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dimanche 28 juin 2009

Dans la steppe (2/3) Aglaé et Charly, rois du désert !

4 mai

Nous nous réveillons un peu contrariés et inquiets. Nous faisons une toilette de chat près d'un bidon rempli d'eau : évidemment il n'y a pas de douche dans une yourte. Par contre, il y a des panneaux solaires pour produire un peu d'électricité... afin de faire marcher la télé (et une ampoule). Notre voyage a été l'occasion de constater qu'il y a toujours une télé partout, même dans les endroits les plus paumés et les plus pauvres.

Nous avalons une espèce de bouillie de riz sucrée pour le petit-déjeuner et partons tous de suite à dos de nos chameaux à fourrure. Les membres de la famille réaparaissent juste pour nous dire "au revoir". Nous nous dirigeons vers une chaine de petites montagnes caillouteuses au loin.

Notre guide chantonne très agréablement, nous passons près de gigantesque troupeaux gardés par des hommes à cheval ou à moto. La lumière est sublime et l'herbe rase prend des couleurs étranges: vert, jaune, marron ou orange. Notre bonne humeur revient instantanément devant un si beau paysage.

Au bout d'un long trajet, nous arrivons à un tas de roches recouvert d'écharpes bleues turquoises. C'est apparamment non seulement un lieu sacré mais aussi un point de rencontre pour les nomades. Nous y voyons au moins trois personnes de familles différentes réunies. Quelle foule!


Cette halte nous permet de reposer nos genoux, toujours mis à rude épreuve. La balade reprend, cette fois en longeant les montagnes de roches escarpées. Nous atteignons notre prochaine famille d'accueil à l'heure du déjeuner.

Nouvelles présentations, il y a surtout des femmes et des enfants. Très vite, on ne fait guère attention à nous. Le repas est à nouveau très bon. Il est évident que les familles font des efforts pour leurs hôtes en cuisinant avec des légumes (il n'y a que du mouton et du lait dans la cuisine traditionnelle mongole) et en nous proposant des sachets de thé noir (à la place du thé au lait salé).

Nous croisons d'autres Français ; ils voyagent avec Terre d'Aventure et ont dormi là la veille. On se demande alors en quoi les tours proposés par Ger to Ger en immersion sont différents des autres. Surtout que nous sommes cette fois logés dans une "yourte d'amis", construite exprès pour les touristes. Nous nous sentons à nouveau un peu mal à l'aise et décidons d'aller faire un sieste au lieu de râler.


Le maître de la famille vient nous chercher pour la balade à cheval prévue pour l'après-midi. Il est très gentil et semble vraiment content de nous voir. Il nous aide à monter en selle et part au trot dans la steppe en faisant signe de le suivre. Heureusement pour nous qu'on a déjà un peu fait de cheval !

Le sentiment de trotter dans la grande steppe et de pouvoir guider librement sa monture est incroyable (notre guide tenait nos rênes pour les chameaux). Nous oublions instantanément les déceptions de la veille et les craintes de ce midi. Charly peine un peu avec son cheval qui obéit moins bien que le mien (enfin, c'est peut-être la faute du cavalier?).
Notre hôte nous fait signe de l'aider à rassembler son troupeau de mouton. Charly et moi partons donc chacun au trot de notre côté pour ramener les moutons trop aventureux. C'est super marrant, nous sommes aux anges!

Une fois notre tâche de bergers accomplie, nous partons en direction de magnifiques dunes de sables. Au milieu, un petit lac bleu-ciel au bord duquel nous descendons de nos montures. C'est superbe, on se croirait dans le Sahara ! Charly est tellement content qu'il manque de se rouler dans le sable.


Sur le chemin du retour, nous passons près du troupeau de cheval de notre hôte. On aperçoit rapidement une jument coincée dans une flaque de boue ; un petit poulain attend sur le bord d'un air malheureux. Nous nous arrêtons, notre hôte me donne la garde de nos trois chevaux et il entreprend de sortir de l'eau le cheval blessé. Charly va l'aider. C'est une entreprise difficile car le cheval est tellement faible qu'il ne tient plus sur ses jambes. Il tremble violemment de froid.
Un autre monsieur arrive à la rescousse (mais d'où sort-il, il n'y a aucune yourte en vue?).

L'homme me confie ses deux chevaux. Ceux-ci sentent vite mon inexpérience et commencent à se faire la belle. Je m'accroche de toutes mes forces à la longe et manque de me faire traîner par terre. A mes cris effrayés (mais comment dit-on "au secours" en mongol?), il vient me tirer de cette délicate situation.

Une fois la jument sauvée des eaux, son poulain affamé se précipite pour la têter, mais il est repoussé. L'autre monsieur les emmène tous les deux avec lui pendant que nous rentrons de notre côté.

Le retour est aussi beau que l'aller, moins les cris de détresses que poussent mes genoux endoloris. A notre arrivée, un bébé chameau maladroit et visblement égaré s'est approché de nos yourtes. Nos chevaux, qui ne connaissent pas cette bête, sont morts de peur et nous les retenons à grand-peine.


