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vendredi 24 avril 2009

Hollande, Tibet et the chinois - Retour a Lijiang

18 mars

Mine de rien, le bus qui repart vers Lijiang nous ramene assez tot - plus que nous l'avions prevu. Nous avons donc un certain temps devant nous avant notre bus de nuit pour KunMing. Une fois nos bagages recuperes, nous essayons de trouver un cybercafe, toujours pour vous tenir au courant.

Nous nous attendions a la meme furie dans des locaux un peu cradocs qu'au Vietnam. Que nenni ! Meme si les entrees sont souvent glauques, a l'interieur les cybercafes chinois ressemblent a des open-spaces. Des milliers d'ordinateurs, des sieges en cuir (toujours), des systemes complexes (on paie un forfait, genre plusieurs heures a la fois, et on nous rembourse en fonction de combien on a depense, enfin le truc facile a expliquer a quelqu'un qui ne parle pas chinois), un fond musical doux, des ecrans plus larges que les Champs-Elysees, du materiel de folie. Et des prix qui varient enormement, en fonction du cafe, mais dans un cafe, en fonction de la salle qu'on prend (et j'imagine de la puissance des ordinateurs). La-dedans un monde fou, quelle que soit l'heure ou vous venez, et des gens tres calmes : des jeunes surtout, mais pas que des garcons. Ca joue, ca chatte, ca passe des apres-midi et des nuits entieres a glander.


Quant a nous, nous finissons par nous faire comprendre, nous installons devant les plus beaux ordinateurs du monde, et remarquons qu'une jeune femme vient nous servir du the en permanence. C'est gentil, c'est mignon, d'autant que la fille se precipite pour remplir ma tasse des que je l'ai finie. Le probleme, c'est que j'applique toujours la technique "plains ton verre vide, vide ton verre plein" ! En verite, si j'ai un verre rempli de liquide, eau, the ou biere, j'ai tendance a le vider sans trop faire attention, surtout si je suis concentre sur autre chose (ici, les messages a ecrire). Ajoutez a ca une fille qui me remplit des que j'ai fini mon verre, et vous obtenez une situation aberrante, ou je vide une quinzaine de verres de the et vais consequemment aux toilettes 4 fois en une heure a peine.

Passons sur ces details renaux, l'essentiel etant notre enchantement face a ce retour en force de la civilisation depuis notre entree en territoire chinetoque.

Encore ?

Nous decidons de nous faire plaisir en retournant dans ce petit resto tibetain qui nous avait enchante le premier soir. Je tente une galette de pate non cuite de farine de froment et de fromage de yak. J'avais peur d'un gout etrange ; je suis decu par l'absence de saveur de ce qui ressemble a un sandwich au pain.

Le plus drole, dans notre retour dans ce restaurant, mis a part les trognes qu'Aglae fait lorsqu'elle voit arriver son gateau au chocolat, c'est que nous retrouvons une nouvelle fois nos chers Hollandais. Encore eux ? Blagues type "vous nous suivez ou quoi ?", ah ah on se marre bien. Nous parlons peu, n'ayant peut-etre pas grand-chose a se dire, mais ca fait plaisir de les revoir.

En sortant, l'estomac tendu au possible, nous disons adieu a la pagode-ecran-geant de la place des Roues a Aubes, et prenons le bus de nuit pour KunMing. Nous luttons avec peine contre l'odeur de pied immonde qui s'en degage, et regardons jusqu'au bout sur les teles du bus une comedie romantique chinoise a laquelle bien sur nous ne comprenons pas les dialogues piquants. Imopssible d'y echapper par contre, le volume etant semble-t-il coince sur FORT. Pendant que je m'endors doucement, fatigue par toutes ces aventures sportives, je vois dans une brume de film qu'il raconte l'histoire d'un cuisinier chinois qui essaie de faire manger des plats francais a ses compatriotes, a qui toute cette gastronomie donne envie de vomir. Il y a des larmes et des gens qui s'embrassent. Beaucoup de grimaces aussi. Je m'endors... Demain KunMing 2, le Retour !

dimanche 8 mars 2009

Depart de Thailande - 48 heures de transpi sans douche

19 - 20 fevrier

Toutes les bonnes choses ont une fin. Se delasser avec des poissons sur une ile paradisiaque aux roches rondes sortant de l'eau tels des oiseaux de paradis peut parait-il devenir lassant : nous serions bien restes jusqu'a etre lasses.

En attendant, nous avions un avion a prendre le 20 fevrier, croute que croute, afin d'atteindre Singapour. Singapour, sa promesse d'un appartement confortable (la colocation d'Adeline), muni d'une machine a laver... Le reve, si proche et si lointain.

Nous montons le soir dans notre ferry de nuit, sous une pluie battante. Il est en direction de Surat Thani, ville plus proche de Phuket, d'ou part notre avion. Le ferry comporte trois etages : au sous-sol sont entreposes les bagages ; au premier etage, il y a une hauteur sous plafond de 1 metre 40, des matelas plutot confortables mais pas tres larges, des petits ventilateurs partout, bref un relatif confort ; entre les bagages et le premier etage, il y a une espece de mi-etage ou, sur des nattes de paille, sont entasses comme de la volaille un grand nombre de passagers : il y fait une temperature du fin fond des enfers, il y a moins d'un metre de hauteur, ce qui fait que tout le monde doit y ramper comme des chiens ; certains n'ont meme pas de vraie place numerotee et doivent rester assis, d'autres ont un pilier devant eux et ne peuvent pas s'allonger completement.

Nous avons achete notre place directement dans le bateau, une heure avant le depart, pour environ 10 euros chacun : nous sommes en haut avec les Thais, les meilleures places donc. Ceux qui sont en bas sont passes par une agence de voyage, et ont paye la plupart du temps 15 euros, ou plus, pour des places si pourries que les agences ont du les acheter 5 ou 6 euros aupres du bateau. Escrocs un jour, escrocs toujours.

Nous suspectons les conducteurs de tuk-tuk et les agents de voyage de chaque pays d'Asie d'appartenir a une federation internationale, qui se reunit regulierement et reflechit aux nouveaux moyens d'arnaquer et de pourrir et la vie des touristes, et l'image de leurs pays respectifs.

Le pauvre Josh est en bas, et nous le verrons peu du voyage. En effet il s'endort a peine le bateau parti. Entre le bruit et les gens qui vous marchent sur les pieds en allant aux toilettes, la nuit n'est pas des plus sereines, mais il faut s'y faire! Nous finissons par nous endormir, mais nous sommes reveilles assez tot, car le bateau a la bonne idee d'arriver en avance.

Il est 5h00 du matin et nous avons l'impression d'evoluer dans une melasse particulierement epaisse. L'habituel ballet des conducteurs de taxis et de gros tuk-tuk collectifs recommence, avec forces supplications de la part des chauffeurs: "montez dans mon taxi, par pitie". Nous petit-dejeunons sur ce quai desert d'une ville deserte : l'impression est douce et surreelle, au point que les Thais qui nous croisent pendant leur jogging quotidien bloquent un peu.

En marchant jusqu'a la gare routiere de Surat Thani, nous croisons une bonne trentaine de vieillards qui font leur gym tonic sur le quai, guides par une pretresse autoritaire. J'avais deja beaucoup vu dans les films asiatiques ces grands rassemblements de gymnastique urbaine, mais nous nous levions toujours trop tard pour en etre les temoins. C'est impressionnant !


Vous avez dit agence de voyage ?

Nous arrivons a la gare routiere, mais elle parait si endormie que nous commettons une grossiere erreur : nous achetons un ticket a la premiere femme qui nous propose un mini-bus. Les prix sont les vrais, donc nous ne nous mefions pas. Nous devons deja patienter une heure avant l'heure supposee d'arrivee du bus. Au bout d'une bonne heure, toujours rien. Je demande ou est le bus, avec de plus en plus d'insistance. On finit par nous faire traverser la gare. De l'autre cote du marche qui en constitue le coeur, une trentaine de bus dement l'endormissement de l'endroit ou nous nous trouvions. On nous jette dans un mini-bus, ou nous trouvons nos futurs compagnons de galere : un jeune Francais rigolard et pas stresse (pour une fois), une jeune Espagnole aux traits tires et un Anglais d'un certain age.

