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vendredi 3 juillet 2009

Avant de passer 4 jours dans le train

Aglaé jouant dans les couvertures léopard de notre hôtel

Irkoutsk le 10 mai

Impossible de vraiment se lasser des maisons sibériennes en bois sculpté. Les peintures vives appliquées sur leurs façades contredisent toute impression caricaturale qu'on peut avoir d'une Sibérie grise et froide.


Le véritable choc du jour coïncide avec notre première visite d'une église orthodoxe. A l'intérieur, pas de longue travée, mais une petite salle carrée, bien plus petite que l'extérieur de l'église ne pouvait laisser croire. Des milliers d'icônes que des croyants passent leur temps à embrasser couvrent littéralement les murs. On voit des filles de pauvres moujiks russes s'arrêter devant chaque icône pour laisser un baiser mouillé sur la vitre qui les protègent.



Nous nous laissons aller à la visite calme de cette ville pas énervée, et nous arrêtons à nouveau dans un sympathique restaurant fin de siècle, devant l'opéra d'Irkoutsk. On sent partout la distance avec Moscou, une ambiance de poussière en train de retomber qui calme les nerfs et repose l'esprit. Une statue de Lénine semble avoir été oubliée dans un coin.


Courses titanesques pré-transsib' où nous sommes encore suivis la plupart du temps par un vigile patibulaire : nous achetons un nombre faramineux de nouilles instantanées pour survivre dans le train. Après avoir vidé le supermarché, direction la belle gare d'Irkoutsk. A l'intérieur, une certaine attente, il y a des familles partout, assises sur des valises à la taille formidable. Nous n'avons qu'une seule crainte : se retrouver dans nos cabines avec de tels paquets qui nous empêcheraient de caser nos sacs quelque part.
la gare d'Irkoutsk

J'observe le grand panneau récapitulatif des horaires des trains. C'est tout juste à la portée d'un Polytechniciens. Dans un déluge d'horaires, d'abréviations, de noms de ville, le panneau prend tout un pan de mur, faisant à peu près 10 mètres sur 4. Bien entendu, les horaires des départs d'Irkoutsk correspondent à l'heure de Moscou. Toutes les horloges de la gare donnent d'ailleurs cette fameuse heure de Moscou qui n'a aucun sens ici où le décalage est de 5h.

En attrapant notre train de "midi" à 17h, nous partons d'Irkutsk surpris enchantés de notre premier contact avec la Russie.

dimanche 28 juin 2009

Ulan Bataar (2/2) : visite d'une ville coincée entre deux passés


1er mai - 2 mai

Notre première véritable journée est un peu gâchée par des problèmes pratiques : il nous faut à la fois trouver un tour organisé de trois jours dans les steppes, et réserver un billet de train pour aller en Russie.

Nous faisons donc le tour des agences de voyage toute la journée. Notre problématique se réduit vite à un choix entre deux agences. D'un côté, une agence classique nous fait payer un tour complet et un peu luxe, avec la location d'une Jeep, un guide-interprète, un chauffeur-cuisinier, un guide pour les tours en cheval, une famille d'accueil, etc : en gros, la facilité. De l'autre, l'agence Ger to ger ("de yourte en yourte") nous propose pour un prix légèrement inférieur un tour plus authentique : il s'agit de prendre des bus locaux indiqués par l'agence, et de se rendre sans interprète dans une famille hôte, avec laquelle il faudra apprendre à communiquer. Plus de partage, mais forcément plus de galères : le tour est précédé d'un cours express de langue mongole et d'instructions sur les coutumes mongoles à respecter (celles-ci sont très précises).

Outre le fait que le tour propose des promenades en cheval et en chameau dans des paysages variés, cette approche plus proche de la population locale correspond plus à notre voyage. Par ailleurs il s'agit d'une association qui reverse 80% de l'argent aux familles, dans un souci de tourisme équitable. Cette approche nous séduit, même si nous avions peur au départ que ce soit un concept creux.

Nous choisissons donc de bon coeur la difficulté !

Train train
Il nous faut aussi réserver ces satanés billets de train pour Irkoutsk. Nous retournons à la gare, et nous apercevons que j'ai un peu confondu les jours de départ des trains (à ma décharge c'est très complexe) lorsque j'ai fait le planning de notre passage en Mongolie. Nous ne pourrons pas prendre le train rapide, qui passe 3 jours après le départ prévu, mais sommes obligés de prendre le train lent, qui met 36h au lieu de 24h. La perspective de passer plus de temps dans le train et moins de temps à Irkoutsk ne réjouit pas vraiment Aglaé. Et ce que nous ne savons pas, c'est que ce train lent nous empêchera de voir le plus beau trajet du Transsibérien, les rives du lac Baïkal, qui se fera en pleine nuit !

Mais c'est une autre histoire...

