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dimanche 8 février 2009

Photos népalaises part 2

Un controleur de tickets de bus

Aglaé assise sur des citrouilles dans un pick-up à la fin d'une balade

Charles assis sur les mêmes citrouilles


La vue à la fin de la promenade du Namo Bouddha, célèbre par son manque de Namo Bouddha


Un petit vieux dans un tempo, à Kathmandou, au sourire si beau, aux dents si absentes

Des photos à nouveau

Toujours de vieilles photos, uniquement de Kathmandou et ses alentours, mais comme nous sommes actuellement hébergés à Bangkok, nous avons à nouveau le temps d'en balancer!

Une petite mignonette en train de manger des cartes (un peu bêtes, les Népalais)


Charles tentant de faire comprendre qu'il ne désire pas de guide !
Le Durbar Square de Kathmandou, incroyable amoncellement de temples.
Aglaé chevauche l'éléphant de la victoire, dix fois plus fort qu'un lion

Enfin, nos deux sauveurs indiens, grâce auxquels nous avons pu traverser la frontière sans trop de heurts (à gauche vous reconnaîtrez aisément Adidas, qui avait un pull de la même marque)

lundi 19 janvier 2009

Photos Nepalaises (les premieres)

Encore et a nouveau des photos. Celles-ci sont par ordre chronologique decroissant, comme vous le comprendrez vite
Charly chevauche un griffon, dix fois plus fort qu'un lion
Aglae, emmitouflee dans son echarpe nepalaise, tente de se retrouver dans les rues noires de Kathmandou

Aglae pose dans les temples bouddhistes de Swayanbunath

Nouvel an surrealiste avec la Jeunesse Doree de Kathmandou

Marius et Charly, fiers de passer la frontiere Nepalaise

Good bye Nepal!

10 - 11 janvier. De retour a Kathmandou

Il faut bien avouer que nous avons ete decus par les Nepalais que nous imaginions accueillants et souriants (a l'exclusion des gens, en particulier les petites grands-meres, croisees dans les petits villages traverses lors de nos grandes ballades). Le manque d'education allie aux sommes enormes que depensent les touristes par rapport au niveau de vie local donnent des resultats vraiment tristes. Tres peu d'enfants nous ont en effet lance des Namaste!, mais a la place plutot des "hello chocolate? Hello sweets? Hello roupies?" partout ou nous allions. L'absence evidente de toute classe moyenne parlant un peu anglais ne nous a pas permis de faire des rencontres semblables a celles de l'Inde.

A table!
De l'autre cote de l'echelle sociale, il y a eu l'accueil extraordinaire de la famille de Razeena, qui nous a reconcilie avec les Nepalais. Comme si les buffets gargantuesques de petit-dejeuner le matin ne suffisaient pas, Razeena a tenu a nous offrir deux repas chez elle. Nous n'avons pas mange avec sa famille, car normalement les repas ne sont cuisines et servis qu'au sein de la meme caste, comme en Inde.

La grand-mere et la mere de Razeena respectent encore ces regles de purete, ce qui signifie que le repas n'est pas associe a la convivialite, et qu'on ne mange pas avec des etrangers. Nous avons donc tous les trois deguste de delicieuses specialites nepalaises, cuisinees par le cuisinier de la famille. J'ai aime tous les plats (!), meme si c'etait tres epice, sauf l'etrange soupe sucree/salee/acide/amere, specialite de l'ethnie newar (celle de Razeena), dont meme Charly n'a pas avale plus d'une cuillere!

Mais comme si toute cette gentillesse ne suffisait pas, elle a organise un diner specialement pour nous avec une de ses meilleures amies dont la famille tient un restaurant. Nous avons donc ete convies avec quelques-uns de ses amis a un vrai festin: des serveurs tournaient autour de notre table comme un essaim d'abeilles pour nous proposer des plats toujours differents et delicieux, la palme revenant a celui qui servait de l'alcool de riz avec une theiere a 2m au-dessus de notre verre sans en mettre une seule goutte a cote. Apres 8 mini-entrees differentes, nous avons eu droit a une multitudes de mini-plats de legumes et de viandes pour accompagner le traditionnel riz. Chaque met avait un gout nouveau, tres different de la cuisine indienne. Charly ne savait plus ou donner de la tete et n'avait meme pas le temps de penser a chiper quelque chose dans mon assiette, c'est dire...