Une fois dans le mini-bus, notre mauvais pressentiment se confirme : le Francais nous explique qu'ils viennent de Bangkok, et qu'ils ont ete trimballes de bus en bus toute la nuit, devant en changer sans arret, avec de la nourriture soit-disant deja payee qui n'etait plus gratuite, des mini-bus inconfortables etc. En tout ils mettrons 17 heures a atteindre Phuket, alors qu'un bus local met 11h. Ils sont a bouts de nerfs, surtout l'Espagnole, d'autant plus qu'ils ont allonge une grande quantite d'argent. Escrocs un jour, escrocs toujours.

Escrocs toujours, adage qui se verifie instantanement. Apres avoir passe 10 minutes a caler tous les bagages dans le van, le chauffeur nous fait faire 300 metres, puis nous arrete devant une autre agence de voyage : tout le monde doit descendre, nous allons attendre un autre van. Les autres passagers sont effondres, nous assez enerves. La gare routiere est encore tres proche, avec ses bus geres de maniere convenable, mais nous doutons de la possibilite de nous faire rembourser notre ticket aupres de la grosse matrone qui nous l'a vendu. Et surtout, on serait bien emmerdes si, en allant nous plaindre a la gare routiere, notre van passait et partait sans nous!

Perdre la face ?

Un peu echauffes, mais decides a rester calmes, nous demandons aux employes de l'agence, ou attendent l'air morne une dizaine de touristes arnaques, certains depuis quelques heures deja, nous demandons donc aux employes, quand va vraiment partir notre bus. Quasiment tous font mine qu'ils ne savent pas parler anglais (mon c...), finalement un grand epais semble bredouiller de l'anglais. Aglae lui montre notre ticket fermement : "When is our bus ? on our ticket it's written 7h30 ! you have to tell me !". Le type dit qu'il ne sait pas, tres stresse. Aglae insiste calmement mais toujours aussi fermement.

La, le type reagit de maniere completement hysterique. Alors que personne ne parlait vraiment fort, il se met a pousser des glapissements, qui tres vite se transforment en hurlements. Il tonne "I don't know, me no boss, me employee, no driver, I don't know, no driver !". Je vous livre pele-mele un discours qui fut en realite fort entrecoupe d'interjections thais et de gloubiglouba vaguement anglais. Au debut nous tentons de lui parler et d'obtenir nos reponses, mais tres rapidement il apparait que le type ne joue peut-etre pas, et qu'il est reellement hysterique.

Nous tentons de le calmer. A quelques metres, le Francais rigolard le regarde en souriant : "peace, man!". Et la, nous trouvons la solution ultime, celle qui fait ouvrir toutes les portes dans un pays ou perdre la face est l'horreur absolue : nous nous foutons de sa gueule ! Grand sourire de ma part, bientot suivi par Aglae, nous le regardons en riant a moitie et en parlant francais : "eh calme toi, mec, t'es tout rouge, la, tu vas faire une crise cardiaque". La ou un Francais se serait encore plus enerve, notre type se calme d'un coup, et va se terrer au fond du magasin, humilie.

Dix minutes apres, et alors que je m'appretais a repartir vers la gare routiere et tenter le remboursement du billet, le fou hysterique, celui-la meme qui nous avait repete "I am no driver" nous annonce qu'il est conducteur de van, et que c'est lui qui nous amenera a Phuket. Il est absolument calme, souriant, rigolard; on ne percoit meme pas l'ombre du type qui bondissait en vociferant dans son agence de voyage. Nous sommes une dizaine a monter dans le van, qui nous attendait (depuis combien de temps ?) juste derriere la maison : le Francais, l'Espagnole, le vieil homme, et 6 tres jeunes Anglais, probablement de 18-19 ans, d'une gentillesse etonnante.

(petit detour par la case linguistique : j'ai beau parler un plutot bon anglais, et surtout plutot bien le comprendre, j'avoue que capter ce que peuvent raconter de jeunes Anglais de province est une tache bien au-dessus de mes capacites : s'ils comprennent ce que l'on dit, leur patois semble etre une autre langue, a part)


Derniere etape thai

Le trajet avec Dr. Jekyll est plutot rapide. Il conduit vite mais bien, et nos craintes qu'il se comporte en voiture comme dans la vie sont vite effacees. Au bout de 4 heures nous arrivons a Phuket, qui est une plutot grande ile : plus de 50 km de diametre, et nous ne verrons jamais un bout de plage. Enfin, quand je dis "nous arrivons a Phuket"... Notre destination etait Phuket Town, ou nous avions prevu de passer quelques heures a manger et a ecrire notre blog, avant de repartir vers l'aeroport. Au bord de ce qui ressemble a une autoroute tendance peripherique, notre type se gare devant une agence de voyage, et nous annonce fierement : "ok, you are in Phuket Town". Malaise. "euh no, we are not ! Go to the bus station, it's inside the city". Trois jolies jeunes femmes toutes appretees sortent de l'agence avec des "please", des "good morning" et des "can I Help you?" plein la bouche.

Bien decides a etre les-Francais-raleurs, nous declenchons un mini-scandale. Les hotesses sont plutot cooperatives, pas le chauffeur, qui est reparti pour une demi-crise d'hysterie. Bien entendu, nous pouvons prendre un taxi pour rejoindre le centre-ville ! nous disent-ils. Nous sommes aides dans notre scandale par le vieil anglais, qui a choisi une strategie pernicieuse, et qui fonctionnera a merveille : pendant les 4 heures du voyage il a discute, bavarde, fait copain-copain avec le conducteur du mini-van, qui se plaint en permanence que les touristes sont insupportables (etonnant qu'ils ralent quand on tente tous les jours de les arnaquer). Pris entre notre colere froide et la gentillesse amadouante du vieil homme, le chauffeur craque, et nous amene a la station de bus. Nouvelle victoire, d'autant plus importante qu'a peine le van redemarre, nous apercevons un panneau indicateur : "Phuket Town, 5km" !

Les jeunes Anglais, pas tres debrouillards, nous remercient et s'en vont. Le chauffeur, apres avoir rale tout seul pendant 15 minutes, repart tout content : il a negocie des dollars supplementaires pour amener les 3 passagers restants jusqu'a une autre plage.

Pou-couette, internette

Phuket Town est une petite ville tres developpee, avec beaucoup de commerces tenus par des Chinois, descendants des colons commercants venus de Chine au XVIIIe siecle, mais ne presente pas un interet fou. L'essentiel sera de se tenir loin du soleil d'une violence rare, d'envoyer 27 cartes postales, de manger et d'ecrire sur notre blog.

A ce titre, les cyber-cafes en Asie comme celui ou nous sommes alles a Phuket, en tout cas ceux ou se retrouvent les locaux, sont generalement baignes dans une ambiance delirante. S'y retrouvent des dizaines d'adolescents coleriques, autour de jeux en reseau. Et qu'on se trouve au Laos, au Cambodge, en Thailande ou au Vietnam, ce sont partout les memes hurlements dechaines, les memes cris de joie ou de fureur, les memes roulades par terre. Hier encore, a Hanoi, un jeune garcon dement tentait de reparer sa souris deficiente en la frappant de toutes ses forces sur la table, produisant des craquements terrifiants : la gerante du cyber, casque sur les oreilles, jouait aussi a des jeux en reseau et n'a pas le moins du monde reagi a ces destructions de materiel. En tout cas impossible d'y trouver beaucoup de paix, sans parler des garcons curieux qui viennent lire nos mails par-dessus notre epaule (ils n'y comprennent bien sur rien, mais ca les passionne).

Retour a la civilisation

Apres un bus interminable, nous rejoignons l'aeroport de Phuket, et nous envolons vers Singapour. Changement d'ambiance : le metro etant ferme, nous prenons un taxi. Nous nous attendons a etre arnaques, depouilles, nous anticipons les detours infames, les surtaxes inattendues, les compteurs trafiques. Tu parles ! La course ne coute quasiment rien et surtout le chauffeur s'improvise guide de Singapour : tout le long du chemin il nous detaille le fonctionnement de l'immobilier dans l'ile ("les Singapouriens ont droit a des HLM dans cette partie de la ville"), et les trucs et astuces culinaires ("si vous voulez manger pas cher c'est la, par contre ici c'est plus cher mais meilleur"). Il s'excusera meme de la brievete de la course: il aurait aime nous donner plus d'informations sur sa ville!