Toujours est-il que la journée est foutue par toutes ces recherches et ces réservations : nous passons une soirée à discuter avec Charles, qui nous invite à manger des pâtes chez lui (il a accès à une cuisine). Il nous montre des photos de son incroyable voyage, des vidéos, nous fait écouter des extraits de son émission. Nous le quittons à regret, alors que lui s'engage dans un trek dans la steppe pour retrouver la trace d'une expédition française du XIIIe siècle... Cet homme est fou.

Visite d'Ulan Bataar, enfin
Deux jours après notre arrivée, nous avons enfin le temps de visiter la capitale mongole. L'architecture des temples bouddhiques est très particulière, empruntant parfois ses formes aux yourtes.


Surtout nous découvrons un peu plus les habits et les habitudes, tous deux assez spéciales, de ces chers Mongols. Il s'agit d'un peuple assez bourru, composé d'êtres gentils mais timides et un peu brutaux. Leur morphologie est l'exact inverse des Chinois : ils sont grands et épais, les femmes sont parfois énormes ; on imagine l'effroi que les soldats de Gengis Khan avaient dû inspirer aux peuples d'Asie qu'ils attaquaient.

Une atmosphère de petite ville du Mid West américain s'échappe d'Ulan Bataar : grandes avenues, jeeps et pick-ups sur les routes, soleil écrasant, grands hommes en chapeaux de cow-boys (grande mode là-bas), jeunes désoeuvrés. Nous sommes sous le charme de l'indolence générale.

Face au passé religieux et guerrier de la Mongolie (Gengis Khan, les nomades, le bouddhisme), un autre passé a planté une marque diamétralement opposée dans la capitale : la domination des Soviétiques jusque dans les années 1990. Outre les barres d'immeubles déjà évoquées, le centre historique de la ville est dominé par les imposants bâtiments inspirés du réalisme soviétique : statues à la gloire des libérateurs mongols du pays, gros bâtiments carrés à colonnes.


Les Mongols semblent peu attachés à ces témoignages d'une époque qu'ils haïssent : ils n'ont jamais été vraiment communistes, comme il n'y avait déjà pas de propriété avant l'arrivée des Russes. De plus, la répression politique a été parfois féroce et des moines ont été massacrés. Par ailleurs, la transition vers la démocratie s'est déroulée sans anicroche, chose rare pour les satellites soviétiques.

D'où une façon ludique de jouer avec cet héritage architectural : les barres ont été repeintes en couleurs vives, et la place du peuple devient un grand espace calme et aéré pour faire faire du roller aux enfants.

Malgré sa pauvreté, la Mongolie est un pays calme, très calme... Et Ulan Bataar une ville suprenamment délicieuse !

vendredi 26 juin 2009

Chengde : copies tibétaines, copies chinoises, hospitalité authentique

24-25 avril

La ville de Chengde a deux choses à offrir au voyageur avide de culture : ses temples Lamaïques et son Palais d'été.



Jour 1 : temples lamaïques
Journée passée à visiter des copies faites il y a des centaines d'années des plus beaux temples du Tibet. 4 temples sont disséminés autour de la ville, et reproduisent les grands monuments du Tibet, hommage fait aux dignitaires de cette région par les empereurs de Chine. Certains sont magnifiques et nous permettent, en plus de découvrir une architecture inconnue de nous, de faire le voyage au Tibet que nous n'aurions pas pu faire (il faut des autorisations spéciales).


Quasiment aucun visiteur dans ces temples, et par ailleurs les bonzes lamaïques sont surtout présents pour surveiller les lieux, car ces temples ont dès le départ été plus des hommages que des lieux de culte : aucune spiritualité, aucune vie religieuse dans ces cadeaux architecturaux. Du coup nous avons l'impression assez particulière de visiter des beaux temples fantômes !


Un bienfaiteur bien arrosé
Anecdote qui nous marquera longtemps : notre repas de midi. En sortant du premier temple, nous sommes un peu dans la banlieue de Chengde, ville industrielle qui ressemble déjà à une petite banlieue. Nous avisons le seul restaurant que nous voyons, et nous décidons à rentrer. Les restaurateurs sont très heureux de nous voir arriver. Nous avons faim, et prions pour que le menu soit intelligible (au pire des photos, au mieux des traductions en anglais).

Bien évidemment, aucun touriste étranger ne passe jamais par là : nos fols espoirs sont déçus à l'ouverture d'un épais menu comportant des séries sans fin de caractères chinois. Epuisé de me battre à chaque fois dans les restaurants, je craque un peu vite, me lève et fais un petit signe compatissant au serveur, pour lui dire que non, nous ne comprenons rien, et que nous allons chercher un autre restaurant.

