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lundi 19 janvier 2009

Encore des photos ????


Vous en voulez encore ???
Bon, d'accord...
Aglae et Clara font les idiotes devant le Taj
Charly fait jouer ses muscles a Fatehpur Sikr
Aglae s'est faite une amie a Fatehpur Sikr
Aileen, notre amie Americaine, et nous a Varanasi (Benares) - on voit les ghats derriere

Et en bonus track, une belle photo d'un temple erotique de Khajuraho

samedi 10 janvier 2009

Varanasi, derniere etape sur les bords du Gange

Nous etions un peu inquiets a propos de Benares, car si c’est la ville la plus sacree d’Inde, c’est aussi une ville extremement pauvre, ou affluent non seulement des pelerins, mais aussi les mendiants et des gens qui vont bientot mourir. En effet, selon la tradition hindoue, si on meurt a Varanasi, on est alors delivre du cycle des reincarnations. Nous nous attendions donc a une ville tres dure. Nous avons commence par rencontrer une Americaine, Aileen, dans la salle de petit dej’ de notre symphatique “Hotel Buddha”. Nous lui proposons de partager une barque pour faire la traditionnelle promenade en bateau sur le Gange a la tombee de la nuit. Sieste pour compenser le train de nuit arrive a 8h30 du matin au lieu de 5h du matin. Des heures de sommeil en plus??? Non! Les retards ne sont pas annonces et il ne s’agissait pas de louper la gare: les trains traversent tout le pays, il est donc dangereux de dormir trop profondement, on peut facilement se retrouver a la frontiere avec le Bangladesh!

Le long des ghats: eau sacree, feu eternel et air de fete
Nous nous promenons au hasard le long des ghats (grandes marches d'escalier descendant vers le fleuve sacre) et sommes vraiment conquis par ce lieu extraordinaire. Toute l'Inde est concentree la: des gens font des ablutions en priant dans le Gange et y jettent des fleurs comme offrande, d'autres sont simplement assis a discuter, des barbiers rasent les tetes de certains pelerins, des femmes font leur lessive, des enfants se baignent, des barques passent sur le fleuve et bien sur, les traditionelles vaches, chevres et chiens deambulent tranquillement. Malgre cette multitude d'activites, un grand calme regne. Nous sommes a mille lieues de la foule des rues etroites et sombres de la vieille ville.
Le plus extraordinaire, ce sont les centaines de cerfs-volant qui virevoltent dans le ciel. Nous sommes dimanche, et les enfants lancent leurs cerfs-volant multicolores des toits des maisons ou des ghats. C'est vraiment un spectacle incroyable.
On nous offre des beignets sucres dans un petit temple nepalais rempli d'enfants. C'est de bonne augure pour la suite du voyage!
En longeant les ghats, nous finissons par arriver a celui des cremations. Les corps des morts sont recouverts de tissus orange et dore, et de fleurs. Ils sont transportes sur des brancarts par des hommes qui chantent, pour etre ensuite plonges dans le fleuve sacre puis poses sur un bucher. Le ghat lui-meme est recouvert de fagots de bois d'essences differentes : ils sont peses pour connaitre le prix du bucher de chaque mort. Il regne une grande animation, les gens ne font pas du tout une "tete de pompes funebres", il n'y a pas de solennite. Des feux sont allumes un peu partout, des cendres volettent.

C'est tres etrange car les rites funeraires (poudres dispersees sur le corps du defunt, retrait du linceul pour que l'on voit le visage du mort, ouverure de la bouche, dernier adieu de la famille) se font en public. Ces rites sont realises par les hommes de la famille. Des enfants font du cerf-volant a 5m des buchers, des chevres se promenent; vie et mort ne sont absolument pas separees geographiquement. Nous restons un moment dans ce lieu impressionant et emouvant, mais partons precipitamment quand les femmes d'un defunt arrivent en hurlant et pleurant... trop difficile.

Nous rejoignons ensuite Aileen pour notre promenade en barque. Nous negocions avec un homme d'un certain age, mais qui monte pour ramer? Un enfant! Nous n'avons meme pas le temps de protester que nous voila deja loin de la rive. Nous nous sentons vraiment mal a l'aise, surtout qu'il a de mal a bien diriger la lourde barque. Apparemment, notre jeune rameur a plus envie d’aller attraper les cerfs-volants avant qu’ils ne tombent dans l’eau que de nous conduire le long des ghats.