Plus fou encore : cette gentillesse etait purement gratuite : il nous depose devant chez Adeline mais n'attend rien, ne nous poursuit pas pour que nous fassions appel a lui le lendemain... et nous dit meme de prendre le metro, pas cher et tres propre! Fou.

Nous faisons nos retrouvailles avec Adeline. Elle habite dans un condominium grand luxe, piscine a l'appui, un peu comme Benjamin et Marie a Bangkok. Nous nous jetons dans ses bras et dans la douche : cela fait bien 36 heures que nous ne nous sommes pas douches, alors que nous nous sommes baignes dans la mer entretemps. La douche, un peu chaude, est un delice de luxe. Mieux, nous serrons dans nos bras la machine a laver : cela fait deux jours qu'on survit avec les derniers slips propres retrouves au fond du sac - quand aux T-shirts, ils ont durci tellement ils sont crados.

Autant vous dire qu'on a bien dormi.

mardi 24 février 2009

Aeroport (message au present continu)

Un nouveau message d'Aglaé est apparu en dessous de celui-ci, n'oubliez pas de le lire!

Bonjour a tous !
Je vous ecris depuis l'aeroport de Singapour. Incroyable mais vrai, dans l'aeroport Changi - c'est son nom-, mieux meme, dans le BUDGET TERMINAL reserve aux pauvres qui prennent des low-cost, il y a une petite dizaine d'ordinateurs proposant un acces gratuit a Internet. Pour ceux qui ont deja eu l'occasion de constater les prix mirobolants des connexions internet a CDG ou Orly, ou meme Bangkok, c'est a peine croyab'.

L'occasion est donc saisie pour moi de vous donner des nouvelles fraiches de nous, dans la mesure ou le recit de notre blog a maintenant environ 19 jours de retard (la honte). Apres la Thailande qui fut reposante et paradisiaque a souhaits, nous avons passe 4 jours dans le centre commercial sans fin qu'on appelle Singapour, et c'etait fort drole. Aglae n'en finit pas de s'en remettre de sa tourista (c'est a dire qu'elle va mieux mais jamais tout a fait), j'ai encore de beaux coups de soleil de Thailande, et tous deux nous sommes bronzes comme Jean-Paul Belmondo.

Aglae a eu a peu pres trois celebrations de son anniversaire : sur une ile en Thailande autour d'un barracuda grille, au Raffles de Singapour le temps d'un mythique Singapour Sling, et en haut d'une tour de 70 etages qui donnait sur la ville de nuit. La chanceuse, me direz-vous.

Quant a Marius, il va bien, mais la faillite de notre appareil photo met en peril ses aventures photographiques, sans parler du manque de temps pour vous les poster...

Merci encore pour tous vos commentaires, qui nous font toujours plaisir et souvent rire.

samedi 7 février 2009

Nouvelle frontière

28 février

Toutes les arrivées dans un nouveau pays s'étaient jusqu'ici déroulées plutôt mal : arrivée en Inde en pleine nuit sans hôtel, traversée de la frontière népalaise épique, tous les hôtels pleins à Vientiane... Nous pensions pouvoir échapper à ce qui commençait à ressembler à une fatalité pour notre arrivée au Cambodge.

Cela s'est mieux passé, mais c'était pas la gloire non plus.

Tout d'abord, nous croyions depuis des mois que nous allions pouvoir être logés à Phnom Penh par D.C., ami de longue date, né Français de parents cambodgiens, qui doit y passer un an. Mais, deux jours avant notre départ du Laos, nous apprenons qu'il y a eu mésentente : lui croyait que nous arriverions plus tard ; nous croyions qu'il arriverait dans le pays plus tôt. Toujours est-il que nous sommes arrivés au Cambodge une semaine après son arrivée à lui : il logeait encore chez des cousins cambodgiens éloignés qui parlaient à peine l'anglais, et ne pouvait nous incruster une semaine après son arrivée chez eux.

Avant même de pénétrer au Cambodge, premier échec, parmi une suite hallucinante de bévues, de malchances et de mauvais choix qui caractériseront notre éprouvant séjour au pays des Khmers.

Agence tous risques
Notre seule possibilité de traverser la frontière était de passer par ces ignobles "agences de voyage" qui poussent comme des champignons dans tous les endroits où passent les touristes, et qui balisent notre chemin depuis que nous avons atteint l'Inde du Nord. Dans ces agences, qui font aussi souvent office d'hôtel, d'épicerie, de blanchisserie ou de cyber-café, on peut acheter des tickets de bus, de train ou d'avion, faire les visas, préparer des excursions un peu partout dans la région, réserver des tuk-tuk... Bref, hormis pour les tours organisés, il s'agit de tout faire à la place du touriste, moyennant commission dont le montant n'est jamais su (le principe est que le touriste ne saura JAMAIS le réel prix du bus ou du train), et la plupart du temps il s'agit de remplacer le touriste pour des choses qu'il aurait pu faire lui-même.

Pire, il arrive extrêmement souvent que ces services soient plus ou moins des arnaques : combien de fois, en Inde surtout mais aussi ailleurs, avons-nous été mis en garde par nos guides contre les réservations de tickets par ces agences, où souvent on finit dans un bus miteux, un train pour la mauvaise direction, quand ce n'est pas tout simplement de faux billets qui vous sont remis : après tout, dans la mesure où les routards bougent sans cesse et ne reviennent jamais sur leurs pas, ils ne viendront jamais se plaindre, non ?

C'est donc avec une certaine circonspection que nous nous sommes adressés à ces agences pour passer la frontière, mais hélàs, sur une île perdue au milieu du Mékong, y a-t-il vraiment moyen de faire autrement ? Après avoir éliminé toutes les agences qui n'arrivaient pas à nous dire clairement s'ils allaient nous attendre pendant le passage de la frontière, nous réservons un billet pour Stung Treng, première ville cambodgienne après la frontière, car notre guide nous indique que les bus cambodgiens sont peu chers et plus rapides.

Au matin du départ, nous nous débarrassons de nos derniers kips, puis allons au point de RDV. Là, les touristes sont parqués comme des moutons, on les agglutine dans de frêles barques, puis on les fait remplir des minibus en chaleur. Rapide trajet jusqu'à la frontière, le temps de faire ses adieux au Laos, mentalement j'entends.

One dollaaa
La frontière cambodgienne, nous nous y étions préparés, est l'occasion pour nous de la première rencontre du voyage avec la corruption. En effet, si on considère une frontière entre deux pays plus ou moins communistes, et qu'on ajoute aussi que la frontière, paumée comme pas possible dans la forêt, consiste en deux baraques et un restaurant, il est difficile de s'attendre à beaucoup de probité de la part des fonctionnaires de la frontière.

Conformément à notre Lonely Planet, chaque fonctionnaire à qui nous avons affaire nous demandera posément, naturellement, de lui donner un dollar. Pour un peu, ils allaient afficher un panneau Bakshish 1 dollar. Un dollar pour le tampon de sortie du Laos, un dollar discrètement ajouté au coût du visa cambodgien à la frontière (21 dollars annoncé au lieu de 20), puis enfin un dernier dollar pour faire tamponner son nouveau visa cambodgien, deux mètres plus loin : chaque billet finit son vol dans de grandes valises ouvertes aux quatres vents.

Merveilles du communisme 21e siècle. Un des officiers cambodgiens avait d'ailleurs acquis un don singulier et fort utile, puisqu'il semblait savoir dire "donnez un dollar" dans toutes les langues de la planète. Ca le faisait sourire, le gars...

Pauses sponsorisées, cours du ticket de bus en chute
Dès que nous quittons officiellement le Laos, un roquet vient à notre rencontre. Petite mèche, sourire faux, lunettes d'intellectuel nazi, accent américain de contrefaçon, ce Cambodgien a tout pour plaire, et fera tout pour confirmer cette première impression : il saute sur nous et nous demande notre destination.

- Stung Treng
- Ah and what are your plaaaaaans after ? You want to go to Phnom Penh, maybe ? Or Siem Reap ?
L
'homme a une voix mielleuse de serpent lascif, et nous sentons l'entourloupe arriver à grands pas.