Aglaé me reproche de me décourager si vite et insite pour qu'on s'acharne un peu. Les restaurateurs, désolés, veulent qu'on restent : ils me montrent les assiettes des autres clients, pour me signifier que nous pouvons nous inspirer de ce qu'ils ont pris. Je m'approche d'une première table, où deux jeunes étudiantes semblent un peu offensées que je renifle leur assiette. Je suis mieux accueilli à la table d'après : une petite vieille souriante et un monsieur avenant me tendent presque leurs assiettes. Ils me font des signes du pouce, du style "faut prendre ça, c'est super bon". Aglaé propose de manger exactement la même chose qu'eux, ça sera le plus simple. Je commande une assiette de ci, et une assiette de ça, comme sur leur table.

Le serveur prend note, mais le monsieur avenant le rattrape et lui parle en chinois. Puis il se tourne vers nous et nous force à nous asseoir à sa table. En gros, il a annulé notre commande, et pris acte du fait que nous mangeons la même chose que lui : autant prendre directement dans les assiettes. C'est grandement facilité par le caractère collectif des repas en Chine : chacun pioche dans des plats pour mettre dans son bol.

Nous sommes ravis de cette invitation qui vient du fond du coeur. Le monsieur, qui a l'air d'avoir déjà bien bu, commande des bières pour nous. Il ne parle absolument aucun mot d'anglais, et pourtant nous passerons un déjeuner parfait. Les blagues fusent, nous ne les comprenons jamais, mais tout le monde rit. Je lui montre ou lui dis des phrases de mon guide de conversation français-chinois, aussi nous pouvons nous échanger quelques banalités. Je comprends que la dame toute sèche et toute souriante est sa mère, après avoir fait la gaffe de lui demander si c'était sa femme.

L'homme est particulièrement fier de nous avoir à sa table, et nous découvrons la noblesse de coeur de cette famille, qui semble particulièrement pauvre (à la fin du repas, ils mettront les restes dans un sac plastique pour ne pas les gâcher), mais tient quand même à nous offrir à manger.

Nous découvrons aussi qu'il est impossible de boire seul en Chine. Si vous soulevez votre verre de table, tout le monde autour de la table doit soulever le sien et boire une gorgée en même temps que vous. Or j'ai l'habitude de siroter en permanence, ce qui a pour effet d'aggraver l'état du chef de famille.

A la fin du repas, nos hôtes se lèvent, prennent les restes, nous souhaitent bonne vie et s'en vont. Nous n'avons fait que communiquer par gestes et borborygmes, et c'était génial.

Notre bienfaiteur intimidé par l'appareil photo

(sans vouloir faire le râleur, vous imaginez ça en France ? que quelqu'un offre un repas à un couple de Chinois perdus dans un village ou une toute petite ville ?)


Jour 2 : palais d'été ou murailles de Chine ?


Le Palais d'Eté de Chengde n'a que peu à voir avec celui de Pékin. Ses bâtiments y sont moins impressionnants, carrément plats, même, mais le parc qui l'enserre est 3 fois plus grand. Moins fou mais plus reposant que son homologue pékinois, le Palais d'Eté de Chengde sera l'occasion d'une très longue promenade du dimanche.


Nous mangeons des nouilles chinoises dans le parc (les nouilles instantanées sont vraiment présentes partout en Asie), visitons des jardins chinois et caressons les daims qui se trouvent là : à l'image des Japonais, les gens de Chengde ont mis des daims dans leurs parcs pour faire venir les enfants. Bon là c'est un faux, mais il y en avait des vrais un peu partout

Le Parc est mal entretenu, et les bâtiments un peu décrépits donnent l'impression que tout ça aurait bien besoin d'un coup de rénovation. Mais quand on sait comment "rénovent" les Chinsois, c'est sûrement mieux comme ça! D'où un rare charme vieillot très sympathique, entretenu par la ridicule possibilité, dans tous les sites anciens de Chine, de louer des costumes d'époque :

Le parc est impossible à visiter entièrement en une journée, mais nous en parcourons quand même une partie non négligeable : nous découvrons même qu'une partie de la muraille qui l'enserre est praticable. Un avant-goût de la Grande Muraille prévue pour le lendemain !


Le reste de la balade se passera à éviter les minibus qui parcourent les chemins bétonnés du Palais d'Eté, et dont le grand jeu est de frôler les piétons. Encore une fois, un paquet de petits vieux arpentent les chemins pentus de la colline du parc, font du sport, discutent et vivent de la manière la plus douce qui soit.

(ils sont jamais de mauvaise humeur les vieux Chinois ?)

Bonnes nouvelles à Beijing

20 avril

Les premiers jours à Beijing vont absolument à l'encontre de nos attentes. Les habitants, tout d'abord, nous suprennent : les Shanghaiens étaient globablement de gros rustres qui se croyaient tout permis, des types hargneux, vicieux et malpolis. Aucun habitant de Shanghai ne nous avait souri, ou avait tenté de quelque manière que ce soit de nous montrer qu'il n'y avait pas que des êtres vils dans cette ville.