Il faut aussi imaginer qu'entre le defile des serveurs et des plats, il y avait des intermedes avec des danseurs et des danseuses executant des danses traditionnelles nepalaises avec beaucoup d'enthousiasme. Ils ont fini par entrainer (plus ou moins par la force) les convives dans leur ronde, je vous laisse vous representer la fabuleuse prestation de Charly!

[PS de Charly : representez-vous aussi les ondulations de mains d'Aglae]

Nous retiendrons aussi de Kathmandou un restaurant hippie tout droit sorti des 70s ou nous a emmene Razeena, les fabuleux donuts au chocolat a moitie prix le soir deniche a Thamel , ce qui a mis en danger nos foies, et les bars tellement occidentaux ou Razeena et ses amis sortent jusqu'a 23h maximum, car le pouvoir exige que tout ferme avant minuit.

Apres l'Inde, test de l'hopital au Nepal
Mes poumons se faisant enfin oublier apres avoir mis 15 jours a guerir, nos estomacs supportant plutot bien la nourriture nepalaise (il faut dire qu'on triche un peu, la cuisine occidentale de certains restos est aussi tres bonne!), c'etait trop beau pour etre vrai... Charly a remarque d'etrange taches noires sur ses mains qui ne partaient pas. Avec son teint d'Anglais qui vire a l'ecrevisse au moindre rayon de soleil, il semblait plus prudent de demander a un specialiste d'identifier ces mysterieuses taches.

Nouvelle expedition a l'hopital donc, facilitee par les contacts de la famille de Razeena, bien plus efficaces pour trouver un dermato competent que l'ambassade de France.
Diagnostic: une simple hyperpigmentation de la peau. Ah... depuis quand il y a des pigments dans la peau de Charly?
Nous esperons ne pas avoir a tester les hopitaux de chaque pays que nous traversons...

Adieu l'Hymalaya!

Nous passons notre dernier jour au Nepal avec Razeena et son petit ami (que je connais bien) a Patan, un faubourg de Kathmandou. Je realise alors que l'Himalaya est parfois visible de la vallee. Nous prenons un cafe sur le toit d'un petit immeuble avec le panorama suivant: a nos pieds des temples rouges et noirs amonceles sur une grande place, au loin Kathmandou qui s'etend comme une flaque, a l'horizon des collines (dont celle du NAMO BOUDDHA sans aucun doute) et la-haut, bien au-dessus de l'horizon, d'imposantes montagnes blanches qui semblent toucher le ciel. Les Alpes, c'est une grosse blague en comparaison!

Un dernier coup d'oeil, car demain c'est le depart pour le Laos et le retour au nomadisme...

Aime Pokhara (2/2)

L'hesitation etait d'autant plus forte que, malgre la sorte de greve qui avait fait fermer 90 pour cent des restos sympas de cette ville, notre pension etait propre et sympathique. Elle etait notamment garnie de deux personnes de choix, dont la difference des ages cachait une meme sympathie.

Il y avait d'un cote Giorgio, vieil Italien motard, de passage dans cet hotel, et qui parlait couramment le francais. Giorgio est marie a une Nepalaise a Kathmandou, et parcourt le pays et l'Asie sur sa moto. Il etait tres doux, tres drole, et regorgeait d'anecdotes sur le Laos, notre prochaine destination, et le Nepal, ou il habitait alors.

De l'autre cote, il y avait la petite fille du patron, que nous n'avons malheureusement pu apercevoir qu'une soiree. Petite boule d'energie d'un metre de haut, elle ne nous a pas lache pendant les trois heures ou elle nous a use de ses rires et de ses courses : jouer avec notre lampe de poche, jeter ses chaussures par dessus le balcon, courir apres son bonnet, sauter dans les bras d'Aglae. Elle etait si mignonne que nous avons hesite a l'acheter, mais l'etat de nos finances ne nous le permettait pas. Ah oui et la morale, aussi, c'est vrai, Aglae, j'avais oublie !

Une decision dernier minute
Ceux qui connaissent bien Aglae savent surement qu'elle est la Reine du dernier moment. La, elle a frappe un grand coup : alors que nous avions paye l'hotel, que nous avions presque boucle nos bagages, que nous avions prevenu tout le monde que nous partirions a 8 le lendemain, Aglae coupa le reveil, profitant lachement de mon sommeil pour reflechir a la bonne decision a prendre. Elle decida que faire 3 jours de bus pour rester un jour dans un Parc Naturel peut etre plonge dans la brume, et n'etre meme pas sur de voir des animaux, c'etait un peu trop risque. Mieux valait faire un VRAI safari quand on aurait le temps - et l'argent.