- Ah you go to Phom Penh ? Take our bus, very cheap, 15$
- No no we want to take a local bus
- oh there is no bus in the afternoon, only in the morning, you will have to spend the night in Stung Treng, boring city.

Nous envoyons promener le type à coups de "on verra", un peu inquiets tout de même de la possibilité qu'il dise vrai, tout en étant sûr qu'il est là pour vendre sa came. D'autant qu'il ressert le même discours à tous ceux qui n'ont pas déjà payé leur 15 dollars supplementaires pour Phnom Penh. Son insistance lourde confirme nos craintes.

Douce France
Nous montons dans un confortable mini-van pendant que les autres touristes s'entassent dans un vieux bus pour la capitale. Nous y faisons la rencontre de 4 Français, deux couples pour être précis, fin trentaine, bourgeois aisés de province. Elles sont diplômées mais ne travaillent pas, l'argent de leurs maris (l'un est pilote de ligne, l'autre psychiatre) leur suffisant largement pour survivre aux horreurs du quotidien. Ironie mise à part, ils sont adorables et la conversation va bon train. Le psychiatre me parle sans arrêt, d'une voix précipitée, en bouffant tous ses mots, au point que je me demande s'il vient de trouver un sujet d'étude, ou bien si c'est lui qui doit se faire soigner, mais les autres sont rassurants de normalité.

Et surtout, ils sont Français, et ça se voit, à un point inimaginable. Ils sont déjà en train de râler sur tout, et la suite va les déchaîner. Nous arrivons enfin à Stung Treng, enfin presque : alors que nous espérions ardemment la station de bus, nous arrivons devant un restaurant où une cinquantaine de touristes aux yeux froncés par l'énervement et l'attente dégustent des plats hors-de-prix. Variation cambodgienne du restaurant "ami" devant lequel se pose le bus : on pose les touristes loin de tout, ils ont faim, ne savent pas où trouver d'autre bus ou au moins un restaurant, ils sont captifs, on peut donc les détrousser allègrement.

Dès notre arrivée, un homme se précipite de nulle part à notre fenêtre, et nous demande où nous allons. Les Français vont à Kratie, sur le chemin de Phnom Penh. Le type nous raconte une histoire drôle : "j'ai un bus, pas celui de cette compagnie, un bus à moi, moins cher, je vous emmène à Kratie ou Phnom Penh". Pour la capitale, le prix est de 8$, la moitié presque du prix précédent. Le type nous dit que le bus arrive, on verra ça va être super. Au bout de quelques minutes, nous lui demandons quel est son bus, il nous montre celui bondé de touristes, qui était déjà à la frontière. Franche rigolade de notre part : en 30 minutes, les prix ont été divisés par deux. Le type ne cache plus son subterfuge, et va discuter avec le sosie d'Adolf Hitler cambodgien à lunettes. Nous acceptons d'aller jusqu'à Kratie avec les Français, qui insistent pour avoir un minibus à eux plutôt que le bus qui, de toute façon, est plein comme un oeuf.

Wait wait wait
Le monsieur nous dit d'attendre. Attendre quoi ? Personne ne veut manger dans ce restaurant qui sent l'arnaque et le poisson congelé. Silence gêné d'Adolf, puis Les autres passagers ! Nous lui montrons que nous sommes tous là. Nous attendons le chauffeur. Nous retrouvons ce dernier en train de ronfler sur sa table. Les Français, décidés à bien représenter la réputation nationale de gros râleurs, font un scandale, et le minibus repart.

Premiers contacts
Quelques heures passent, à rouler au milieu d'une plate campagne plutôt verte. Affleurent sur la route des milliers de portraits des 3 dirigeants du Parti Communiste, qui partagent la tête du pays avec les Royalistes, et partout des panneaux indiquant que telle maison ou tel quartier est fidèle soit au Parti du Peuple Cambodgien (communistes), soit au FUNCINPEC (royalistes), soit au Sam Rainsy Parti (seule véritable opposition démocratique, assez puissante cependant). Nous atteignons enfin Kratie, petite ville calme, où nous retrouvons l'inénarrable bus pour Phnom Penh, encore une fois stationné devant une guest-house amie, qui comme par hasard sert aussi des repas et des boissons. Nous fonçons à la "station de bus" du coin, pour remarquer que le Hitler cambodgien n'avait pas tort : aucun bus ne part plus vers PP, à part des taxis collectifs et des minivans. Autant reprendre le bus. La chaleur nous étrangle tellement que nous cédons à l'appel du restaurant ami, et prenons un coca et une délicieuse noix de coco fraîche.

Nous payons le ticket, un peu déçus que le prix du voyage n'ait pas encore une fois été divisé par deux, et nous asseyons au milieu des autres touristes : nous avons changé 3 fois de bus, pas mal négocié, mais nous avons gardé notre indépendance et surtout payé le vrai prix, à la cambodgienne. Pour une fois, nous n'avons pas (trop) fait n'importe quoi !

Sombre capitale
Ce qui ne change pas, par contre, c'est notre aptitude à arriver de nuit dans chaque capitale. Après un très long trajet assez ennuyeux, mais miraculeusement vierge de tout karaoké, notre bus nous dépose.... allez devinez !

Devant une guesthouse-restaurant amie, très loin de la station de bus qui jouxtait les quartiers des pensions pour budgets modestes

(
vous voyez c'était pas dur hein?)

Râlerie inefficace, le personnel du bus, toujours aussi aimable, nous informant de la possibilité de faire appel aux services de leurs amis les tuk-tuks, ceux-ci nous attendant déjà, sourire carnassier aux lèvres. Et si nous ne voulons pas prendre de tuk-tuk, quel hasard, il y a une guest house JUSTE LA, avec des chambres presque pas ruineuses.

Nous fulminons, prenons nos sacs. Aglaé est passablement énervée contre ces gens, et force est de remarquer que pour l'instant tous ceux que nous avons rencontré qui sont liés de près ou de loin au passage des frontières sont de beaux filous.

dimanche 25 janvier 2009

Motorcycle Diaries - Day 2

24 janvier
Récit d'une journée franchement difficile

Debut de journée epuisant : nous nous levons a l'aube pour nous tremper au Soleil levant dans une piscine naturelle en haut des cascades. L'eau est fraiche et douche, mon Dieu quelle horreur dans quel monde vivons-nous mais où se cache donc le bonheur ?

Puis, nous redescendons prendre un petit-déjeuner horrible, constitué de tranches de baguettes croustillantes, d'oeufs vraiment frais passes a la casserole, et de milk-shake à la coco. La mamie qui s'occupe du restaurant, adorable et souriante, nous epuise avec ses rires et ses attentions. Je suis au bord des larmes, Aglae semble en proie à une dépression profonde. Puis, nous nous trainons lamentablement au Tadlo Lodge, établissement chichiteux où nous attend... quoi encore ? une promenade en elephant (savent plus quoi inventer, hein).

Bon, c'est vrai que, en se forcant, à bien y considerer, la promenade en éléphant c'était vachement trop cool top bien. Nous sommes montes sur un "petit" elephant d'Asie, bien cales sur une espece de petit canapé de fortune, et le cornac, aussi disert qu'une porte de prison mal réveillée, a guidé l'énorme bete a travers la jongle. Il faut savoir que ces cornacs guident les néléphants en leur frottant l'arriere de leurs immenses oreilles avec les orteils. Allez savoir pourquoi, ca fait avancer l'elephant.

Une fois sur le dos des betes, il est assez frappant de voir a quel point tous les reperes changent. La tendance a peter plus haut que les fesses du pachyderme augmente avec l'altitude, et j'avoue avoir eu l'impression qu'on etait des maharadjas!

L'elephant lui-meme est sacrement impressionnant : vous avez beau toucher sa peau, impossible de croire qu'un etre vivant se cache dessous. Le cuir est si epais qu'on pourrait y enfoncer des couteaux suisses, que le nelephant ne le sentirait point. L'armée de petits poils dresses sur sa tete nous a par ailleurs poussé a croire, a tort vraisemblablement, que notre bete était un ancien punk.