A Pékin, c'est l'inverse : les Pékinois sont plus souriants et sympathiques que prévus, partout on les voit jouer, sourire, et ils semblent tous surpris et heureux de voir des touristes blancs - alors qu'on pourrait croire qu'ils en voient plus que partout ailleurs en Chine.

Mais surtout Pékin, passé le premier jour où il faisait assez mauvais, nous est apparu comme une ville vivable, à taille humaine, une ville très verte, très aérée, avec quelques véritables vieux quartiers (les fameux hutongs). Par ailleurs, nous avons eu une chance incroyable, dans la mesure où il a fait très beau temps tous les jours : dans une ville réputée pour son temps uniformément gris, les 6 jours de temps parfaitement ensoleillé furent un miracle dont nous étions pleinement conscients !

Enfin, last but not least, là où Shanghai n'était qu'avenues impersonnelles garnies de chaînes et de fast-food, Pékin est un fourmillement de vendeurs de rues, qui font rôtir ou bouillir à peu près tous les produits du monde, quand ce ne sont pas des fruits frais, des livres et des yahourts qu'on vous vend à tous les coins de placettes. Le grand gourmand que je suis en restera ravi à vie.



Une décision difficile à prendre
Ce dont nous ne vous avons jusque là pas parlé, c'est le fait que notre séjour raccourci au Japon nous a mis un peu avance sur notre planning. En effet, en restant 10 jours au lieu de 15 jours, nous nous retrouvons en Chine trop tôt. Or, notre avion Moscou-Paris étant déjà réservé, reste à savoir comment occuper ces 5 jours supplémentaires, question qui avec des erreurs d'estimation (nous pensions que le Transsibérien durait plus de temps que ça), et des contraintes un peu énervantes (il n'y a que deux Transmongoliens par semaine au départ de Pékin), nous plonge dans un casse-tête difficilement soluble.

Pour faire court, nous devons choisir entre trois options :

1) rester en Chine 5 jours de plus, en visitant donc des endroits imprévus autour de Pékin, et faire un passage assez court en Mongolie et autour du lac Baïkal
2) rester en Mongolie quinze jours
3) rester en Russie deux semaines

Nous découvrons vite que notre passage en Mongolie et en Russie n'est pas particulièrement bien adapté : c'est la saison des tempêtes de sable en Mongolie (!), et le temps peut changer très vite du très froid au très chaud ; quant à la Russie, impossible de savoir si le dégel est fini depuis longtemps (arriver après le dégel signifie patauger dans la boue en permanence).

Après de longues hésitations et atermoiements, nous décidons de partir de Chine plus tard, en rajoutant à notre programme Chengde, ancienne résidence d'été des empereurs chinois, et Datong, où se trouveraient de splendides grottes bouddhiques. Ca tombe bien, Datong est sur le chemin du Transsibérien, et nous pourrons peut-être le prendre en route !

Nous nous rendons au bureau des réservations du Transsibérien, situé dans un hôtel de luxe non loin de la gare de Pékin (allez comprendre). Nous y croisons des Canadiens, déjà rencontrés à Xi'an, qui ont réussi à prendre un ticket de transsibérien pour le surlendemain. Nous sommes assez rassurés, car notre plus grande angoisse était que tous les trains soient complets, et que nous ne puissions plus partir de Pékin : lors des mois d'été les trains sont réservés plusieurs mois à l'avance, alors qu'à cette époque les trains sont juste vides. Ouf ! Nous avions un peu peur d'avoir fait les radins sur ce coup : on aurait pu prendre un ticket très à l'avance via une agence de voyage, mais 1) nous n'aurions pas pu changer notre programme au dernier moment comme ici 2) les frais d'agence étaient généralement délirants.

Nous demandons s'il est possible de prendre le train sur le chemin, à Datong. La dame du Bureau des Réservations Internationales, de très mauvaise humeur, nous livre des informations au compte-goutte, en faisant la tête. Aglaé est au bord de l'engueuler. Il nous faut appeler le bureau à Datong, qui nous fait la réservation et nous apprend par le même coup que le train vaut 2 fois moins cher que prévu, si on le prend de Datong ! On ne comprendra par quelle bizarrerie nous faisons ces économies, mais ça nous arrange bien...

Je précise bien que ce fut une décision difficile à prendre, car elle impliquait de passer un temps minime en Mongolie et en Russie. Nous avons bien mis 4 jours à nous mettre d'accord, et le fait que nous nous plaisions beaucoup à Pékin a beaucoup pesé dans la balance.

Ambiance coloc'
Quant à l'ambiance de la colocation de N, nous commençons à nous y faire. Comme nous logeons sur le canapé du salon, nous sentons que nous gênons un peu, et il nous faut attendre que tout le monde soit couché pour pouvoir dormir. Mais N nous a créé dans un coin de la pièce, qui peut être caché par des rideaux, un vrai petit nid douillet, dans lequel nous poussons le canapé pour pouvoir dormir.