Nous le laissons faire un moment avant de le rappeler a l’ordre, partages entre le sentiment de s’etre fait avoir pas un pere sans scrupules et la compassion pour cet enfant qui preferait tout naturellement jouer plutot que ramer! A notre retour sur la terre ferme, la nuit tombe et nous assistons a une ceremonie relegieuse completement inintelligible. Une rangee de pretres faisait une choregraphie lente avec a la main avec des cloches, des candelabres remplis de bougies, des batons d’encens… jettant de temps en temps de l’eau, des fleurs ou du riz… Tout cela au son de cloches, de chants ou de musique, avec en toile de fond une foule de barques et surtout des centaines de petites bougies flottant sur le Gange.

Une jeune fille a la repartie certaine insiste pour vendre a Aileen des bindis (les poudres brillantes utilisees pour decorer le front des indiennes, tres utile pour une americaine...). Quand Aileen lui dit "I want nothing!", elle repond tres serieusement " 'Nothing' I don't sell!".

La ceremonie mysterieuse devenant un peu repetitive, nous filons nous remplir l’estomac de nourritures terrestres au son de musique classique indienne. Notre compagne americaine est charmante. C’est une ancienne prof et principale d’ecole primaire du Nouveau Mexique, la quarantaine, qui a decide de change de vie professionnelle. Elle est venue en Inde etudier la medecine ayurvedique pour completer sa formation de nutritionniste. Elle fait aussi du yoga mais n'a pas du tout les mauvais cote des babas que l'on a pu croiser. Nous sommes enchantes de discuter avec elle et d'echanger sur ce qui motive un voyage au long cours. Bref, une super rencontre!

Notre retour se fait un rickshaw-velo (les seuls autorises aux abords de la vieille ville). C'est assez dur de supporter la vue d'un homme s'echinant a pedaler pour ramener a leur hotel trois personnes, certes sveltes, le long d'un faux-plat interminable.

Au revoir Varanasi
Le lendemain, nous faisons une derniere promenade sur les ghats, pour s'impregner de cette atmosphere si sereine. Les cerf-volants ont presque tous disparus, les enfants sont a l'ecole.
Nous devinons le toit magnifique d'un temple d'or dont l'entree est interdite au non-hindous (ce qui est tres frequent et un peu lassant.. ils seraient contents les Indiens si on interdisait l'entree de Notre-Dame aux non-chretiens ???).

Nous evitons les marchands ambulants qui sevissent comme d'habitude, les pires etant ceux qui font semblant de serrer a la main a Charly pour lui faire de force un "hand massage" censement agreable. Charly repond sans cesse "I hate massage", songe a se faire passer pour manchot, puis finit par eclater de rire quand, alors qu'il finit de manger une banane, un masseur lui propose un absurde "banana massage".

Et la palme de l'Indien le plus desagreable revient a...
Nous sommes amenes a la gare par le pire conducteur de rickshaw d'Inde (histoire de finir en beaute). Il est execrable, nous depose a 300m de la gare (si si c'est loin avec des gros sacs) et je dois plonger la main dans son vide-poche et saisir prestement le billet que Charly vient de lui donner pour qu'il accepte de nous rendre la monnaie!