Hannibal de poche
Foin de blagues, je peux vous dire qu'on rigolait moins une fois sur la Bete. Quand on l'a vu traverser des rivieres au-dessus des cascades, monter ou descendre des chemins a pics, passer sans glisser sur d'enormes rocs trempes (les memes ou Aglae se cassait allègrement la gueule la veille au soir), sans avoir l'air le moins du monde de perdre son equilibre, nous avions du mal a en croire nos petits yeux chafouins. A un moment donné, je me suis senti tel Hannibal traversant les Alpes pour marcher sur Rome. Le cornac, toujours aussi sympathique, s'est endormi sur l'éléphant pendant que nous admirions le paysage. A un moment, il semble qu'il se soit reveillé le temps de s'accrocher à notre siege (lors d'une descente particulierement flippante), puis il s'est rendormi !


Cela dit, faire une promenade de 1h30 en éléphant est génial, mais je plains ceux qui font des treks ou carrément qui ont traversé les Alpes : il s'agit véritablement du 4X4 des animaux, passant partout, mais a une vitesse desespérément lente.


Tout Lao sur la colline
Nous décidons de reprendre un moyen de transport rapide et polluant, et remontons dare-dare sur notre moto. Juste le temps de rencontrer a la réception de l'hotel la femme qui a inspiré le début de ce post : nous croisons une Francaise de la soixantaine, grosse et grasse, transpirante, en train de demander les prix des bungalowz d'un air fatigué. Gentiment, nous lui disons que nos bungalows en bois sont vraiment charmants, qu'ils sont situés dans un joli jardin, et qu'elle devrait y aller. Sans nous remercier du conseil, elle commence a entamer une crise de nerfs :

- Oui mais c'est tellement cheeeeeeeeeeeeeer !
- .... (
silence masquant l'envie de repondre "oui mais 5 euros pour un bungalow devant une cascade c'est pas beaucoup")
- La je n'en peux plus, parce que vous voyez, je voyage seuuuuuuuuuuuuuule, et lá, ils commencent a me FATIGUER!

A nouveau, nous sommes particulierement enchantés de voir l'humeur dans laquelle nous trouvons nos compatriotes dans un pays où les gens sont si charmants... La femme s'en va, sans un sourire pour nous, vive la France !

Onne zi Rhodes heugaine
Bang bang nous voila repartis sur notre petaradante 100cc. Peu de temps apres, nous avons l'occasion de constater que, si le pays et ses infrastructures routieres se développent avec la rapidite d'une flèche, la route que nous devons prendre pour 25 km est toujours aussi pourrie qu'à l'époque de la rédaction du Lonely Planet : nids-de-grosses-poules-bien-grasses, raz-de-maree de poussière au passage des camions, gros cailloux dangereux pour notre équilibre et petits cailloux vicelards pour les pneus. Nous nous relayons souvent, mais la route, qui monte beaucoup, parait longue, très longue. In fine, nous debouchons à nouveau sur une belle route : vive la civilisation !

Et surtout, miracle, nous n'avons pas crevé, alors que nous avions parié que ca nous arriverait.


Grah-Meh sait faire un bon Kah-Feh
Cette route, qui montait au point que notre scooter lancait souvent de longues plaintes douloureuses, nous a amené sur le Plateau des Boloven. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce plateau ne se situe pas en Hollande, mais bien dans le Sud du Laos ; c'est là qu'y pousse une très forte production d' Arabica Typica, ou quelque chose comme ca, considere comme le meilleur café du monde - les colons francais l'appelaient le Champagne des Cafés.

Et c'est vrai que ce café, avec lequel nous nous saoulons depuis notre arrivée dans le pays (notamment a coups de rafraichissants kah-feh lao glacés), est particulièrement fort et gouteux!

Quant au Plateau lui-meme, symbolisé par sa ville principale, Paksong, dans laquelle nous passons la nuit, il n'est pas particulièrement adapté au tourisme : peu de pensions, très peu de restaurants, aucun magasin, et surtout, AUCUN CAFÉ !!!! Nous sommes dans la capitale Asiatique du café, et aucun petit magasin ne propose de déguster du café... Nous tentons d'abord une échoppe d'un petit producteur hollandais, mais il n'est pas là, et nous rencontrons à la place sa femme, assez allumée, qui prendra Aglaé dans ses bras (!), avant d'essayer de nous vendre un kilo de café en grains. Nous refusons poliment, Aglaé se dégage de son étreinte.

Nous essayons enfin un petit bouge-restaurant. Là, à coté de la patronne qui berce son bébé devant 3 gigantesques enceintes qui crachent de la pop thaie à plein volume (nous nous bouchons les oreilles, l'enfant doit déjà etre sourd), nous dégustons un café glacé si fort, si lacté et si sucré que nous croyons pendant 10 bonnes minutes qu'il s'agit d'un très bon chocolat froid !
(Note d'Aglae: c'est avec joie que j'ai decouvert que le cafe, ca n'etait pas seulement pour se reveiller les matins difficiles ou un pretexte pour prendre une pause a l'EPAMSA, mais qu'il y avait de vrais aromes subtils dedans!)

Après avoir visité Paksong, une ville assez morte, nous traversons quelque chose qui se situe entre la Foire du Trone (les attractions, les morveux, les beignets froids) et le rassemblement des Jeunesses Bouddhiques (des gens en toges oranges qui parlent dans des micros, d'autres assis en face les yeux pleins de dévotion), puis échouons dans un restaurant. Nous commandons la meme chose que les voisins, c'est-à-dire une espèce de barbecue-fondue, dans lequel nous sommes supposés jeter tous les ingredients possibles : laitue, citronelle, menthe, viande, oeufs, nouilles. Parmi les sauces d'accompagnement: des cacahuetes, d'atroces sauces au poisson et du sucre ! L'ensemble, contre toute attente, est plutot bon, et nous ressortons pliés en deux de bonheur et d'estomac tendu.

Nuit tranquille passée entre le bruit de la télé des voisins et le matelas le plus dur de la Création, et nous voilà repartis pour la fin de la Boucle !

Motorcycle Diaries - Day 1

23 janvier

Après Tha Khaek, nous foncons vers Pakse, autre point de départ de routards. Le trajet, plutot ennuyeux étant donné la diversité des paysages (foret, foret, foret), est émaillé de karaoké insupportable. Est-ce mieux que ce bus au Népal, dont nous avions oublié de vous parler, où un jeune homme mettait un point d'honneur a écouter ses sonneries de portable en boucle (il semblait les adorer) ? Difficile de trancher...

On the road again

Apres notre premier essai enthousiasmant - malgré des égratignures pour tous et deux bleux géants et violets fluos pour moi, nous larguons enfin nos gros sacs à dos (a l'hotel) pour partir à l'aventure en moto. Notre projet est de parcourir un bout de la Boucle Sud proposée par le Guide, soit 3 jours de voyage au lieu de 6. Mais voila, il faut d'abord trouver une moto! La premiere qu'on essaie de nous refiler a du scotch partout, mais surtout un compteur qui ne marche pas : impossible de savoir à quelle vitesse on roule, ou si le reservoir est plein ou vide... L'importance de ces détails pour un voyage de 3 jours nous pousse a courir chez le loueur suivant. Nous y trouvons une jolie petite moto rouge qui ne va pas trop vite (100cc) et l'adoptons sur le champ.

Charly prend le guidon, je m'accroche à lui (a moitie rassuree car mes bleux me rappellent avec insistance son art incomparable pour prendre les virages en douceur), et vroumm... c'est parti!

La route file droit vers l'est, toute bien goudronnee, et tres vite nous sommes hors de la ville avec un paysage sauvage se déroulant devant nous. Une voiture nous depasse tous les quarts d'heure, nous croisons une moto toutes les 10mn, Charly ne fait plus de zig-zags inexpliqués... Au bout de 10km, je me dis qu'on a bien fait de suivre les conseils de notre cher Lonely Planet nous expliquant que le Laos etait le pays d'Asie où on pouvait vraiment faire de la moto tranquillement.


Nous nous relayons au guidon, dejeunons dans un petit boui-boui au bord de la route. Charly doit se resoudre a aller montrer dans la cuisine ce qu'on veut manger, car les quelques mots qu'il tente en Lao restent sans effets. Apres 80km des plus agréables, nous obliquons sur une petite piste en terre. Et au bout de la piste, c'est:

Le Paradis!