N, avec qui nous dînons plusieurs fois, nous parle de cette vie si riche et si inattendue qui est celle des étudiants internationaux de Pékin. Nous sommes rapidement au courant de tous les ragots de son université !

J, le coloc d'Hong Kong, nous fait rire aux larmes malgré lui. Tous les soirs, nous sommes les témoins auditifs de son rituel de beauté. Après avoir pris une douche ponctuée de force raclements de gorge et crachats sonores, il passe systématiquement dix minutes sous le vent de son sèche-cheveux. Il ressort, le torse gonflé d'amour-propre : nous nous cachons pour rire dans le canapé. Moins drôle, il téléphone pendant de longues heures à ses amis à Hong-Kong. Longues conversations en cantonais, entre deux et trois heures du matin...

Promenade estivale au Palais d'Eté
Le lendemain de notre arrivée, un Soleil éclatant nous rappelle ce conseil de N : "s'il fait beau, précipitez-vous au Palais d'Eté, c'est la plus belle chose de Pékin, c'est un grand parc qui vous paraîtra bien gris s'il ne fait pas soleil".


Nous sautons donc dans un bus urbain, et arrivons au milieu d'un flot de touristes devant le Palais d'Eté. Après l'entrée, nous débouchons sur une série de petites cours classiques, très aérées, sympathiques, comme dans un jardin chinois habituel.


Puis, au détour d'un mur, nous voilà devant le Lac Kunming, immense lac artificiel posé au pied d'une colline artificielle (construite avec la terre arachée pour créer le lac), sur laquelle repose de délicats bâtiments. Le tout est un immense parc de saules pleureurs, ponctué de pêchers en fleurs, de ponts aux formes bizarroïdes enjambant des petits cours d'eau, et de pavillons délirants.


Les vues sont extraordinaires, nous avons du mal à y croire. Nous montons sur cette colline, traversons des bâtiments chinois à l'architecture d'un goût rare, apprécions la science du détail des toits et des sculptures, admirons la vue sur Pékin et ses environs verdoyants (surprise, moi qui m'attendais à voir des usines partout, qui ont sûrement dû être déplacées pour les JO).



La foule en délire
Comme dans tous les parcs-monuments de Pékin, un nombre insensé de petits vieux est venu ici pour pique-niquer, bavasser, faire du sport ou danser. Dans ce Versailles pékinois, on les trouve principalement le long d'une galerie couverte apparemment infinie, garnie de fines peintures tout le long. A nouveau, le monument semble vivre indépendamment du flux de touristes qui le visitent.



Dans le registre délirant, l'impératrice Cixi, régente un peu folle de l'Empire Chinois à la fin du XIXe siècle, avait fait construire dans le palais le Bateau de Marbre, faux bâteau de pierre, très fin mais aussi complètement inutile.

Nous rions bien, jusqu'à ce que deux Chinois nous demandent s'ils peuvent nous prendre en photo. Nous acceptons, parce que ça fait longtemps, mais une autre mamie chinoise vient nous prendre en photo, en réclame une autre, nous demande de prendre des poses. Rapidement, une petite foule se crée autour de nous, tout le monde réclamant une photo du couple parfait.


Nous fuyons le shooting de stars en riant, préférant faire le tour du lac : bizarrement, quand on s'éloigne de l'entrée, il n'y a plus beaucoup de touristes... Ceux-ci sont remplacés par de vénérables vieillards chinois, en veste et casquettes maos bleus, devisant gaiment les mains derrière le dos. Un vent féroce agite les saules et les eaux bleu marine du lac. La lassitude culturelle de la Pagode de l'Oie Sauvage de Xi'an est loin, bien loin derrière nous !

Premier jour à Beijing : curiosité renouvellée

19 avril

Retrouvailles avec N, enfin pour Aglaé : je ne le connais quasiment pas. Il pousse un petit vélo : sûrement une technique de camouflage pour avoir l'air d'un Pékinois ! Il nous accompagne le long du trajet pas très court entre le métro et son immeuble, trajet que nous allons parcourir une bonne dizaine de fois pendant notre séjour sur place. Il nous montre son appartement, qu'il partage avec deux autres colocataires étranges : un Suédois autiste (il ne nous adressera jamais la parole, peut-être était-il muet) et un Hong-kongais, semi-top-modèle masculin à ses heures (si, si), qui s'aime beaucoup.

L'appartement est une caricature de colocation de garçons, une garçonnière pur jus : une des marottes des trois amis est de se "trouver" des girlfriends locales. Voilà donc un appartement très grand, très vide et très plein de poussière. S'y entassent dans la cuisine, dont les placards et le frigo ne sont pas très remplis, une dizaine de sacs poubelle prêts à exploser et des cadavres de bouteilles en plastique.


