats-Unis, c'est ce patriotisme, cette fierté d'être Indien, qui nous a si souvent frappé/ Cet homme dans le train pour Jhansi m'expliquait que les rabatteurs, les arnaqueurs, les mendiants, étaient des gens qui n'avaient pas compris la fierté d'être Indien. Ils ne réfléchissaient pas à l'impac à long terme de leur action sur l'image de l'Inde, ni à la Grandeur de leur pays. Est-ce possible quand on n'a plus rien pour vivre ? demanderont certains.

La question est essentielle, évidemment : les plus fiers de l'Inde étaient toujours les plus riches, et ceux qui n'avaient rien n'hésitaient jamais à perdre toute dignité dans l'espoir de quelques roupies. Toutefois, cette fierté de l'Inde, cruciale car plus importante que tous les temples, les paysages, les cuisines et les sourires - car elle les comprend et les ramasse tous - cette fierté ne pourra jamais se résumer à cette question de l'argent.

A mon sens, c'est cette fierté, et tout ce qu'elle pousse ou traîne (c'est selon l'humeur) qui fait la grandeur et l'énergie de l'Inde.

Quant à nous, avec le recul, notre mois en Inde a été absolument épuisant, mais bien entendu, une seule envie : y retourner, voir ce qu'on n'a pas vu (de quoi tenir des mois), revoir ce qu'on a déjà vu (de quoi tenir des siècles). Pour aimer l'Inde il faut du courage et de l'énergie, au sens aussi où il faut faire cet effort, car on est très largement rétribué, en rencontres, en sourires, en couleurs.

mardi 23 décembre 2008

De la crasse, encore de la crasse, toujours de la crasse

Avec A. on se demandait serieusement, il y a quelques jours, comment les photographes qui reviennent d'Inde font pour montrer de l'Inde des photos si colorees, si propres, si nickel chrome, sans inclure dans leur cadre une seule goutte de crasse.

L'Inde est sans conteste l'un des pays les plus sales du monde. Pour preuve directe, au moment ou j'ecris ce message, une souris est en train de passer sous les pieds dans le cyber cafe ou nous sommes...

Poussiere tu etais, dans la poussiere tu nageras
Depuis notre arrivee, a part chez notre milliardaire de Vizag, aucune auberge, aucun petit hotel, meme certains un peu plus classy, n'etait vraiment tout a fait propre. Partout il y avait au moins une toile d'araignee, des traces noires dans la salle de bains, quelques odeurs aggressives. Et de part en part, l'epaisse couche de poussiere qui recouvre tout et n'importe quoi (ici, le clavier sur lequel je tape, l'ecran poisseux).

Les gens d'ici sont un peu responsables, il faut bien le dire. Une amie qui nous a rejoint pour quelques jours etudie a Ahmedabad, et nous explique que la-bas, "laver les chambres" equivaut a passer une petit balais en roseau, mollement et rapidement. Le M. Propre, les lingettes desinfectantes, les serpilleres, connaissent pas. Dans un resto de Delhi, les enfants de 8 ans qui nettoyaient les tables utilisaient le meme bout de tissu pour laver le sol. Du coup tout ce qui tombe hors de notre assiette est maintenant declare mort a jamais.

Exterieur crasse
J'ai parle des interieurs, vous vous imaginez bien qu'au dehors c'est l'horreur absolue. La salete varie selon les villes (on apercoit des couleurs sous la poussiere des maisons dans les villes plus touristiques), mais nulle part vous n'echapperez aux ruisseaux d'ecoulement aux etonnantes couleurs, des deux cotes des rues. Y naviguent pele mele peaux de banane, chiens, fruits pourris, un jus noir qu'on retrouve aussi sous les frequents tas d'ordure qui jalonnent les rues de maniere assez reguliere, et bien sur dans ce ruisseau, les bouteilles plastiques.