Le petit village de Tat Lo, completement perdu au milieu de la foret, est un havre de paix, rafraichi par des cascades chantonnantes. En moins de 5mn, nous trouvons un toit de reve pour une somme ridicule: un petit bungalow en bambou et en osier, au milieu d'un jardin luxuriant habité d'énormes papillons bleus, tout près de la riviere et avec le bruit de la cascade comme berceuse!

Nous continuons dans la lignée "jardin d'Eden" en allant nous baigner dans la riviere au pied de la cascade. Absolument divin pour deux motards poussiereux et suants!

Suivant l'exemple des enfants du coin, nous remontons le long de la riviere en bondissant de rocher en rocher pour atteindre une autre cascade en amont. Elle est gigantesque, cette fois plus assourdissante que chantonnante... et au sommet, perchés sur des rochers glissants. entoures de rapides... des enfants qui pechent a la ligne. Ce ne sont que des ombres chinoises sur fond de trombes d'eau qui s'écrasent 20m plus bas.

Nous rentrons par la foret, et soudain surgit des fossés, presque silencieusement, un elephant avec deux cornacs sur son dos. L'un deux lui dit des mots mysterieux et il s'allonge souplement pour les laisser descendre. Puis ils disparaissent dans la foret, toujours silencieusement. Cette breve rencontre nous rappelle que nous allons faire une promenade a dos d'éléphant le lendemain... nous sommes si impatients!

Coucher du soleil vertigineux

Nous reprenons le guidon pour aller voir une derniere cascade, tout au bout de petites routes poussiereuses et desertes. La lumiere déclinante est superbe et la cascade, vertigineuse. On arrive par le haut et en se penchant (CMA : prudemment) on ne voit meme pas où l'eau s'ecrase. Des enfants vraiment marrants nous accompagnent, et Charly parvient meme a echanger quelques mots en Lao avec eux! Je glisse lamentablement sur des rochers vaseux (CMA: heureusement loin du precipice), ce qui ajoute quelques bleux de plus a mon palmares éblouissant.

Evidemment, les enfants gentils se transforment en enfants mendiants à notre depart, et veulent etre rétribués en tant que guides. Nous leur donnons des gateaux, un peu blases. Nous nous depechons sur la route du retour pour arriver avant la nuit noire (mission presque reussie).

Le soir resto sympa assis a cote de Québecquois (decidement les francophones nous poursuivent au Laos) avec en fond le film le plus absurde de tous les temps (Voyage au centre de la terre, un vrai navet hollywoodien avec des acteurs moches, des effets spéciaux moches et des dinosaures tout aussi moches).

Nous nous endormons bercés par la cascade... Demain a nous les éléphants!

jeudi 22 janvier 2009

Tha Kaek - Not easy riders

SPOILER UNIQUEMENT DESTINE AU CLUB DES MAMANS AFFOLEES (ci-apres nomme CMA)
Les autres lecteurs doivent sauter le paragraphe suivant sous peine d'un manque de suspense deprimant

Cher club des mamans affolees,
Nous vous avons ecoutees, nous vous avons comprises.
Malgre tout, nous avons decide de louer un scooter au Laos. Nous entendons deja vos hurlements de rage, MAIS:
-si nous sommes en train d'ecrire ce blog, c'est que tout va bien!
-nous avons fait un test d'une journee avant de faire une boucle de 3 jours
-nous avons lu 10 fois l'encadre "moto" du guide et suivi tous les conseils scupuleusement
-il n'y a pas de circulation au Laos, vraiment pas de tout et les gens sont prudents (rien a voir avec les fous du volant indiens)
-les routes sont globalement neuves
-nous avons mis casques, pantalons et chemises manches longues, emporte trousse de premiers secours et coordonnees de l'assistance medicale
-il y a des reparateurs tous les 2km
-nous avons loue la moto la plus lente possible (un scooter a 3 vitesses et 100cc)
-nous n'avons JAMAIS depasse 50km/h en ligne droite et 40km/h dans les virages
-nous avons ete super concentres sur la route, tout le temps

Pardonnez-nous mais c'etait inoubliable!

Aglae



Tha Khaek, donc, le 21 janvier.

Apres avoir scrupuleusement lu le Lonely Planet Laos, Aglae etant au bord de l'avoir appris par coeur - elle a meme dessine de nouvelles cartes de la region, dans les pages blanches de la fin - nous comprenons un fait essentiel : Tha Khaek n'offre aucun autre interet qu'etre une agreable ville endormie le long du Mekong, petit bars sur le fleuve a l'appui...

... a part si on explore ses environs, constitues d'immenses formations karstiques, de multiples grottes, de paysages incroyables, etc. Et le seul moyen de les explorer, c'est soit de depenser 100 euros par jour en tuk tuk, soit de louer leurs motorbikes, qui sont en realite des scooters a vitesses (110 cc).

Decision est donc prise, la veille, en mangeant du porc grille dans un improbable restaurant-chalet perdu dans un terrain vague, tenu par une tout aussi improbable Vietnamienne en mini-short, decision est donc prise, disais-je, de louer un scooter, a condition de les essayer, et de voir si c'est facile a manipuler.

Notre guesthouse a tout du Lodge de safari : des routards aux cheveux mi-longs, professeurs d'anglais en Chine ou regisseurs de cinema en conge d'intermittents (qui a ete maitre du temps dans Fort-Boyard!!!), se regroupent le soir aupres d'un feu, jouent de la guitare et parlent de la Boucle du Centre. La Boucle du Centre est un mythique tour de 5 ou 6 jours, dans la region de Tha Khaek, ou on s'arrete dans des petits villages autour d'une zone protegee. Nous ne la ferons pas, par manque de temps et d'experience pour ce genre de folies.

L'ambience est donc chouette, malgre des chambres archi-sommaires et pas gratuites, et surtout un eloignement terrible du centre-ville, du Mekong et de ses grillades et boulangeries.

Motorcycle Diaries
Le lendemain matin, nous nous empiffrons d'un petit pot de Nutella importe achete a Vientiane (meilleur moyen de calmer les angoisses d'Aglae vis-a-vis des deux-roues motorises), et rejoignons Monsieur Ku, loueur de scooters affilie a l'hotel. Il nous rassure tres vite, en nous donnant son numero de telephone portable, une carte du coin et des expressions pour se faire comprendre en cas de pepin (nous pouvons maintenant dire "regonflez-moi ce pneu" en lao). Mieux, il m'initie aux arcanes de ces petites machines.

Franchement, un plaisir a conduire. Le passage des vitesses est simple et intuitif, la moto maniable et reactive. Quand Aglae vient poser son lourd popotin derriere moi, l'equilibre est un poil plus instable, mais je suis plus rassure qu'en velo, machine que je hais.

Vaches, motos et bulldozers
Pour rassurer le Club des Mamans Affolees (CMA), il faut savoir que nous avions decide de louer une moto-scooter car ce moyen de locomotion est ideal au Laos, certifie par notre guide de voyage : c'est le pays de la region qui presente la circulation la plus faible possible.

Et en effet, a peine sortis de la "ville" de Tha Khaek, la circulation se rarefie, a un point que nos trajets soporifiques en bus n'avaient qu'a moitie fait comprendre : pendant notre journee de moto, nous avons croise 15 motos, 3 voitures, 4 camions qui refaisaient une portion de la route, et une bonne cinquantaine de vaches traversant paisiblement la route. Cette derniere categorie de vehicules represente donc la plus forte population sur les routes, et un coup de klaxon suffisait la plupart du temps a faire s'activer leurs carcasses.

Au bout de 5 minutes de voyage, nous avons compris que, quoi qu'il arrive, nous ne regretterions pas le voyage : d'immenses falaises karstiques, effilees et uniques, surgissent comme des pitons de la plaine, et encadrent la route. L'impression d'etre dans l'Ouest americain, mais en Asie, nous tenaille, sauf que la route est vide, et que la vegetation a tout recouvert.

Nous partons vite a la recherche d'une premiere grotte, la grotte de l'Elephant, tres sacree, dans laquelle nous trouvons, au milieu de dizaines de bouddha en plastique tout repeint, un vague petit rocher de 5 cm de haut, representant vaguement la tete d'un elephant. Ouah ! Juste le temps de faire semblant de s'extasier et nous sommes repartis, les grottes et sites touristiques etant plus de vagues destinations entre lesquelles moduler de somptueux trajets, que des buts en eux-memes.