Pour la petite histoire, le bébé chameau retrouvera sa maman chameau. Après un concert de cris étranges, ils disparaîtrons tous deux dans le soleil couchant, sous nos yeux émus.

Dans la famille qui nous accueille, il y a une petite fille de 4-5 ans. Elle s'est précipitée sur nous dès notre arrivée. A notre retour de balade, elle joue avec un bébé chèvre qui la suit partout. Dès qu'elle comprend qu'on la trouve trop mignonne, elle ne nous lâche plus d'une semelle pour qu'on joue avec elle. Ce qu'on fait avec plaisir.

Sa robe verte est couverte de poussière et de crottes séchée ; cette petite fille est par ailleurs la reine des grimaces. Elle passera la soirée à se jeter dans nos bras, à ne pas vouloir descendre des épaules de Charly et à nous courir après. Le meilleur moment restera une partie de cache-cache avec le petit poulain, qui nous poursuivait autour d'une yourte. Grâce à elle, nous passons une super soirée!



Après un gros bisous baveux, la petite va faire dodo. Nous dînons avec notre hôte et partons nous coucher dans notre petite yourte. Il y a des milliers d'étoiles dans le ciel, mais l'air devient devient vite glacial. Nous nous endormons absolument ravis de cette journée.

Ulan Bataar (1/2) : des yourtes sur des toits

30 avril - 1er mai

A notre arrivée, après avoir souhaité bon vent au couple allemand, nous avisons les rabatteurs présents à la descente du train. Pour la première fois de notre voyage, il s'agit de rabatteurs polis et aimables. En réalité, ce ne sont pas des rabatteurs, mais des membres de la famille des pensions de la ville.

Nous choisissons une guest-house dont le nom était dans le guide. Les femmes-rabatteurs nous disent quatre fois "bienvenue en Mongolie !" avant de nous emmener en voiture de la gare à l'hôtel : belle arrivée !

Une rencontre un peu difficile...
Dans la voiture, nous rencontrons un jeune Français, personnage qui a tout pour nous déplaire : petites chaussures bateau, air aristocrate, il se trimballe avec des milliers de valises, en voyageur mal organisé. Nous apprenons rapidement que, tout comme Aglaé, il est élève à Sciences-Po. Le type, qui nous dit rapidement qu'il fait un tour du monde pour une radio chrétienne, fait montre d'un mépris sans fin pour l'école et son master de journalisme. Bref, un type vaniteux et puant, qui plus est un cliché ambulant. Je décide de lui parler le moins possible, mais Aglaé et lui ont au moins une base de discussion.

Nous arrivons dans la pension. Sa localisation est typique d'Ulan Bataar : elle est sise dans une petite barre HLM, accessible par une vaste cour, mais pourtant elle est pile en centre ville. Car il y a deux types de logements à Ulan Bataar : soit vous habitez dans des barres sinistres datant de l'époque soviétique, barres qui ont été repeintes en couleurs joyeuses, et qui entourent des cours où jouent de nombreux enfants ; soit vous habitez dans une yourte du quartier pauvre. Belle alternative héritée des Russes !

La pension est particulièrement agréable : une petite cuisine accessible pour tout le monde, une ambiance familiale, un salon pour regarder des films... Les femmes qui gèrent la pension sont absolument adorables ; elles nous offrent un thé en attendant le retour de leur frère, manager de la pension. Tout en sirotant notre thé, nous discutons avec une jeune Française de la pension (décidément).

Il s'agit d'une roots pur jus : coiffure, vêtements, petit copain à dreadlocks, tout est assorti. Elle émerge à peine d'un voyage assez extraordinaire, puisqu'elle et son petit ami ont visité tous les pays en -stan, Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan etc. Le problème, c'est que la jeune fille n'arrive pas à s'exprimer, n'arrive rien à exprimer. Elle bafouille, se reprend, "non mais tu vois, je veux dire, enfin, on était AVEC les gens". Blague à part, elle avait des choses passionnantes à dire sur les pays qu'elle avait traversés, mais il semblait qu'elle en parlait pour la première fois, et ne savait pas par où commencer. Aglaé et moi remarquerons par la suite la chose suivante : lors de voyage, nous avons bien fait de parler autant de ce que nous voyions, entre nous et via le blog, afin de conceptualiser un peu tout ça. Le pire aurait été de rentrer après 6 mois de voyage sans avoir aucun recul sur nos expériences !

Caca nerveux mongol
Le manager arrive. C'est un homme sec, contre lequel la Française roots nous a mis en garde : si on ne prend pas un tour organisé par lui, on n'existe pas. Il sera l'occasion d'une brouille idiote : nous lui demandons le prix des dortoirs ; il nous répond "6 dollars par personne par nuit". Nous faisons remarquer qu'il y a marqué "5 dollars" sur la carte de visite - comme nous allons rester longtemps, c'est un peu important, mais pas crucial, nous voulons juste savoir s'il n'y a pas moyen de négocier.