L'appartement me fait rire ; Aglaé, en bonne fille un peu maniaque, manque de s'étouffer. Point n'est besoin de dire qu'elle ne se sent pas très à l'aise dans l'appartement ! Mais nous sommes si contents d'être logés, qui plus est chez quelqu'un que nous connaissons, que nous oublions rapidement la "sobriété" du lieu.

Lamas toujours cracher
Après avoir un peu traîné, nous nous dirigeons vers le temple des Lamas. Un peu à reculons, je vous l'avoue, parce que nous sommes toujours sous le coup de l'overdose culturelle qui nous avait frappé à Xi'an. D'ailleurs, l'idée même de Pékin nous fait peur : il ne s'agit que d'aller voir des temples célèbres, de les visiter dans tous les coins, bref, de faire exactement ce dont nous sommes las.



Or, le Temple des Lamas est une merveille et nous réveille de notre engourdissement culturel : construit pour célébrer l'amitié (à l'époque) entre le Tibet et la Chine, il nous montre pour la première fois l'architecture tibétaine que beaucoup se démènent pour aller voir au Tibet. Tous contents de voir cette fameuse architecture, nous passons de bâtiment en bâtiment, découvrons les toits en tuile jaune qui sont la marque des temples pékinois. A l'intérieur du dernier temple, une gigantesque statue de Bouddha nous écrase et nous humilie.


Ce qui est plus humiliant plus pour eux que pour nous, c'est ce petit panneau devant le temple :


Surtout, nous avons face à nous une ferveur jusqu'ici absente du paysage religieux chinois (qui était un paysage plutôt vide). Partout des gens qui brûlent des cierges, qui s'allongent quasiment par terre à force de faire des courbettes, qui se roulent dans des états mystiques assez frappants. Alors que le reste des Chinois a abandonné quasiment toute forme de bouddhisme, les bouddhistes d'obédience lamaïste (attention ce ne sont pas forcément des Tibétains) sont très très pieux. Cela fait un bien fou, et c'est peut-être la cause de la disparition de notre overdose culturelle : le Temple des Lamas affiche une vie, une ambiance, qui donne l'impression que le lieu est autre chose qu'une (belle) coquille vide.



La soirée se termine dans un charmant petit restaurant de nouilles avec N, après s'être faits littéralement virer de l'appartement par J, le coloc' Hongkongais, qui voulait profiter de son temps avec une "amie" coréenne : après avoir passé 10 minutes à nous dire "ah vous partez, bon appétit alors, hein, au revoir, hein AU REVOIR, BON APPETIT", nous avons fini par mettre les voiles.

Les nouilles seront d'ailleurs parmi les plus délicieuses possibles.

Nous avions un peu peur de l'ambiance grise et froide de Pékin, nous avions torts et en sommes ravis !

La vraie-fausse armée et la fontaine musicale






17 et 18 avril 2009
Suite de nos aventures à Xi'an, l'ancienne capitale de la Chine impériale.

Découverte dans les années 1970 et pas encore totalement mise au jour, l'armée de terre cuite enterrée aux abords du tombeau de l'empereur Qin fait partie des merveilles archéologiques de notre planète. Il s'agit de milliers de soldats de terre cuite, parfaitement ressemblants, tous différents, enterrés dans un gigantesque tombeau dont personne n'a jamais su l'existence, et qui a été découvert par hasard par des paysans qui creusaient un puits, il y a bientôt 30 ans.

Il s'agit d'un des sites les plus visités de la Chine, après bien entendu la Grande Muraille et la Cité Interdite. Pourtant il ne s'agit pas véritablement d'un musée, ou d'un site archéologique comme on pourrait l'entendre en Grèce, en Italie ou en Egypte : ici il s'agit dun site archéologique encore en train d'être fouillé !

Par conséquent, c'est assez décevant, tout le monde nous avait prévenu : on reste très loin des statues, et seule une petite partie des statues a été réparée (car on n'a retrouvé que des statues en fragments, qu'il faut recoller comme des pièces de puzzle).

Pourtant, visiter ces grands hangars, avec ces milliers de statues d'achers, de cavaliers, de chars, reste vraiment impressionnant. Comment croire que ces vestiges ont plusieurs milliers d'années ?

D'ailleurs, certains ne le croient pas, comme on peut le lire au bas du lien que je vous ai donné. Il existe une théorie comme quoi ces statues seraient fausses. Indécidable pour le moment, la question n'en est pas moins dérangeante (nous avons appris son existence après la visite, fort heureusement), et nous ne sommes pas assez experts pour juger de la question. Et si c'était le cas, la taille de la supercherie serait tout de même formidable, et à féliciter !

Quant à moi, j'ai des doutes : pourquoi les autorités chinoises auraient-elles créé de toutes pièces une "attraction touristique" aussi décevante, aussi nulle ? J'imagine que si ça avaient été des pièces archéologiques montées de toutes pièces, on aurait "retrouvé" des statues intactes, et non pas des décevants petits morceaux à reconstituer. Mais je suis d'accord qu'il y a des grosses zones d'ombres dans le dossier, et que l'obligation de se tenir à vingt mètres au-dessus du chantier génère une insatisfaction propice au soupçon.