Surtout, pour arriver dans ces grottes, nous traversons de tres jolis petits villages, assez pauvres toutefois, ou des gens souriants nous indiquent toujours un endroit a l'ombre ou garer notre moto.

Chute a l'arriere, chute !
En revenant de la grotte de l'Elephant, malediction bouddhique ou vengeance malefique des villageois, je tente un virage assez sec pour revenir sur la route, Aglae n'a que le temps de me dire "va moins vit...", et la moto penche, penche, glisse sur un tas de gravier traitre au bord de la route bitumee, et nous tombons sur le cote. Comme des merdes. Enfin non, comme des merdes lancees au galop, meme si nous n'allions pas non plus tres vite.

Enfin bref, nous tombons sur la route, et en nous relevant, force est de constater que, si rien n'est casse, tout est erafle. Ma chemise trouee montre deja des petites plaies, et une de mes mains est pleine de mechantes eraflures sanglantes. Mais Aglae est dans un pire etat, car, etant derriere, elle m'a protege les jambes avec ses cuisses. Elle se releve rapidement avec des petits cris et des grosses insultes contre ma conduite un poil aventureuse. Elle a de gros bobos un peu partout, mais surtout 3 enormes bleus et de grosses eraflures sur la cuisse.
(Note d'Aglae: Charly n'ayant jamais fait de velo dans son enfance et ne connaissant donc pas les chutes sur gravillons traitres pour cause de virage trop serre, je lui ai, dans mon immense mansuetude, rapidement pardonne!)

Le choc n'etait vraiment pas dangereux, mais le coup au moral est le plus dur a avaler. Il faut remonter sur la moto, qui n'a pas plus fiere allure que nous : la pedale de frein, un peu tordue, s'est rapprochee du repose-pied ; je dois recaler la carcasse en plastique qui s'est un peu desolidarisee, et il y a des ecorchures et de la terre sur tout le cote de la moto.

Au bout d'un long moment de contrition de ma part, et apres avoir nettoye et desinfecte nos plaies (on etait equipes, on avait flaire le coup), nous remontons sur la Bete, prets a la redompter.

Extraordinaire ride a moto
Finalement, la suite s'est mieux passee. Aglae est aussi montee sur la moto, et a elle aussi failli nous envoyer dans le decor, apres un nid-de-poule mal digere - quasi-egalite donc, mais elle a mieux conduit que moi, vu qu'elle n'est pas tombee... Notre confiance a fini par revenir, a la fois celle en nos pouvoirs de conduite, et la confiance en l'autre au guidon. Nous sommes par contre restes toujours extremement prudents, nous empechant de monter a plus de 50 km/h, vu qu'a tout moment une chevre ou une vache pouvait traverser la route!

Quand il fallait rejoindre des grottes enfouies ou inondees, des cours d'eau splendides et autres points d'interet, nous devions malheuresement toujours quitter la belle route pour passer sur des sentiers atroces, accumulant a la suite nids-de-poule (ou de dinosaures, vu la taille), petits graviers traitres, sable et gros cailloux pointus. Nous avons d'ailleurs croise un Francais qui venait de changer une roue, qui avait creve...

Mais lorsque nous rejoignions la grande route, absolument vide, toute neuve, bitumee a la perfection, c'etait un plaisir insondable - a la fois l'impression d'etre des pionniers sur cette route, mais avec le confort du goudron ! Nous avons remercie le Laos de se developper si vite : ils etaient en train de finir la derniere portion de la route lorsque nous sommes passes, il y a un an le chemin ne devait pas etre dans cet etat...

Il faut savoir qu'apres presque deux mois de bus et de trains, la liberte totale que nous offrait la moto nous a fait un bien fou. Enfin ne plus dependre des horaires, du bon vouloir des chauffeurs, de leur habilete a conduire, de leur karaoke, de la gentillesse des voisins ! Enfin, se reperer soi-meme, avec une carte, et se perdre, sans que ce soit la faute de personne d'autre !!!

Nous avons visite quelques sympathiques grottes, et pris un pique-nique un peu stressant (nous etions assaillis de nuees de petites mouches attirees par l'interieur de nos oreilles), mais c'etait surtout le voyage qui nous a marque.

Notre retour, face a un soleil orange, bas sur l'horizon, qui semblait vouloir enflammer la bande de bitume sur laquelle nous semblions presque voler, et le retour sur Tha Kaek, nous a redonne confiance, et nous a fait comprendre qu'en une journee, malgre notre chute, ou peut-etre grace a elle, nous avions appris a maitriser ce petit bolide, et a connaitre ses limites sur les routes les plus pourries du pays.

Lorsque nous nous sommes poses un moment le long du Mekong, a boire quelques boissons fraiches et a manger des brochettes de viande grillee, pendant que le Soleil semblait se coucher sur la Thailande de l'autre cote du large fleuve, nous sentions que nous n'avions plus qu'une seule envie : recommencer !

(NB : en rentrant, il a fallu d'abord passer chez un reparateur de motos -il y en a tous les 100 metres dans un pays ou c'est le moyen de transport de l'immense majorite ; il nous a remis la pedale de frein droite, et il a regraisse une poignee de demarreur qui s'etait grippe, pour 70 centimes d'euros... incroyable!)

(reNB : pour ceux que ca interesse louer une moto au Laos ca coute entre 8 et 10 euros par jour, mouah ah ah)

mardi 20 janvier 2009

Kathmandou-Calcutta-Bangkok-Vientiane

Non ce titre n'est pas le resume de notre voyage de 6 mois, mais bien notre trajet en avions du Nepal jusqu'au Laos, du 12 au 13 janvier. Pas moyen de faire autrement, pas moyen de faire moins cher.


Nous partons donc le matin du 12 de Kathmandou, tres triste de quitter Razeena et sa famille, pas trop tristes de quitter un peuple aussi peu sympathique. Nous depensons nos derniers roupies nepalaises, inchangeables, en chewing-gum, et apprenons avec bonheur qu'il faut payer une taxe d'aeroport pour pouvoir partir. Classique, mais j'avais oublie que ca existait encore dans certains pays.


Ce qui nous enerve vraiment, c'est la file d'attente interminable a l'immigration. Le Nepal doit difficilement laisser partir ses citoyens, parce que le moindre Nepalais restera entre 4 et 8 minutes a l'immigration. Avec 30 personnes dans chaque file, ca rend le tout long - sans parler du fait qu'avant il y avait eu un controle de securite des bagages a l'entree de l'aeroport, controle qui sera repete, en plus fouille, apres l'immigration (tous nos bagages seront fouilles au compte-goutte), puis au moment de monter dans l'avion, cette fois-ci par le personnel de la compagnie indienne, vraisemblablement flippee par les attentats de Mumbai.


Un peu long, et surtout enervant, d'autant qu'il a fallu se battre comme des diables pour que ces messieurs rajoutent dans la cale : nos chaines a velo, hautement dangereuses (histoire qu'on attache pas un velo a la carlingue de l'avion), et surtout notre scotch blanc, vous savez ce scotch pour les enfants, qui se casse tres facilement et qui ne colle pas.


Oui, car vous comprenez, maintenant, les terroristes sont prets a tout pour detourner des avions avec du scotch et des chaines a velo.... Le delire integral.


Retour en Inde, retour dans la crasse

Nous arrivons a Calcutta dans la soiree, ville que nous n'aurons pas le temps de visiter, mais qui a la reputation d'etre encore plus sale et pauvre que les autres villes indiennes. En comparaison avec le Nepal, les gens ont l'air civilises et gentils. A l'immigration, ils ont meme des ordinateurs, ca fait plaisir.


Retour des negociations

Nous echouons dans un hotel cense etre chic d'apres notre guide, le White Palace. En realite, il est evident que l'hotel avait ete chic, il y a cinquante ans. Le batiment art deco est tres drole, mais le manager est une vraie ordure. Il ne nous regarde pas et ne nous dit meme pas bonjour quand nous arrivons, mais nous annonce rapidement, l'air de s'en foutre, qu'il n'y a plus de chambre a 800 roupies, prix que nous avions negocie, et qui etait deja fort, mais qu'il faudra payer 1000 roupies. Et ca recommence, bienvenue en Inde.