Le type s'énerve et rentre rapidement dans le mépris le plus condescendant : "mais si vous ne voulez pas de ce prix, allez ailleurs ! Ces cartes sont vieilles, c'est tout !". Nous essayons de le calmer, un peu surpris qu'il soit aussi pénible d'un coup, mais rien n'y fait. Il se braque de plus en plus. Alors que tout dans la pension nous plaît, et que cette différence de prix est absolument sans importance, le caractère du directeur de la pension nous pousse à fuir. Quel caractère ces Mongols !

Nous décidons de faire un tour de la ville pour voir si nous trouvons plus sympa au même prix.

Sauf que la ville est relativement grande, que les pensions ont l'air éloignées les unes des autres, et que nous ne voulons pas porter nos bagages sur tout le chemin. Or il apparaît un peu inconvenant de laisser nos bagages dans le hall de cette pension, dans la mesure où le manager sait bien que nous n'allons pas rester ici. Le Français insupportable de Science-Po, qui a assisté à toute la scène, penché sur son ordinateur à quelques mètres de nous, nous propose son aide avec une bienveillance qui m'étonne. Il a pris une grande chambre dans la pension, pour pouvoir y entreposer son coûteux matériel (il a une caméra, du matériel son, un téléphone-satellite et un ordinateur portable pour faire le montage de ses émissions radio). Il nous propose d'y entreposer nos affaires en attendant mieux. Il nous dit même que si nous ne trouvons rien, nous pourrons dormir par terre dans sa chambre si nous voulons.

En déposant nos bagages, nous discutons un peu plus avec cet étrange et très jeune homme (il n'a que 20 ans), et découvrons rapidement sous le vernis un peu repoussant, sous le cliché, un type apparemment original. En partant à la recherche de l'hôtel, nous nous promettons de creuser un peu la question à notre retour.

Une yourte en ville ?
Après avoir changé un peu d'argent chinois contre de l'argent mongol (les tögrögs, impossible à inventer), nous frappons aux portes des hôtels. Après trois pensions pleines ou vraiment chères, nous trouvons, dans le quartier des gers (nom mongol des yourtes), une petite pension bon marché et vraiment originale, qui propose de dormir dans des yourtes posées sur le toit du bâtiment. Nous acquiesçons, ravis !

Et c'est ainsi que pendant tout notre séjour en Mongolie, nous ne dormirons jamais que dans des yourtes.

Nos yourtes

Ulan Bator, alors ?
Nous n'avions absolument aucune idée de l'aspect que pouvait bien avoir la capitale de la Mongolie... Vous en avez une idée, vous ?

Eh bien ça ressemble à ça :

En vrai, Ulan Bataar est une ville très paisible, très agréable à vivre. De larges avenues où ne règne pas une circulation cataclysmique, entre lesquelles courent ces réseaux de larges barres soviétiques, heureusement pas plus hautes que cinq étages, qui forment des successions d'agréables cours piétonnes, où s'ébattent familles et enfants.

Au sein de ces cours, des magasins, de minuscules restaurants mongols : ça vit.

(mais qu'est-ce qui a foiré comme ça en France, pour que sur des bases égales les banlieues pauvres soient aussi miteuses ?)

Les yourtes dans lesquelles nous logeons sont des gers mongoles : nous découvrons que l'intérieur de ces tentes rondes blanches est beaucoup plus spacieux que nous le croyions. Il y règne une demi-obscurité fraîche qui contraste avec la difficile chaleur qui règne parfois en journée.

En parlant de temps, tiens, nous nous prenons rapidement après notre arrivée quelques gouttes de pluie, puis une petite tempête de sable nous attaque en pleine rue. Rien de bien méchant, mais il faut faire attention à marcher la tête baissée, les yeux mi-clos et la bouche fermée, pour éviter les mauvaises surprises.

Cependant, le temps redeviendra vite parfait les prochains jours. Typique du temps d'un pays aussi continental (la Mongolie est le pays le plus éloigné de la mer au monde), il fera très chaud la journée, et un froid de loup la nuit.

(oui parce qu'il y a des loups en Mongolie !)

Moment de détente entre gentlemen voyageurs
En récupérant nos bagages, nous avons pris rendez-vous pour dîner avec Charles, le jeune Français qui nous avait fait une mauvaise première impression. Nous échouons dans un restaurant recommandé par notre guide : c'est contre toute attente un établissement franco-italien très chic.

Charles et nous haussons les épaules : nous pouvons bien nous offrir ce moment de délicatesse européenne au milieu de ces steppes arides, non ?