Il y avait bien évidemment du monde dans les 3 hangars correspondant aux trois zones de fouille, se tordant le cou pour apercevoir les soldats. Mais la magie était là, et lorsque nous pénétrâmes dans la plus grande salle, ce fut le souffle coupé que nous découvrîmes toute cette terre cuite.

Les quelques statues que nous pouvions approcher, exposés dans des vitrines, nous ont permis d'apprécier la finesse des détails et des expressions faciales des soldats enterrés.

La pagode du foie d'oie sauvage
La visite de l'armée enterrée, très excentrée par rapport à la ville de Xi'an, nous ayant pris la journée, le lendemain nous partons en quête de la Pagode de l'Oie Sauvage. Il fait un temps encore plus humide que la veille, et rapidement nous nous retrouvons sous la puie. Ce qui n'est pas gênant lorsqu'on est entassé dans un bus chinois, mais qui commence à être embêtant lorsqu'il s'agit de visiter une pagode.


Cette pluie battante tombe en même temps que la fameuse overdose de temples. Nous sommes d'ailleurs étonnés qu'elle ne nous soit pas tombé dessus avant. Nous sommes venus pour visiter la Pagode de l'oie Sauvage, splendide et très vieille tour religieuse chinoise, mais tout ce que nous voyons, ce sont les sempiternels guichets d'entrée, les sempiternels tickets, les habituels panneaux explicatifs inintéressants, les mêmes salles de prière, les mêmes statues de Bouddha. La pluie ne participe pas à la bonne humeur, et nous sommes clairement lassés de tous ces temples, avec la honte qui y est liée : combien de personnes rêveraient d'être là, alors que nous y sommes et jouons les blasés ?

Heureusement nous avons croisé des curieuses mariées :

et un peu fait les idiots avec les statues un peu bêtes qui se trouvaient là :


Ville fontaine


La pluie tombe de plus en plus fort, au point que je suis forcé de me mettre une boîte de pop-corn vide sur la tête pour échapper à l'eau. Je ressemble à un rocker, les gens rient et viennent me prendre en photo. C'est alors que juste devant la pagode, quelque chose de difficilement descriptible nous tire de notre torpeur : c'est l'heure du spectacle musical de la plus grande fontaine du monde.

Les Chinois, qui aiment bien faire les choses en grand, ont décidé de construire la plus grande fontaine du monde, et de faire des petits spectacles chorégraphiés, au rythme de musiques stupides. Toutes les deux heures, un monde fou se rassemble et admire avec des "oh" et des "ah" comment les fontaines font des petits mouvements accordés à la musique. Le bassin, tout en longueur, s'étend bien sur 250 mètres, et certaines fontaines crachent de l'eau à des altitudes inoubliables.



Trois mois avant, nous avions pu rire et admirer les fontaines musicales du Laos, déjà offertes par les Chinois, déjà de mauvais goût :



Nous avons pu pleurer de rire sous la pluie en admirant le plus grand spectacle de fontaines musicales du monde, à Xi'an :



Lorsque nous sommes rentrés nous sécher dans un fast-food très sympathique où des télés diffusaient Tom et Jerry, ce qui augmentait significativement ledit capital sympathie, je sors le ticket du bus de nuit que nous sommes censés prendre pour rentrer à Beijing.

C'est à ce moment là que tout est parti en eau de boudin...

mardi 23 juin 2009

Hiroshima, une journée atomique

7 avril

Nous partons de bon matin en direction de Miyajima, une île sacrée et célèbre pour sa célèbre tori (une porte shinto) posée dans l'eau. Une courte traversée dans un ferry bondé de touristes nous permet de découvrir le fameuse porte, qui semble flotter sur les flots bleus. Une fois sur la terre ferme, nous découvrons un temple entièrement sur pilotis. Les pèlerins arrivaient en bateau, passaient sous la porte, priaient dans le temple et ne posaient ainsi pas le pied sur l'île sacrée.


Aujourd'hui, l'île est ouverte aux touristes et organisée pour eux. Des petits chemins mènent de temples en temples, le tout saupoudré de cerisiers en fleurs et de pagodes fait une charmante balade.

Nous vivons des expériences étranges sur cette île : nous croisons des touristes français ne râlant pas et ayant le sens de l'humour (!), nous descendons dans le sous-sol d'un temple (il y fait noir comme dans un four et on y a créé un labyrinthe avec des images de Bouddha brillant dans l'obscurité), nous nous perdons au milieu de 500 statues de vieillards tous différents , et croisons des statues absurdes:


Affamés par tant d'aventures, nous nous régalons d'anguilles grillées, la spécialité du coin. Non seulement j'ai goûté, mais en plus j'ai aimé!