Nous decidons donc de rester un jour de plus, et peut-etre deux, a Pokhara, et d'y faire quelques jolies promenades. Nous passons donc la journee a ramer dans une barque sur le lac de Pokhara. Montagnes enneigees a l'horizon, empetrage dans des filets de peche, rizieres a fleur de lac et petites gargottes perdues (ils n'avaient pas vu de client depuis longtemps) ont jalonne une journee decidement placee sous le signe du farniente.

Pressions sociales, mouvements populaires et estomacs vides
Apres avoir mange des nouilles tibetaines dans la rue la veille, a cause de la greve, nous arpentons ce soir-la les rues de Pokhara, tres decides a aller dans les quelques restaurants ouverts que nous avions reperes la veille. Ce soir-la c'est encore pire que la veille, car la greve a pris de l'ampleur : aucun restaurant, sur les milliers qui se bousculent les uns a cote des autres, ne semble ouvert ! Nous croisons deux Francais qui viennent d'arriver, et qui nous demandent effares ou se trouvent les quelques gargottes ouvertes. Finalement, nous tombons par chance sur un resto chinois, bien evidemment bonde a ras bords de touristes. Il nous faudra attendre longtemps notre commande, assis de force a cote de deux Americaines d'une laideur sans borne, et qui ne nous adresseront pas la parole, avant de pouvoir enfin manger.

Du coup, nous hesitons a rester un jour de plus... Quelle tournure va prendre la greve si nous restons ? Le lendemain matin, c'est vite plie : le dernier endroit ou nous pouvions petit-dejeuner vient de fermer. Le peuple Nepalais, si peu souriant, nous chasse de l'oasis pour touristes qu'est Pokhara, et telle Marie-Antoinette, nous prenons la mesure de la vindicte revolutionnaire et nos jambes a nos cous. Nous sautons dans le premier bus pour Kathmandou.

Trajet mouvemente
Le retour fut tres beau, car on voyait enfin les montagnes, ces sacres monstres de neige de l'Himalaya, mais les suspensions du bus etaient carrement horribles, et nos fesses en ont pris un sacre coup. Le bus emettait du coup des craquements et des grincements pas du tout penibles pour les oreilles. Nos genoux aussi souffraient, vu qu'il y avait trois millimetres entre nos sieges et ceux de devant.

Toujours autant de virages et autant de doublements flippants qu'en Inde. Toutefois, nous avons pu noter un leger ralentissement de notre vehicule lorsque nous avons double deux epaves de bus, sur le bas-cote. Les deux bus s'etaient encastres sur la montagne, l'un d'eux etant quasiment integralement retourne, sans parler des toles froissees et tout. Nous nous demandions bien qui avait pu survivre d'un tel accident... Le battement de nos coeurs s'est rapidement affole, et il semble que ca a donne une belle lecon a notre conducteur ; lecon qui a bien du durer 30 minutes, avant qu'il n'accelere a nouveau.

[message special maman affolees : au moment d'ecrire ce message nous sommes maintenant au Laos, ou les bus sont lents, les routes bien bitumees, et la circulation absolument nulle]

Nous sommes finalement arrives bien fatigues a Kathmandou. Nous avions prefere ne pas prevenir notre amie Razeena de notre arrivee un jour plus tot, afin d'eviter qu'elle ne nous offre encore une fois la nuit d'hotel (nous finissions par etre un peu genes, d'autant que l'hotel ne lui appartenait pas a elle, mais a son pere et ses oncles). Nous echouons donc dans le quartier des pensions pour routards, accessoirement aussi le quartier des drogues, des babas sur le retour et des bars tendance : Thamel. Notre pension est un peu excentree, vide bien sur, et tres sympathique. Le temps de decouvrir un restaurant trop epice et des beignets au chocolat quasi-gratuits dans des patisseries vides, et nous voila couches, fourbus du voyage en bus.

Namo Bouddha, ou es-tu?

4 Janvier- Quelques part dans la vallee de Kathmandou

Avec Charly, nous avons decide de passer des petites excursions touristiques aux choses serieuses: une vraie grande marche a pied. Pour cela, nous pensions avoir un allie fiable, Le Gdu routard, qui nous promettait une charmante ballade de 6 heures "d'un pas tranquille".