S'ensuit un dîner dont je ne vais pas raconter toutes les discussions : il suffit de dire qu'il fut riche et passionnant. Charles se révèle être un personnage tout bonnement incroyable, une météorite dans le paysage des étudiants de Science-Po (et des étudiants tout court), capable de monter quinze projets à la fois. Il fait ce tour du monde, sur un programme confectionné par des personnalités voyageuses, à qui il a demandé de lui donner des idées de reportages à faire. Ainsi, un tel, cosmonaute, lui a recommandé d'aller là, un autre lui a proposé de faire un reportage sur les catholiques chinois du Yunnan, un dernier lui proposera de rencontrer les sorcières maputch du Chili.

Sans beaucoup de sous au départ, il est allé sonner comme un forcené à toutes les portes possibles, pour obtenir des financements. Le voilà donc obligé de faire des reportages sur les Postes des différents pays où il va, de filmer des usines pour un groupe minier, le tout pendant qu'il doit confectionner et enregistrer ses émissions, parfois intervenir à la radio en direct, par téléphone, le tout entrecoupé des périodes où il téléphone à des jeunes malades d'une association, afin de leur raconter où il passe et de leur redonner le sourire.

Homme de mille projets, sociopathe acharné, cynique naïf et plein d'humour, rêveur ambulant (il a réussi à réquisitionner un vieux biplan pour le départ de son tour du monde, puis à traverser le Pacifique sur un paquebot), Charles est intarissable, mais de la race des bavards qu'on veut écouter toute la nuit.

Nous découvrons aussi un homme seul, qui a tout tenté pour se faire accompagner par des collègues sur son projet, mais qui a été abandonné : il doit être très difficile de travailler avec un être aussi exigeant et compliqué.

Vous pouvez découvrir le site de son projet : http://www.partance-monde.org/. Un très beau site mais... le webmaster a abandonné Charles et le site est incomplet, et surtout pas à jour.

Nous prenons rendez-vous pour le lendemain soir, ravis de rencontrer un garçon aussi passionné et passionnant. Lui aussi semble heureux de notre compagnie : il a beaucoup voyagé seul, et n'apprécie pas énormément les jeunes un peu écervelés de sa pension (des Australiens un peu crétins et la roots un peu décalée).

Nous rentrons nous coucher sous notre yourte. Le lendemain nous faisons connaissance avec notre yourte-mate, un Américain qui parle un très bon français.

Surtout, au petit-déjéuner, pris dans la cuisine familiale, nous nous faisons une nouvelle et grande amie : le bébé chèvre adopté par la famille qui gère la pension. La chèvre, qui a une semaine à peine, passera le repas à tenter de téter les lacets de nos chaussures. Bien évidemment, nous sommmes à deux doigts de l'adopter !

mercredi 10 juin 2009

Nara: Bambi attaque, Bouddha médite



6 avril

Réveil dans le merveilleux ryokan décrit par Charly, dernier coup d'œil au pont japonais du jardin avant de partir découvrir Nara, ancienne capitale du Japon (avant Kyoto et Tokyo). De grands temples en bois sont dispersés dans un grand parc et une forêt, lieux colonisés par des biches "sacrées". Ces Bambis mal brossés, malgré le danger qu'ils représentent d'après les panneaux (effrayants), ravissent les familles japonaise.


Nous approchons ensuite à pas lents, émerveillés, du fameux Todaï-ji. C'est le plus grand bâtiment en bois du monde; un immense temple surmonté de cornes dorées et entourés d'arbres en fleurs. Il est gardé par une porte contenant deux gardiens effrayants (pour ne pas laisser entre le mal), comme tous les temples bouddhistes. Mais les gardiens sont ici aussi démesurés que le temple, ce sont deux géants de bois, à la chevelure ébouriffée, aux muscles saillants et au regard féroce.


Mais c'est l'intérieur du temple qui m'époustoufle le plus. Y médite depuis des siècles le plus grand Bouddha en bois du monde. Pour parvenir à contempler son sourire serein, on risque le torticolis.


Une fois passés derrière le grand Bouddha, nous passons brusquement de la merveille d'art sacré à la superstition la plus triviale: des gens se tortillent pour parvenir à se glisser dans un trou étroit creusé au pied d'une colonne du temple. Ce trou fait la taille d'une narine du grand Bouddha, et si on réussit à s'y glisser... on est certain de parvenir à l'illumination... !

Notre journée ne sera qu'une longue promenade de temples en temples, certain shintôs (dédiés aux esprits de la nature, animisme primitif toujours très présent au Japon), d'autres bouddhiques. Les deux croyances cohabitent et se mélangent allègrement. Le grand musée est fermé, cette malédiction semble planer sur nous depuis notre arrivée au Japon. Nous nous contentons d'une mini-collection de Bouddhas magnifiques et de dieux à la coiffure digne des mangas. Des bambis continuent à gambader autour de nous...


Nous courons pour attraper notre train, puis un autre, puis encore un autre. Tout s'enchaîne parfaitement, à la minute près. Nous débarquons à Hiroshima de nuit, sautons dans le tram puis traversons à pied l'île abritant tous les lieux de mémoires. Au loin, le dôme, symbole du martyre de la ville, est illuminé. Tout est extrêmement calme. Nous atteignons enfin notre auberge de jeunesse, lieu tellement convivial qu'à peine notre sac posé, on nous invite à manger des takoyakis (boulettes de pieuvre).