Malgre Hanuman, depart vers la frontiere...
Nous attendons 2h30 a la gare notre train pour Gorakhpur. Comme le tableau affichant les trains ne marche plus, nous passons notre temps l'oreille aux aguets pour tenter de comprendre ce que dit la voix de la gare. Elle parle hindi et anglais, ne s'arrete jamais d'annoncer des trains en retard... mais jamais le notre!
Au stress de louper le train s'ajoute la 2e attaque des singes. Un singe sournois saute sur Charly qui lui file un coup de pied pour l'eloigner. Mais les petits sacs sont restes a terre sur le lieu du combat, et le singe hargneux refuse le passage en faisant le gros dos et des bruits menacants. Charly s'approche, pres a lui lancer son enorme sac de 15kg. Apres un face a face bien long, le singe finit par s'en aller, et nous recuperons nos sacs.
Le train arrive et met 6 longues heures a atteindre Gorakhpur. Nous avions prevu de prendre un bus pour rejoindre Sunauli, ville-frontiere, mais la nuit est tombee et nous decidons de la passer sur place. Comme toutes les villes non touritisques, Gorkhpur a une offre d'hotel limitee. Apres avoir enjambe plus d'ordures que d'habitude, nous finissons dans le seul hotel conseille par le Lonely Planet. On nous montre trois chambres differentes, mais bon... elles sont toutes aussi sales (vive le sac a viande, la taie d'oreiller et le sac de couchage pour faire barriere a la crasse!), avec des salles de bain particulierement miteuses (meme apres avoir demande a les relaver, elles seront toujours aussi sales). Sans autres alternative, nous faisons baisser le prix de moitie.

Dehors, dans le bruit et la crasse, un restaurateur sympathique commande d'autorite un thali pour nous, ce classique menu vegetarien indien bien epice...
Kathmandu est encore loin, mais on verra ca demain!

Khajuraho, du sexe et des bus (part 2)

Ah ah vous l'attendiez ardemment, cette deuxieme partie. Eh bien la voila, avec un long retard, parce que j'avais commece a la taper a Pokhara, au Nepal, quand une coupure de courant (nous vous en parlerons en temps voulu) m'a tout efface, snif.

Avant de recommencer, je rappelle aux deux Julien de bien preciser l'initiale de leur nom de famille pour eviter qu'ils soient confondus dans les commentaires, source de confusion qui n'a pas fini de nous faire pleurer le soir dans nos guesthouses sombres. Et merci encore a tous pour les commentaires encourageants.

26 decembre, nouveau bus
Khaju, suite, donc. Nous sommes arrives a Jhansi, ville miteuse, pour y passer la nuit dans une pension un peu glauque avec un bar bizarroide et colore. Nous prenons un bus le lendemain, apres nous etre trompe de station. 6 heures pour rejoindre Khajuraho, bus plein comme d'habitude. Specificite de ce trajet : il y a une route bitumee, certes, mais elle fait la largeur d'un vehicule, et est cernee par deux bandes de graviers. Lorsqu'on croise quelqu'un, il faut donc que notre bus mette la moitie des roues sur le gravier. Je vous dis pas quand on doit doubler.

Dans cette ambiance cahotante plutot que chaotique, nous faisons la rencontre d'un charmant couple de Teutons, tous deux de la trentaine. Achim habite en Suisse et est un globe-trotteur un peu fou et naif (il a visite 65 pays, dont l'Antarctique, et s'est deja baigne dans une riviere gelee en Finlande), et parle un anglais mitige. Christina, Viennoise, est plus serieuse que lui, et a rencontre Achim par internet. Nous apprenons vite qu'ils font le meme chemin que nous, a savoir Khajuraho puis Benares.

Renseignements pris, nous apprenons que le dernier bus qui relie Satna, etape obligatoire avant le train de nuit pour Benares, part de Khajuraho a 15h! Nous etudions un moment la possibilite de partager un taxi a 4, mais cela reste trop cher pour nous, et nous sommes obliges de decliner l'invitation. Nous nous separons un peu brusquement lorsque le bus s'arrete un court instant devant leur hotel chic. Pendant ce temps, un bebe qu'Aglae a pris sur ses genoux pour delester sa maman qui etait debout hurle et se contorsionne, jusqu'a ce que je laisse ma place a la maman.

Khajuraho, village fantome
Khajuraho est le plus petit bourg dans lequel nous sommes passes depuis notre arrivee dans le pays. Ce qui devait n'etre qu'un petit village miteux s'est a peine developpe le long d'une rue pour touristes, ou restaurants vides avoisinent pensions vides. Hotel tres sympathique, sauf que toutes les minutes un gentil garcon de l'hotel vient nous inviter a manger dans le restaurant aux prix delirants, quand ce n'est pas un masseur de l'hotel qui me fait des propositions tarifaires avantageuses (mais je m'en fous d'un massage ayurvedique!).