Nous regagnons Hiroshima pour visiter le Musée de la bombe. Il est plutôt intéressant, avec de grandes maquettes, des photos de ruines, les lettres écrites par Einstein ou Roosvelt sur le sujet... Mais il y a aussi une vidéo présentant le sujet à l'entrée, assortie d'une musique ATROCE et pas du tout de circonstance. Le musée est un immense hall et donc on l'entend partout, en boucle. J'avoue avoir du mal à me concentrer pour lire les panneaux, Charly est au bord de la crise de nerfs et se bouche les oreilles.

Nous passons enfin dans la deuxième partie du musée où sont rassemblés des témoignages terrifiants et des restes de vêtements ou d'objets offerts au musée par les familles de victimes. Nous ressortons de là d'une humeur un peu sinistre.

Nous retrouvons le sourire dans le "parc de la paix" qui recouvre tout l'île qui est, au centre de la ville, l'épicentre de la bombe A. C'est là que ce trouve le fameux dôme, resté miraculeusement debout:


Des lieux de mémoires sont dispersés un peu partout. Le plus beau est celui dédié aux enfants victimes de la bombe. Une petite fille de 10 ans, atteiente de leucémie à la suite de son irradiation, avait décidé que si elle arrivait à plier 1 000 grues en origami, elle guérirait. Elle est morte avant d'avoir pu terminer, mais aujourd'hui des miliers et des miliers d'oiseaux de papiers ornent ce mémorial.

Nous avons donc passé la soirée à apprendre à faire des origammis de grues (qui battent même des ailes!)... Ici une photo de Marius posant à côté d'une grue :


mercredi 10 juin 2009

Nara: Bambi attaque, Bouddha médite



6 avril

Réveil dans le merveilleux ryokan décrit par Charly, dernier coup d'œil au pont japonais du jardin avant de partir découvrir Nara, ancienne capitale du Japon (avant Kyoto et Tokyo). De grands temples en bois sont dispersés dans un grand parc et une forêt, lieux colonisés par des biches "sacrées". Ces Bambis mal brossés, malgré le danger qu'ils représentent d'après les panneaux (effrayants), ravissent les familles japonaise.


Nous approchons ensuite à pas lents, émerveillés, du fameux Todaï-ji. C'est le plus grand bâtiment en bois du monde; un immense temple surmonté de cornes dorées et entourés d'arbres en fleurs. Il est gardé par une porte contenant deux gardiens effrayants (pour ne pas laisser entre le mal), comme tous les temples bouddhistes. Mais les gardiens sont ici aussi démesurés que le temple, ce sont deux géants de bois, à la chevelure ébouriffée, aux muscles saillants et au regard féroce.


Mais c'est l'intérieur du temple qui m'époustoufle le plus. Y médite depuis des siècles le plus grand Bouddha en bois du monde. Pour parvenir à contempler son sourire serein, on risque le torticolis.


Une fois passés derrière le grand Bouddha, nous passons brusquement de la merveille d'art sacré à la superstition la plus triviale: des gens se tortillent pour parvenir à se glisser dans un trou étroit creusé au pied d'une colonne du temple. Ce trou fait la taille d'une narine du grand Bouddha, et si on réussit à s'y glisser... on est certain de parvenir à l'illumination... !

Notre journée ne sera qu'une longue promenade de temples en temples, certain shintôs (dédiés aux esprits de la nature, animisme primitif toujours très présent au Japon), d'autres bouddhiques. Les deux croyances cohabitent et se mélangent allègrement. Le grand musée est fermé, cette malédiction semble planer sur nous depuis notre arrivée au Japon. Nous nous contentons d'une mini-collection de Bouddhas magnifiques et de dieux à la coiffure digne des mangas. Des bambis continuent à gambader autour de nous...


Nous courons pour attraper notre train, puis un autre, puis encore un autre. Tout s'enchaîne parfaitement, à la minute près. Nous débarquons à Hiroshima de nuit, sautons dans le tram puis traversons à pied l'île abritant tous les lieux de mémoires. Au loin, le dôme, symbole du martyre de la ville, est illuminé. Tout est extrêmement calme. Nous atteignons enfin notre auberge de jeunesse, lieu tellement convivial qu'à peine notre sac posé, on nous invite à manger des takoyakis (boulettes de pieuvre).

Mais toute auberge de jeunesse a ses freaks (gens bizarres):
- un américain tellement friendly qu'il en est flippant. Il se présente ainsi "I am from America ! The country of Barack Obama!" et ne cesse de vous parler alors que vous voulez juste vous brosser les dents.

-une fille apparamment charmante mais qui, dès que les autres pensionnaires ont le dos tourné, vole tous les rideaux accrochés entre les lits (pour s'isoler de la lumière), afin de se faire une chambre d'hôtel à elle.

- et enfin une terrible ronfleuse qui a donné à Charly des envies de meurtre