Nous partons donc d'un charmant petit village, et au debut tout est effectivement simple. Nous trouvons sans probleme le petit pont suspendu menant aux charmants temples le long d'une riviere. Ensuite, il faut emprunter un chemin, or il n'y a qu'une route... Nous ne nous laissons pas decourager par cette approximation lexicale et avancons d'un bon pas, les yeux equarquilles a la recherche du point de repere suivant: "un chemin de mauraine tres etroit en au milieu des rizieres". Hum... non seulement Charly ne sait pas ce qu'est un chemin en moraine, mais nous sommes entoures de tres belles rizieres au milieu de charmantes collines, et il y a des dizaines de chemin qui traversent lesdites rizieres....


Nous commencons alors a demander notre route aux paysans, etonnes de voir deux touristes, car le but de notre promenade, le fameux NAMO BOUDDHA est connu de tous. Nous allons de villages en villages au creux d'une grande vallee, les paysages sont superbes. Nous essayons de trouver les points de reperes suivants du Routard, mais ils sont toujours aussi vagues. Le plus drole est que le Routard pretend qu'on voit le NAMO BOUDDHA en haut d'une colline et qu'il faut s'en servir comme point de repere. Quand 2 jeunes finissent par nous indiquer la colline en question, elle ressemble a toutes les autres, le sanctuaire bouddhique est invisible de si loin. Merci le Routard!


Nous continuons vaillamment notre route, qui monte de plus en plus, les yeux fixes sur la fameuse colline. Les habitants d'un dernier village nous confirment que nous sommes sur le bon chemin, et un petit vieux edente nous indique finalement un etroit chemin montant tres tres raide. Nous grimpons au milieu de la foret (alors que le Routard nous parle enigmatiquement de montee raide dans des champs de mais!) pendant 3/4 d'heures. C'est si raide que les habitants ont fait des sortes de marches avec des sacs de ciment. La vue sur la vallee est splendide, nous sommes extenues.

Nous atteignons enfin le sommet de la colline et tombons sur un monastere. Nous pensons naivement avoir atteint notre but et cherchons la stupa (grande colonne) du NAMO BOUDDHA...


Elle est introuvable... Apres avoir demande autour de nous des explications, nous finissons par comprendre que le NAMO BOUDDHA est quelque part en-dessous de nous. Nous decidons d'abandonner notre quete... Le NAMO BOUDDHA reste depuis lors un lieu mythique, inattegnable par les randonneurs non-inities que nous sommes.


Car la ballade n'est pas finie! Le NAMO BOUDDHA n'etait qu'un etape, atteignable en 2h selon le Routard. Nous en avons mis 3 pour atteindre le monastere, sans pauses et en marchant vite. Il nous resterait donc 4h de marche jusqu'a Dhulikel, un village offrant un magnifique point de vue sur tout l'Himalaya. Nous avalons notre pique-nique en vitesse car le soleil descend et nous ne faisons plus du tout confiance au Routard pour nous guider. Nous croisons toujours des gens qui nous indiquent le chemin, nous risquons moins de nous perdre en suivant leurs indications!


Notre descente par une route de gravier completement defoncee commence. Nous savons qu'elle rejoint une route goudronnee quelques part ou nous pourrons toujours prendre un bus, car il est evident que nous mettrons plus de 4h pour rejoindre Dhulikel par la route. Nous marchons, marchons, en maudissant le Routard mais en n'oubliant pas de profiter du panorama.


Tout a coup, alors que nous commencions a nous demander quand notre piste allait rejoindre une vraie route, surgit un camion rempli de citrouilles. Nous lui faisons signe et un jeune homme sympathique nous enjoint de monter, car le camion passe par Dhulikel. Nous nous asseyons sur les citrouilles geantes et nous accrochons de toutes nos forces car la route est completement defoncee. Il faut une vraie concentration pour eviter de se cogner ou de voler par-dessus les tas de legumes. Seul notre sauveur se tient debout sur les citrouilles et semble surfer sur les cahots. Il parle quelques mots d'anglais et il est enchante de faire notre connaissance. Le voyage devient plus confortable quand nous arrivons enfin a la fameuse route goudronnee.

Nous atteignons donc Dhulikel, non sans avoir du negocier avec l'oncle de notre sauveur (beaucoup beaucoup moins sympathique) qui nous demandait une participation exorbitante pour le trajet...

A Dhulikel, pas de chaine de l'Hymalaya... mais beaucoup de nuages!