Mais toute auberge de jeunesse a ses freaks (gens bizarres):
- un américain tellement friendly qu'il en est flippant. Il se présente ainsi "I am from America ! The country of Barack Obama!" et ne cesse de vous parler alors que vous voulez juste vous brosser les dents.

-une fille apparamment charmante mais qui, dès que les autres pensionnaires ont le dos tourné, vole tous les rideaux accrochés entre les lits (pour s'isoler de la lumière), afin de se faire une chambre d'hôtel à elle.

- et enfin une terrible ronfleuse qui a donné à Charly des envies de meurtre

jeudi 15 janvier 2009

La vallee des merveilles

1er - 4 janvier

Nous nous sommes promenes de temples en temples dans la vallee de Kathmandu en prenant notre temps. Nous avons vraiment beaucoup aime l'architecture religieuse nepalaise. Nous nous attendions a trouver des temples similaires aux temples indiens (les 2 pays sont a tres grande majorite hindouistes et ont des traditions tres proches), mais a notre grande surprise, ca n'avait rien a voir!
Petit tour d'horizon:

Notre premier sanctuaire bouddhique est celui de Swayambunath. Nous arrivons involontairement par l'arriere du site et donc entrons gratuitement! En haut d'une colline se dresse une stupa (grande colonne ouvragee entouree de moulins a prieres) et des temples relies entre eux par des centaines de petits drapeaux colores. Le site est tres apaisant, malgre des joueurs de ping-pong (!) entre deux temples et des singes escaladant les bouddhas...

Nous sommes un peu frustres de ne pas pouvoir entrer dans le temple d'or de Pashupatinath, interdit au non-hindous (comme d'habitude car les mangeurs de vache sont consideres comme impurs). Il y a des petits ghats comme a Benares, mais surtout une colline couverte de templions et surtout de singes. Nous commencons inconsciemment a manger des cacahuetes quand des Nepalais nous arretent, a cause de la menace des singes. Puis ils decident que l'on peut manger mais qu'ils nous protegerons. Evidemment, un singe s'approche dangereusement et est chasse a violents coups de sac par un de nos body guard improvise. C'etait la 3e attaque des singes. Vaccines, nous rangeons les cacahuettes dans nos poches et nous armons d'un baton pour poursuivre notre exploration. Les vendeurs de nourriture, entoures de centaines de singes hostiles, sont armes de lance-pierres!

Le village medevial de Bakhtapur est admirablement calme et bien conserve. Cela nous change des villes ou nous avons passse notre temps depuis le debut du voyage! Les maisons de briques ont des fenetres de bois merveilleusement ouvragees. Les places sont remplies de temples de briques et de bois, a plusieurs toits (comme des pagodes), et eux aussi finement sculptes. Sur les marches menant aux temples, il y a des animaux de pierre sur lesquels nous sommes evidemment montes (il n'y a pas de conservateur de monument historique sourcillieux au Nepal). J'ai choisi l'elephant, dix fois plus fort que le lutteur, et Charly le griffon, dix fois plus fort que le lion, lui meme dix fois plus fort que l'elephant...

La partie ancienne de Kathmandou, Durbar Square, est aussi une place constelle de magnifiques temples et sculptures de dieux hindous. Pour la visiter en toute serenite, Charly se promenait avec un panneau "No guide" et cela a reussi a eloigner les plus importuns en les faisant sourire! Dans un des temples vit la Kumari, une petite fille de 8 ans censee avoir des pouvoirs magiques et venerees comme une deesse par les habitants de la ville. Des que commence sa puberte, elle est declaree impure et une nouvelle deesse vivante est trouvee. La pauvre ex-deesse ne peut ensuite pas se marier, car si un homme l'epouse il est cense mourir pendant la nuit de noce!

Nous avons beaucoup apprecie flaner dans Kirtipur, un petit village dans les collines, avec quelques vieux temples. Mais l'interet de la promenade etait surtout de voir la vie quotidienne en milieu rural: tout le monde vit dehors, on lave la lessive comme les bebes sur le pas de sa porte, les enfants jouent sur les places, les grands-peres jouent aux cartes avec passion... Pas beaucoup de jeunes dans ce village, tout le monde semble etre parti a Kathmandou... A part quelques jeunes, impressiones par la taille de Charly, qui ont insite pour qu'il joue au basket avec eux.

mardi 23 décembre 2008

De la crasse, encore de la crasse, toujours de la crasse

Avec A. on se demandait serieusement, il y a quelques jours, comment les photographes qui reviennent d'Inde font pour montrer de l'Inde des photos si colorees, si propres, si nickel chrome, sans inclure dans leur cadre une seule goutte de crasse.

L'Inde est sans conteste l'un des pays les plus sales du monde. Pour preuve directe, au moment ou j'ecris ce message, une souris est en train de passer sous les pieds dans le cyber cafe ou nous sommes...