Les rares poubelles ne sont que rarement utilisees. La methode ici consiste surtout a jeter tout sous ses pieds, ou mieux, au visage des animaux qui parcourent les arteres des cites. Et puis on crache. Et puis on pisse, beaucoup (les hommes bien sur). Il y a des petits coins de rue ou, de facon encadree ou non (un panneau, parfois, indique "urinal"), des hordes d'hommes se jettent pour uriner. Ces endroits sentent bien pires que les autres, mais de maniere generale, ca pue partout.

Et nous revenons a notre introduction : mais quelle mouche a pique les redacteurs des brochures de tourisme de l'Inde qui vous font des tartines sur les symphonies de senteurs et les harmonies sensorielles de l'Inde ? Parfois, il faut etre honnete, on capte quelques bonnes odeurs d'epices sortant de petits bouges populaires, mais la plupart du temps c'est l'odeur de graisse perimee des beignets ambulants, l'odeur de caca, de pisse et de nourriture avarie qui vous enchante les narines.

Les poumons ne sont pas en reste : circulation demente + dechets a ciel ouvert + generateurs a essence devant chaque magasin = impression d'etre un asthmatique en train de fumer clope sur clope.

Decharges et bebetes
Il n'est pas rare de tomber sur d'immenses decharges ou se rassemblent toutes les bouteilles en plastique du coin (il y en a partout, et ne pensez meme pas au tri durable svp). Y rodent trois types d'etres : des clochards qui font le tri pour gagner quelques kopeks aupres d'usines de recyclage ; des cochons ; des singes. C'est malheureux mais il ne semble pas y avoir de hierarchie particuliere entre les trois ordres.

Les animaux, venons-y. Nous vous avons pas mal parle des petites betes qui ont hante nos nuits, moustiques, blattes et araignees geantes, mais l'Inde, meme et surtout dans ses villes, semble habitee autant par les hommes que par les animaux. La premiere chose que l'on remarque parce qu'il y en a partout, ce sont les vaches et les chiens. Les premieres, sacrees, semblent n'appartenir a personne, et errent, plongeant leurs tetes dans des poubelles qui font douter de la qualite du lait qu'elles produiront. Toutes sacrees qu'elles sont, on voit souvent des femmes et des enfants leur decrocher de sacrees taloches pour les faire degager des maisons. On les retrouve le plus souvent sur la route, galopant entre les voitures, reagissant aux klaxons aussi efficacement que les autres.

Les chiens sont amorphes. Souvent on les croit morts, parfois c'est vrai (ainsi d'un mignon chiot a Pondichery, recouvert de mouches, et d'un gros labrador dans une poubelle). Donc maintenant on jette toujours un oeil un peu inquiet a leur poitrine pour savoir s'ils respirent encore, parce qu'il s'agit des chiens les plus mous du monde.

Mais rassurez-vous ! Il y a aussi des chats, des chevres (elles pullulaient dans les collines de Mahab, souvenez-vous), des milliers d'ecureuils, des poules, des rats,des cochons, et, surtout depuis notre arrivee dans le Nord, un grande quantite de singes. Moins effrayants que lors de notre premiere rencontre, on les voit sauter d'un immeuble a l'autre, grimper le long des canalisations, descendre en rappel avec les cables electriques (veridique). Ils fouillent dans les poubelles, mangent les fleurs, les pommes, les ecorces, tout. Ils sont juste plus agiles que les mendiants, a part ca ils n'emeuvent pas plus qu'eux l'Indien de la rue.

Oui parce que, que ce soit la plus immonde des crasses (souvent nous devons mettre un foulard devant notre nez pour survivre aux odeurs et aux particules) ou le plus fantastique des animaux, les gens d'ici semblent n'en avoir rien a faire du tout.

PS : j'avais oublie de mentionner qu'au debut du voyage, j'avais marche sur un rat mort en plein milieu de la rue. Pas loin, un homme a saute pieds joints sur un cafard tellement gros qu'il n'etait pas mort quand le monsieur a leve son pied. Depuis le message nous avons aussi vu quantites d'autres chiens morts, des chameaux sur l'autoroute, un chien mort, et des nids de mouches accrochees sur des mosquees... Ce pays est en train de perdre sa lutte contre le monde animal.