Nous obtenons d'avoir le prix promis, pour decouvrir une chambre tout juste correcte, a cote de la reception et du bruit, plutot sale, avec un matelas dur comme du beton. Nous revenons a la charge pour demander des serviettes, qui nous sont accordees avec reticence, puis, vraiment degoutes, nous lui demandons un rabais. Il s'enerve, et nous dit d'aller nous faire foutre, et qu'il n'a en tout cas pas d'autre chambre disponible.


Nous reprenons nos sacs sur le dos, prets a partir de ce bouge... jusqu'a ce que le manager se souvienne que, ah, oui, en y repensant, il avait peut etre une autre chambre pas reservee, mais qu'elle etait plus chere. Nous la visitons, elle est croquignolette, avec une vraie baignoire (la premiere de tout notre sejour), des petits rideaux rouges, et meme une terrasse art-deco. Re-negociation acharnee pour reduire les prix, avec brandissement de Lonely Planet, menace de leur ecrire, tentatives de depart, reduction express de prix, etc. Finalement, nous obtenons un prix raisonnable, et encore, apres avoir passe une demi-heure a marchander.

Nous foncons dans un supermarche tres sympathique (cherie, regarde, des Kit Kat !), sautons dans la baignoire et repartons le lendemain matin pour un nouvel avion vers l'Asie du Sud-Est. Bien entendu, la machine a carte bleue de l'hotel ne marche plus ce matin-la, alors que nous leur avons fait specifier 12 fois, au telephone et a notre arrivee, s'ils acceptaient la carte bleue (aucun interet de changer des roupies indiennes pour moins de 24 heures). Bien entendu, ils veulent nous faire payer le service de taxi a l'aeroport, gratuit la veille. Nous hurlons et tempetons, la machine remarche, le manager est toujours aussi insupportable, en un rien de temps nous voila dans l'aeroport, direction Bangkok.

Bangkok - Vientiane
L'aeroport de Bangkok est un choc : propre, eclaire, du papier toilette dans les toilettes publiques, maman, voila la civilisation !!! Nous avons deja hate de revenir ici, mais patientons 4 heures dans l'aeroport vide et gigantesque, tres classe architecturalement, d'ailleurs, avant de reprendre notre vol d'apres. Avec deux dollars trouves au fond de ma poche nous achetons de delicieux chocolats, en poussant des petits gemissements orgasmiques : vive l'Occidentalisation !

Nouveau vol : nous commencons a en avoir un peu marre des avions et des demonstrations de securite, d'autant que mon rhume me donne assez mal aux oreilles pendant les descentes. Comme le vol est court, les hotesses de Thai Airways passent en courant, en jettant des plateaux repas tout faits, puis repassent, toujours en courant, avec des theieres pleines de the, vociferant "tea tea tea tea". Effectivement, le repas a peine termine, nous nous posons en Republique Democratique Populaire du Laos. Nous arrivons dans la capitale, Vientiane, vers 22 heures, et tout semble etrangement vide...

mercredi 17 décembre 2008

Speed 3 / Conduire en Inde

Que ce soit avec les rickshaws, les bus, les taxis, la conduite en Inde a toujours ete quelque chose d'etonnant, toujours a la lisiere de la terreur et de la stupeur.

Certes, ils conduisent a gauche, comme ces barbares d'anglais, mais il y a pire. A premiere vue, il n'y a apparemment aucune regle de circulation, aucun code de la route a respecter. Parfois quelques panneaux STOP semblent de derisoires epouvantails dans cet enfer du bitume : c'est-a-dire que tout le monde s'en fout.

Au bout de quelques jours se degagent quelques regles simples, qui sont les seules et qui permettent de se sentir relativement en securite sur les routes - il y a enormement moins d'accidents qu'on ne l'aurait cru, et ce meme si la plupart des villes ne disposent pas de trottoir, et que les pietons sont tous sur la route. Ces regles sont simples :

1) Le klaxon sert a tout. Indiquer qu'on va depasser, indiquer au depassant que quelqu'un arrive en face, faire fuir les vaches sur la route (il y en a beaucoup), avertir les pietons qu'on arrive (pas les faire peur, juste leur dire JE SUIS LA), montrer qu'on existe. En montagne notamment, notre bus semblait avoir des communications etranges. Deux coups de klaxons signifient "je peux depasser ?", ce a quoi la voiture a depasser repondra par un certain nombre de coups de klaxons etc.
Cela donne bien sur une pollution sonore epouvantable. Partout, depuis les routes miteuses jusqu'aux villes, resonne en permanence un concert de klaxons delirants. Les rickshaws, sortes de taxis pousse-pousse a moteur, n'ont apparemment pas le droit aux klaxons, donc ils s'en installent des persos, aux bruits surprenants. Ici le klaxon c'est comme un millesime : la puissance de ceux de certains bus s'apprecie avec une moue de connaisseur.
A cela rajoutez, sur toutes les voitures qui circulent, des musiques Bollywood a 300 decibels quand la marche arriere est enclenchee, et vous redoutez le jour ou vous devez traverser une grande ville et que vous avez mal a la tete.

2) Le frein s'enclenche au dernier moment, mais au mieux, comme dans le film Speed, il ne s'enclenche jamais. Le premier grand bus qu'on a pris, de Cochin a Munnar, a fait un seul arret complet pendant les deux premieres heures. Ici, c'est le mouvement perpetuel mis a la portee d'un moteur a essence. Les voitures, les velos, les motos, roulent roulent roulent, et emportent tout sur leur passage. On prefere deboiter sur la file en sens inverse, quitte a revenir dans la bonne file sans avoir depasse, plutot que de s'arreter une seconde. Les velos font des efforts surhumains pour vous eviter, les rickshawsd ne ralentiront jamais pour eviter un pieton, c'est a lui de s'arreter.

3) Tout, mais absolument TOUT peut arriver. Comme il n'y a pas de regles, des vaches peuvent debarquer, tout vehicule sur la voie peut depasser les autres, obliquer a droite , a gauche, arriver en trombe en face. Et ce bordel est la la clef qui maintient tout ensemble. Tout le monde faisant n'importe quoi, chaque conducteur est sans cesse concentre au maximum. Rien ne le divertira, il ne s'assoupira jamais une seconde, car il doit etre toujours aux aguets.

Surtout, rien ne l'enervera. C'est assez etonnant de remarquer que tout le monde klaxonne en gardant un air imperturbable. Un camion est venu en face au dernier moment, vous a fait deraper dans l'herbe et eviter trois enfants en bas-age ? Personne ne s'offusque, personne ne s'enerve. Il y a une vague hierarchie, ou les plus gros ont la priorite sur les plus petits (et surtout sur les pietons), mais c'est tout.

Et finalement, au bout de deux semaines, vous etes dans un rickshaw qui fait n'importe quoi, qui prend des contresens tout le temps, vous ne savez plus vraiment si la conduite est a droite ou a gauche (je dirais plutot : au milieu, avec une preference pour la gauche quand ca se gate), et pourtant, vous etes serein. Rien de bien grave ne semble devoir arriver.

samedi 29 novembre 2008

La petite Aglaé et le petit Charles sont attendus par leur voyage quai n°19 !

Bonjour et bienvenue à tous sur notre modeste blogue.

Malgré un contexte international un peu agité, probablement ourdi par les gens de chez Neuf Télécom (qui nous ont coupé Internet une semaine avant notre départ... d'où la sortie tardive de ce blog), notre enthousiasme est intact!


Pour ceux qui ne connaissent pas encore le trajet de notre tour d'Asie, un lien vers un itinéraire Google s'affiche à droite de cette page.

Nous vous détaillerons plus précisément les contours de notre projet ârtistique dans les jours qui suivent. Toujours est-il que cela a trait aux transports en commun, et aux gens qui les attendent.

Nous partons lundi matin, aux alentours de 11h. Bien évidemment, notre sac n'est pas fini, nous n'avons pas encore tout acheté, mais nous sommes presque prêts !

Le premier véritable post du voyage ne devrait pas tarder. Nous ne savons pas encore si nous aurons le temps de nous connecter à Cochin (Kochi), notre point d'arrivée en Inde, mais quoiqu'il en soit, revenez souvent et laissez nous des messages !

On se revoit dans six mois...

Aglaé & Charly