Poussiere tu etais, dans la poussiere tu nageras
Depuis notre arrivee, a part chez notre milliardaire de Vizag, aucune auberge, aucun petit hotel, meme certains un peu plus classy, n'etait vraiment tout a fait propre. Partout il y avait au moins une toile d'araignee, des traces noires dans la salle de bains, quelques odeurs aggressives. Et de part en part, l'epaisse couche de poussiere qui recouvre tout et n'importe quoi (ici, le clavier sur lequel je tape, l'ecran poisseux).

Les gens d'ici sont un peu responsables, il faut bien le dire. Une amie qui nous a rejoint pour quelques jours etudie a Ahmedabad, et nous explique que la-bas, "laver les chambres" equivaut a passer une petit balais en roseau, mollement et rapidement. Le M. Propre, les lingettes desinfectantes, les serpilleres, connaissent pas. Dans un resto de Delhi, les enfants de 8 ans qui nettoyaient les tables utilisaient le meme bout de tissu pour laver le sol. Du coup tout ce qui tombe hors de notre assiette est maintenant declare mort a jamais.

Exterieur crasse
J'ai parle des interieurs, vous vous imaginez bien qu'au dehors c'est l'horreur absolue. La salete varie selon les villes (on apercoit des couleurs sous la poussiere des maisons dans les villes plus touristiques), mais nulle part vous n'echapperez aux ruisseaux d'ecoulement aux etonnantes couleurs, des deux cotes des rues. Y naviguent pele mele peaux de banane, chiens, fruits pourris, un jus noir qu'on retrouve aussi sous les frequents tas d'ordure qui jalonnent les rues de maniere assez reguliere, et bien sur dans ce ruisseau, les bouteilles plastiques.

Les rares poubelles ne sont que rarement utilisees. La methode ici consiste surtout a jeter tout sous ses pieds, ou mieux, au visage des animaux qui parcourent les arteres des cites. Et puis on crache. Et puis on pisse, beaucoup (les hommes bien sur). Il y a des petits coins de rue ou, de facon encadree ou non (un panneau, parfois, indique "urinal"), des hordes d'hommes se jettent pour uriner. Ces endroits sentent bien pires que les autres, mais de maniere generale, ca pue partout.

Et nous revenons a notre introduction : mais quelle mouche a pique les redacteurs des brochures de tourisme de l'Inde qui vous font des tartines sur les symphonies de senteurs et les harmonies sensorielles de l'Inde ? Parfois, il faut etre honnete, on capte quelques bonnes odeurs d'epices sortant de petits bouges populaires, mais la plupart du temps c'est l'odeur de graisse perimee des beignets ambulants, l'odeur de caca, de pisse et de nourriture avarie qui vous enchante les narines.

Les poumons ne sont pas en reste : circulation demente + dechets a ciel ouvert + generateurs a essence devant chaque magasin = impression d'etre un asthmatique en train de fumer clope sur clope.

Decharges et bebetes
Il n'est pas rare de tomber sur d'immenses decharges ou se rassemblent toutes les bouteilles en plastique du coin (il y en a partout, et ne pensez meme pas au tri durable svp). Y rodent trois types d'etres : des clochards qui font le tri pour gagner quelques kopeks aupres d'usines de recyclage ; des cochons ; des singes. C'est malheureux mais il ne semble pas y avoir de hierarchie particuliere entre les trois ordres.

Les animaux, venons-y. Nous vous avons pas mal parle des petites betes qui ont hante nos nuits, moustiques, blattes et araignees geantes, mais l'Inde, meme et surtout dans ses villes, semble habitee autant par les hommes que par les animaux. La premiere chose que l'on remarque parce qu'il y en a partout, ce sont les vaches et les chiens. Les premieres, sacrees, semblent n'appartenir a personne, et errent, plongeant leurs tetes dans des poubelles qui font douter de la qualite du lait qu'elles produiront. Toutes sacrees qu'elles sont, on voit souvent des femmes et des enfants leur decrocher de sacrees taloches pour les faire degager des maisons. On les retrouve le plus souvent sur la route, galopant entre les voitures, reagissant aux klaxons aussi efficacement que les autres.

Les chiens sont amorphes. Souvent on les croit morts, parfois c'est vrai (ainsi d'un mignon chiot a Pondichery, recouvert de mouches, et d'un gros labrador dans une poubelle). Donc maintenant on jette toujours un oeil un peu inquiet a leur poitrine pour savoir s'ils respirent encore, parce qu'il s'agit des chiens les plus mous du monde.

Mais rassurez-vous ! Il y a aussi des chats, des chevres (elles pullulaient dans les collines de Mahab, souvenez-vous), des milliers d'ecureuils, des poules, des rats,des cochons, et, surtout depuis notre arrivee dans le Nord, un grande quantite de singes. Moins effrayants que lors de notre premiere rencontre, on les voit sauter d'un immeuble a l'autre, grimper le long des canalisations, descendre en rappel avec les cables electriques (veridique). Ils fouillent dans les poubelles, mangent les fleurs, les pommes, les ecorces, tout. Ils sont juste plus agiles que les mendiants, a part ca ils n'emeuvent pas plus qu'eux l'Indien de la rue.