Nous n'avons decidement absolument rien vu de ce qui etait ecrit dans le guide, mais c'etait bien mieux comme ca! La ballade du NAMO BOUDDHA reste gravee dans notre memoire...

jeudi 15 janvier 2009

Kathmandu, retour au calme... et au confort!

31 Decembre - 4 Janvier

Reveil dans la chambre glaciale de la petite pension vers 8h. Notre ami et Adidas ronflent dans le petit lit d'a cote. Nous nous habillons en silence puis les reveillons pour les remercier. Nous proposons a Notre ami de le rembourser pour le restaurant et la chambre, mais il refuse categoriquement, en disant que nous sommes ses friends donc no problem.

Quand notre velo rickshaw, paye avec nos derniers roupies nepalais, atteint l'hotel Manaslu, c'est le soulagement!


Un accueil de rois

Mon amie nepalaise Razeena, ma voisine de pallier et amie a Hamilton (Etats-Unis), habite Kathmandu. Je l'avais accueillie l'annee derniere a Paris, elle m'avait invitee en apprenant ma venue au Nepal. Elle etait en vacances d'hiver pile au moment de notre sejour dans son pays natal, quelle chance! Sa famille possede un hotel et elle m'a annonce que nous y serions loges, car sa maison est pleine de cousins et d'oncles.

Au plus fort de notre detresse dans le bus de nuit la veille, nous avions feuillete le guide du routard a la recherche de cet hotel. Quand nous l'avions vu dans la rubrique "Chic", nous avions repris courage...

A la reception on attendait notre venue et on nous sert immediatemment un the chaud. On nous donne la clef de notre chambre puis on nous telephone en s'excusant d'avoir oublie de nous proposer un petit dejeuner... On se jette sur les lits confortables avec des larmes de joie, on ouvre qvec delice le robinet avec de l'eau CHAUDE, et la on ouvre la fenetre: on a un balcon donnant sur un charmant jardin avec une piscine!!! Bien sur, nous sommes en hiver et il fait trop froid pour s'y baigner, mais nous sommes quand meme enchantes!

Nous nous ecroulons de fatigue et ne retrouvons Razeena que dans l'apres-midi apres une sieste bien meritee. Elle nous emmenent manger une specialite tibetaine dont vous entendrez reparler: les MOMOS. Ce sont de delicieux beignets vapeurs a la viande ou aux legumes, qui doivent contenir une drogue addictive a laquelle l'estomac de Charly semble particulierement sensible... Ce sont des cousins des beignets vapeur pekinois qu'on trouve dans les traiteurs chinois parisiens.

Soiree du nouvel an a la nepalaise
Nos mesavantures nocturnes nous avaient presque fait oublier qu'on etait le 31 decembre. Pour feter l'evenement, nous allons boire de bons cocktails accompagnes de tapas nepalais dans un bar branche de Kathmandou avec Razeena et ses cousins. Nous dinons ensuite avec sa famille ou toutes les generations jouent au Uno (!) et attendant minuit en baillant. Apres les douzes coups fatidiques et une minute de voeux et d'embrassades, tout le monde file se coucher a la vitesse de la lumiere. Il faut dire qu'entre les coupures de courant et la nuit qui tombe a 5h, les gens se couchent tot et se leve tot.

Kathmandou, capitale congestionnee mais relativement organisee

La ville de Kathmandou est au fond d'une vallee, elle est donc tres tres polluee. Beaucoup de gens portent des masques, et il suffit de voir la noirceur de la fumee qui sort des pots d'echappement de la moindre voiture pour avoir envie de faire de meme. Les embouteillages sont terribles, meme s'il y a tres peu de voitures individuelles. Ce sont les bus, les minibus, les tempos (gros rickshaws pour 10 personnes) ou les taxis qui encombrent les rues. La vallee est constamment encombree d'un gigantesque halo de brume de pollution, qu'on voit parait-il en avion.

L'autre particularite de la ville, ce sont les coupures de courant. Seul le quartier du palais presidentiel et des ambassades a du courant 24/24, le reste de la ville est sans electricite 16h par jour! Concretement, cela veut dire des rues ou il fait noir comme dans un four (c'est la qu'on est heureux d'etre deux et d'avoir une lampe de poche!), des petites echoppes eclairees a la bougie, et pour les plus riches un generateur qui crachote de la fumee aussi noire que celle qui sort des pots des camions. Il devient alors tres facile de comprendre pourquoi ce pays ne produit rien a part des denrees agricoles...