Notre promenade pour decouvrir tous les temples de Khaju dissemines dans les villages est plus que reposante : nous louons des velos tout casses et allons de vieilles ruines en vieux temples. A un moment donne, nous sommes tellement fatigues par les pseudo-guides qui nous font des explications sans qu'on ait rien demande, avant de demander de l'argent en echange d'avoir trouble notre quietude, que nous faisons une mauvaise action. En effet, nous avons pretendu, pendant un bon quart d'heure, que nous etions des sourds-muets, pour que tout ce petit monde nous lache.

Ca n'a pas perturbe une seconde les vendeurs de petits jouets egrillards : ils ont juste agite leur camelote sous mes yeux.

Quant aux temples eux-memes, ils sont beaux et vieux et ne ressemblent a rien de connu. Toutes ces femmes a grosses poitrines et a fesses rebondies en train de se caresser ou dans des postures virevoltantes sont certes suprenantes sur des momuments regligieux, mais l'ensemble est un peu repetitif et finalement sans grande imagination ni erotisme. Bon, la copulation du cheval et de la deesse nous a bien fait rire, mais la beaute des temples nous a bien plus impressionne!

Taxi, De Funes et Suisse Allemande
Nous retombons par hasard sur les Germanophones. Nous nous retenons de leur declarer la guerre, d'autant qu'ils pourvoient une bonne nouvelle, assez digne d'un peuple vaincu : comme ils preferent rentrer en taxi, ils proposent de nous emmener avec eux gratuitement. Quoi ? Un taxi ? le confort ? la vitesse ? le calme ? Nous n'en revenons point, et insistons de leur payer ce que nous aurait coute le bus. Ils acceptent en grands seigneurs.

Le voyage jusqu'a Satna fut rapide, calme et confortable, comme prevu. Nous pouvions admirer a loisir les grands champs verts et bleus, sur lequel le soleil couchant faisait comme des flaques ocres. Pendant ce temps, Achim photographiait tout et n'importe quoi, puis il se lancait dans des imitations tres reussies de Louis de Funes, pendant que nous observions angoisses l'ombre de nos bagages sur le toit du taxi.

Derniere etape avant le Gange

Nous sommes arrives bien entendu plus tot que prevu a Satna, et tous les quatre nous avons mange un petit resto ensemble. Achim et Christina sont alles prendre leur train, plus tot que le notre, et nous sommes partis a la recherche d'un cyber.

L'occasion pour nous de decouvrir la petite ville la plus polluee que nous ayons vue. Satna est en effet la "ville du ciment", gloups. Impossible de trouver rapidement un cyber, tant les indications des magasiniers sont contradictoires. Nous errons 40 minutes dans cette ville sombre et sans interet, suivis par des yeux surpris (c'est ca un touriste maman?), avant de trouver un cyber a 30 metres de la gare, dans lequel nous retrouvons nos Allemands, dont le train etait en retard.

Train dans la brume
Nous prenons tard dans la nuit notre train pour Benares (maintenant appelee Varanasi), ville sainte ou des milliers de pelerins viennent chaque jour se baigner dans le Gange (mais si, vous en avez entendu parler voyons). Devant la reputation de cette ville, consideree comme la plus insupportable et la plus dure d'Inde pour les touristes, nous prenons des forces dans ce train de nuit d'une meilleure classe que jusqu'ici (pas la premiere classe non plus, faut pas deconner) : des draps, du calme, et les cafards (toujours et encore), beaucoup mieux habilles et plus propres que dans les autres classes - certains cafards semblaient parler anglais.

Nous nous reveillons, avec peine, a 5 heures du matin, heure d'arrivee prevue a Varanasi, mais le train a du retard ,et il me faudra patienter 3 heures devant la vitre du train, avec la tete d'Aglae sur les genoux (elle continuait sa nuit), avant de voir arriver la ville prevue. Ce fut un moyen pour moi d'observer le plus etrange des levers de soleil : a cette epoque de l'anne, tout le Nord du pays est recouvert de brumes, les memes qui cachaient le Taj, jusqu'a trois heures apres le lever du soleil (d'ou les retards des trains). Se livre alors a ces heures, entre le Soleil et la terre, un combat de brumes et de lumiere assez fascinant, et qui valait le coup d'arriver a Varanasi avec des poches de kangourou sous les yeux.