Oui parce que, que ce soit la plus immonde des crasses (souvent nous devons mettre un foulard devant notre nez pour survivre aux odeurs et aux particules) ou le plus fantastique des animaux, les gens d'ici semblent n'en avoir rien a faire du tout.

PS : j'avais oublie de mentionner qu'au debut du voyage, j'avais marche sur un rat mort en plein milieu de la rue. Pas loin, un homme a saute pieds joints sur un cafard tellement gros qu'il n'etait pas mort quand le monsieur a leve son pied. Depuis le message nous avons aussi vu quantites d'autres chiens morts, des chameaux sur l'autoroute, un chien mort, et des nids de mouches accrochees sur des mosquees... Ce pays est en train de perdre sa lutte contre le monde animal.

dimanche 14 décembre 2008

Mamallapuram - Nababs a Mahab






Apres quelques jours reposants a Pondy ou nous etions bien soignes (cf message precedent), nous avons prefere passer une nuit sur la route de Pondy a Chennai, plutot que d'arriver directement dans l'immense Madras (ancien nom plus connu de Chennai).

Mamallapuram etait donc cette etape. Il s'agit de la seule station balneaire de l'etat tres religieux ou nous etions alors : le Tamil Nadu (l'etat des Tamouls). En plus de disposer d'un splendide front de mer un peu abandonne aux bouteilles en plastique, et de fruits de mer succulents, Mahab (surnom du coin) dispose de vieilles ruines en pierre / temples absolument extraordinaires.

Nous avons rapidement pose nos affaires dans une petite chambre simple et propre (sisi, propre, sans araignees geantes ni robinets fuyants), nous sommes partis dans le grand parc du village, qui reunit le long d'une colline de pierre, la plupart des temples creuses dans la pierre du coin. Absolument epoustouflant : l'impression de se promener le long des rochers de Fontainebleau, avec ses petits coins d'escalade sauf qu'ici il y a des temples finement sculptes vieux de 1500 ans. Le soleil se couchait lorsque n ous arrivames, ce fut reposant et divin.

Ce qui fut moins reposant, c'est lorsque nous avons tente de manger un petit gouter. Une horde de petits enfants, ages de 5 a 8 ans, nous a supplie de leur donner du chocolat (nous n'en avions pas). Apres avoir reussi a les disperser, et sachez que ce fut long, un jeune vint nous vendre des sculptures (le village est reste repute pour ses sculptures). Mais ce n'etait pas fini!

en effet au moment ou nous arrivons enfin a sortir nos cookies, une chevre nous fonce dessus. Une chevre ? certes oui, le parc etait infeste de chevres... Celle ci en voulait a nos cookies. Aglae, a bout, s'exclame "mais c'est quoi ce pays ou meme les chevres viennent nous demander des trucs ?".
(Incise d'Aglae: oui, parce qu'entre temps un chien etait venu mendier nos 3 cookies en les pointant du museau avec un regard suppliant...)

Une fois perches sur les rochers, tout fut plus calme. Tellement calme que lorsque la nuit nous tomba dessus avec la celerite d'une noix de coco detachee de son palmier, nous etions au milieu d'une semi-jungle, un peu perdus. Nous avons sorti notre lampe de poche a manivelle, et avons tente de trouver la sortie. Et soudain, un bruit a retenti. Une espece de miaulement gigantesque, qui venait d'en haut d'un arbre qui se trouvait sur notre chemin. Aglae s'arrete, terrifiee. Moi meme, je ne suis pas tres rassure, parce que j'ai reconnu ce terrible cri, c'est celui d'un singe enerve. Nous pointons notre lampe vers l'arbre. Une forme en tombe, mais je n'ai pas le temps de voir, car Aglae se detourne deja, prete a courir, et c'est elle qui a la lampe. Je la lui arrache des mains, et revient vers la forme. C'est bien un singe de la taille d'un chien. Ca court vers nous. J'ai mon miserable pied photo a la main, pret a vendre cherement notre peau.

Mais le singe ne passe pas loin, nous depasse et monte a un autre arbre. J'entends de nouveaux chocs sourds, ce sont deux autres singes qui tombent du premier arbre et le poursuivent. Nous venons d'assister a une poursuite de singes avec laquelle nous n'avons rien a voir. Bien entendu nous sommes completement terriffies, et nous courons vers la sortie du parc. Une horde de chevres nous accompagne solenellement vers la sortie. Des que la nuit tombe, dans ce pays,la nature reprend ses droits sur le pays des humains. avec une ferocite et une rapidite etonnantes. Cf les araignees, bien sur.