Nous avons immediatemment remarque que la ville etait tout de meme plus vivable que les villes indiennes:

-il y a des trottoirs ) beaucoup plus souvent (meme s'il sont un peu defonces

-nous avons vu un camion ramassant les ordures (on se demande encore si ca existe en Inde)

-c'est globalement beaucoup plus propre, il y a des tas d'ordures mais on n'en enjambe pas toutes les 2mn

- quasiment aucun animal vivant n'a ete detecte a Kathmandou. Charles etait presque decu de ne pas voir de vaches.

-il y a des passerelles pour traverser les carrefours dangereux

-il n'y a pas de tuk tuk (rickshaw) qui vous poursuivent partout, car le systeme de tempos (10 passagers + 2 en equilibre sur le marche-pied d'un gros rickshaw) permet d'aller partout pour vraiment pas cher, et (oh joie) a prix fixe! C'est reposant!

Nous avons passe peu de temps dans Kathmandou meme, car les beaux sites sont parsemes dans la vallee et facilement atteignables par bus. Mais nous avons pu domir au meme endroit plus de 2 jours de suite, ne pas nous soucier de reserver une chambre pendant une semaine: une vraie pause dans notre vie de nomades!

samedi 10 janvier 2009

Gorakhpur-Kathmandou, le jour le plus long

Reveil le 30 decembre a Gorakhpur, pour notre dernier jour en Inde. De jour, la ville est toujours aussi miteuse, voire plus (avec le brouillard, il fait gris), et l'hotel n'est pas moins sale qu'hier. Nous aurions aime nous reveiller frais et dispo, mais la nuit n'a ete qu'un long klaxon ininterrompu, parfois recouvert de la voix de la speakerine de la gare, qui entrait jusque dans notre chambre (pratique pour savoir si le train qu'on veut prendre est en retard).

Desireux de partir le plus vite possible vers la frontiere nepalaise, nous "commandons" notre eau chaude a la reception.

We have hot water, sure

Il faut savoir que l'eau chaude en Inde, puis au Nepal, fut une affaire delicate. A partir de Delhi, tous les endroits ou nous etions proposaient evidemment de l'eau chaude, vu les temperatures la nuit. Sauf qu'il y a eau chaude et eau chaude, et que chaque hotel avait son propre petit systeme. Il y avait ceux ou il fallait prevenir la reception pour avoir le droit d'allumer le chauffe eau, il y avait ceux ou le chauffe-eau ne fonctionnait qu'a des horaires tres precises (le matin de 8 a 10, le soir), ceux ou il fallait demander un seau d'eau chaude, ceux ou la demande d'eau chaude activait un robinet pouvant remplir un baquet, ceux ou il fallait attendre un quart d'heure avant que l'eau froide devienne un peu chaude, etc.

Et bien sur, un coup c'etait tiede, un coup tiedasse, parfois presque chaud, rarement tres brulant. Au moins, le baquet d'eau chaude etait generalement l'assurance d'avoir de l'eau vraiment brulante, a melanger avec de l'eau plus froide.


Ici, a Gorakhpur, ca n'en finissait plus du tout. D'abord on nous a assure que le robinet d'eau chaude, duquel rien ne coulait, allait produire le precieux liquide sous 5 minutes. Au bout d'un quart d'heure, moi errant dans la petite chambre, Aglae refusant de sortir du lit sans assurance d'une eau chaude pour la de-frigorifier, je redescends a la reception, et signale que l'eau ne coule toujours pas, ni froide ni chaude ni rien. Je reclame deux seaux d'eau chaude, et remonte a la chambre. 20 minutes passent, et toujours pas de petit Nepalais exploite venant m'amener d'eau chaude. Pendant ce temps, je sens que nous prenons du retard sur notre voyage et que nous allons arriver tard a Kathmandou, d'autant qu'Aglae reste ferme dans son refus de bouger.


Sunauli, c'est fini
Je redescends a nouveau, et le receptionniste me montre que le seau n'est toujours pas rempli. En effet, du robinet coule un filet plus mince que la cheville d'un Somalien. Je finis par dire "stop, un baquet suffira", et nous prenons - enfin- notre toilette avec de l'eau chaude. Aglae sort du lit : VICTOIRE.

Nous sautons pieds joints dans un bus pour Sunauli, la ville frontiere avec le Nepal. Il fait froid et brumeux, le bus met du temps. Nous atteignons la ville cherie, qui n'est qu'une courte rue bordee d'echoppes - qui vendent principalement des cocottes minutes, allez savoir pourquoi. Achat de chips, tamponnage des passeports, et traversee un peu anonyme de la frontiere, notamment parce qu'il nous a fallu chercher les bureaux des douanes. En effet, les Indiens et les Nepalais peuvent circuler librement entre les deux pays, un peu comme nous en Union Europeenne.


Un petit panneau "Bienvenue au Nepal" nous fera quand meme comprendre que nous avons passe un cap!


Premieres (mauvaises) impressions
Autant le dire, notre premiere heure au Nepal fut catastrophique. On essaie de nous faire monter dans des bus hors-de-prix, alors que notre guide nous indique qu'il nous faut payer 2 a 3 fois moins. Les rabatteurs sont tres agressifs, et nous preferons prendre un petit rickshaw a velo jusqu'a une ville plus lointaine, ou il parait que plus de bus partent vers Kathmandou. Nous n'avons que 790 roupies nepalaises en poche, reste de notre argent indien change, car nous voulons attendre la capitale avant de retirer dans un distributeur automatique l'argent necessaire a note sejour.


Une fois arrivee dans la plus grosse bourgade, le velocycliste, qui avait accepte la course pour 10 roupies, en reclame 35. Nous lui en donnons 20, car il a fait un gros effort, mais il s'enerve comme un fou, et commence a nous suivre. Nous l'envoyons se faire foutre, tres enerve de ce genre de pratique malhonnete... avant de comprendre que ca n'est pas fini.


Un bus, pardon "des bus" pour Kathmandou
En effet, au guichet des bus, c'est la meme histoire : le monsieur "officiel" qui prend surement des comissions nous reclame 450 roupies par tete, ce que nous n'avons pas. Nous cherchons en vain un endroit ou prendre des bus d'Etat, toujours moins cher, mais personne ne nous dit ou les prendre, et nous ne saurons jamais s'ils existent.


Verts de rage et rouges de sueur, car il fait chaud maintenant que la brume s'est leve et que nos sacs pesent, nous finissons par trouver un bus qui nous fait payer ce que nous avons, soit 750 roupies (nous voulons garder de quoi atteindre le logement des amis d'Aglae chez qui nous sommes attendus a Kathmandou). On est persuades de se faire entuber, notamment parce qu'ils nous forcent a acheter le ticket dans un bureau alors que la plupart des gens payent une fois dans le bus. Nous insistons lourdement pour avoir le ticket, ils nous disent que ce n'est pas necessaire (pendant ce temps le bus fait mine de partir), et qu'il faut se depecher.


Nous ralons tellement qu'ils finissent par nous filer le precieux ticket. 20 minutes apres le depart du bus, nous comprenons que nous avons bien fait puisque le controleur exige de voir le ticket, et que sans ca nous etions bons pour repayer (alors que nous n'avions pas d'argent).


Nous comprenons quelque chose que l'avenir ne fera que confirmer : les Nepalais, des qu'ils sont relies au tourisme, sont non seulement pour la plupart antipathiques, mais aussi prets a tout pour faire payer l'autre, et ce differement de l'Indien. La ou ce dernier essayait de vous arnaquer, puis, en voyant que vous n'etiez pas dupe, revenait a des tarifs raisonnables, le Nepalais prefere ne rien vendre plutot que d'accepter qu'un Occidental ne paie pas 5 fois plus que ses compatriotes.

Il ne va pas sans dire que nous etions enerves, surtout que notre minibus s'arretait toutes les dix minutes pour prendre d'autres passagers, mettant en peril l'hypothese meme de notre arrivee a Kathmandou dans un futur proche.

Six heros venus d'Inde
Ce qui a surtout mis en peril notre voyage, c'est lorsque notre bus s'est soudainement arrete, longtemps, au milieu de la route. Le trafic semblait interrompu, et on voyait de plus en plus de gens marcher sur la route. Une heure passe, le moteur est eteint depuis longtemps, et nous demandons ce qu'il se passe aux passagers : accident on the road, nous repondent-ils. Surtout, ils nous expliquent qu'on peut attendre tres longtemps. Une demi-heure apres, je descends sur la voie pour comprendre ce qu'il se passe, d'autant que les passagers quittent le bus comme des rats un navire qui coule.