Le lendemain etait plus calme : pas de betes sauvages nous sautant dessus, juste quelques temples creuses dans la pierre, ecrases de soleil. Il y avait meme un elephant grandeur nature, creuse dans la pierre et qui ressemblait comme deux gouttes d'eau a un vrai. Nous avons bu des hectolitres d'eau et sommes repartis gaiment vers Chennai.

En arrivant sur place, nous prenons conscience de l'immensite de la ville, sorte de flaque urbaine qui s'etend sur des milliers de kilometres. Les quartiers se succedent sans arret, et nous mettons une bonne heure a atteindre le centre... pour apprendre que notre hote Couchsurfing habite tres loin du centre. Il finit par venir nous chercher devant un hotel de luxe. Son nom est Salman, c'est un prof de danse survolte dont la gentillesse nous a sans cesse surpris. Mais vous en saurez plus au prochain episode !

mercredi 10 décembre 2008

Pondy - cheri, t'as pas un parapluie?

Notre voyage matinal en train de Trichy a Pondichery fut plus anime que le precedent. Nous arrivons a la gare et nous rendons compte-grace a notre super maitrise des systemes complexes de reservation des trains indiens- que nous sommes 8 et 9e sur la liste d'attente, donc qu'on ne peut pas monter dans le train. Que faire? Nous courons au guichet ou nous decouvrons qu'il y a une classe sans reservation, et qu'il nous reste 7mn pour prendre un billet! Nous en achetons 2 et courons a nouveau le long du quai avec nos gros sacs. La pluie a commence a tomber. Evidemment, c'etait inutile: toutes les places assises sont deja prises et le train part en retard.


Hum... pas facile de rester debout quand des vendeurs de samosas et gateaux passent toutes les 2mn dans les couloirs avec leur panier sur la tete! Heureusement, de gentilles indiennes ont pitie de moi (seule femme debout dans le wagon) et se poussent pour qu'on tienne a 4 sur une banquette. Charly finit aussi par trouver une place: on a quand meme de la chance...

Nous descendons dans une petite gare ou nous savons qu'il y a des trains pour Pondichery (les multiples sites internet de Indian Railway ne savent pas ce qu'est une correspondance). Un train pour Pondy arrive 10mn plus tard, juste le temps de prendre un billet: parfait! 6 jeunes indiens survoltes s'assoient a cote de nous: ils ont la vingtaine, font les interessants, nous posent des questions dans un anglais approximatif, nous font des imitations d'acteurs tamouls, veulent prendre des photos avec nous, apprendre des mots en francais... bref, on rigole bien mais on peut a peine respirer!

Nous atterrissons dans une charmante pension a Pondichery. Nous nous sommes accordes un petit extra car nous passons enfin 2 nuits au meme endroit et avons besoin d'un peu de repos. C'est une ancienne maison style colonial, redecoree avec une touche de kitsch indien et tenue par un danseur-peintre qui a passe quelques temps en France. C'est surcharge mais cosy. La chambre est propre mais... c'est le royaume des arraignees!!! Apres le massacre de 3 petites arraignees sauteuses et 2 longues-pattes par Charly (qui tue aussi tres bien les moustiques, un vrai "insect killer"), vient le combat avec LA PLUS GROSSE ARAIGNEE NOIRE DE TOUS LES TEMPS. 8 cm de large au moins. Grace a la bravoure de Charly, elle finit dans la poubelle de la salle de bain, son corps velu et sans vie devore par une armee de fourmis - celles-ci forment une longue autoroute sur notre mur, menant tout droit a ce repas que nous leur avons gracieusement offert. Un vrai cours d'histoire naturelle!
... cours d'histoire naturelle qui m'a un peu empeche de dormir quand meme, mais heureusement il y a la moustiquaire pour me rassurer (car Charly dort sur ses 2 oreilles apres ce combat homerique!).

Nous rencontrons au petit-dejeuner (gargantuesque, avec de la baguette, hourra!, des fruits sav0ureux, des oeufs, des confitures...) une dame belge travaillant dans un hopital psychiatrique, et dont le copain est en train de faire un film sur l'ile de Pacques. Elle est tres interesse par le film de Charly et nous bavardons agreablement en FRANCAIS!
C'est aussi le temps de la lessive a la main et de l'etendage a travers notre chambre avec ventilo a fond pour que ca seche!

Nous decouvrons Pondichery sous des trombes d'eau car il y a une 2e mousson dans cette region. Entre les gouttes, il reste de tres belles maisons coloniales, un front de mer sympa, des noms de rue en francais... Bien calme pour une ville indienne! Il y a aussi des "ashrams", des lieux de meditation avec des gourous dont on voit les photos partout. Quand on entre, il y a des gens, indiens ou blancs, qui meditent en tailleur dans un jardin fleuri...

Nous avons meme mange dans un resto francais, et le lendemain une pizza au feu de bois.... Lorsque nous avons vu les premieres frites arriver, nous crumes defaillir.
Bref, deux jours reposants ou tout ce dont nous avons manque, c'est d'un grand parapluie!