Sur la route, une impressionnante file de voitures arretees, dont certaines font deja demi-tour, et une enfilade encore plus impressionantes de gens qui traversent l'embouteillage a pied pour arriver de l'autre cote de l'accident. Je trouve des gens de notre bus en train de discuter violemment avec les responsables (chauffeur et controleurs) du bus. Ce fut notre rencontre avec le Groupe des Six Fantastiques. Pour l'instant il n'y en avait que deux, et l'un m'explique en anglais hesitant que le bus va repartir vers Sunauli, et qu'il faut prendre d'autres bus pour atteindre Kathmandou.

Mais avant, il va falloir se faire rembourser par les energumenes du bus, de mauvaise foi, d'allure bete et de visage deforme. Impossible seuls, sauf que celui qui m'a parle, qui porte une chemise jaune et que je surnommerai donc Chemise Jaune, nous sauve la vie en negociant a notre place le montant qui nous sera rembourse. Remboursement d'autant plus crucial que nous n'avons rien d'autre, et qu'au depart les abrutis du bus veulent tout garder pour eux, alors que nous avons fait au max 30 minutes de vrai trajet. Chemise Jaune se bat comme un diable, crie tres fort et tres bien, en hindi ou en nepali, nous ne saurons jamais.

Finalement, nous n'obtenons que 600 Rs, et encore parce que les filous qui nous ont vendu le ticket n'avaient pas indique la somme payee. Mais c'est deja pas mal, au debut ils voulaient nous donner 500 Rs. Nous embarquons nos bagages, et le plus gros abruti de la compagnie de bus se fout de moi lorsque je grimpe (habilement) sur le bus. Je l'insulte en francais, parce que ca fait du bien, et nous partons aux cotes d'une troupe heteroclite d'Indiens, qui s'assureront pendant toute la journee que nous puissions arriver a la capitale nepalaise entiers. Cette troupe, composee d'un vieux medecin de Bombay, de deux jeunes fous du Rajasthan, d'un vieil homme sans dents et de Chemise Jaune (dont nous saurons peu, a part qu'il vivait a Varanasi), et de quelques autres, constituera le Groupe des Six.

Refugies nepalais en quete d'un bus
Nous voila donc a pied, il est bientot 16 heures et nous avons fait a peine quelques kilometres depuis la frontiere. Avec nos sacs sur le dos, a avancer en meme temps que tous ces pietons, dont certains se trimballent d'enormes bagages, des gosses et des chaises, nous avons vraiment l'impression d'etre des refugiers fuyant des champs de bataille. La route est assez longue avant de croiser l'accident, qui consistera en un bus vide entoure de policiers. Pourquoi avoir bloque la route pour un bus vide non-accidente, meme pas un peu defonce ? Nous ne saurons jamais : mystere des pays pauvres a regime maoiste...

Sur la route nous faisons connaissance avec Notre Ami, celui du Groupe des Six qui parle le mieux anglais. Il est assez jeune, tres souriant, et est accompagne de son meilleur ami un peu gros surnomme Adidas (il portait un sac Adidas). Nous discutons un peu de tout et de rien, et il nous explique qu'on trouvera surement un bus de l'autre cote de l'accident. Au bout d'un moment, le groupe arrete en effet un bus assez plein, mais moins que les precedents qui comportaient des dizaines de passagers sur le toit. La negociation entre le Groupe des Huit (eh oui nous en faisons partie maintenant) et les employes du bus, de jeunes cretins comme d'habitude, est longue. Tres longue. Le bus nous poursuit, fait mine de partir, nous attend, des prix fusent. Ca crie a mort, et nous ne comprenons rien.

Finalement, et comme toujours apres, le Heros, a savoir Chemise Jaune, intervient de maniere calme et decidee, fait rire les deux parties de la negociation, et nous montons dans le bus. Aglae et moi reussissons rapidement a degoter des places. Les Indiens comprennent que nous n'avons pas de quoi payer le prix qu'ils ont negocie, mais Notre Ami intervient promptement et propose de nous avancer les sommes. Nous lions connaissance avec le vieux medecin, et le bus repart cahin-caha. Notre Ami nous offre des noix de coco achetees a un vendeur lors d'un arret.

Le trajet est long, et la nuit tombe vite : nous nous souvenons de toutes les recommandations du Guide du Routard - eviter a tout prix les bus de nuit au Nepal, tres dangereux. Il parait meme que les conducteurs sont souvent ivres. En attendant c'est Notre ami et Adidas qui debouchent de petites bouteilles de rhum et nous forcent a en boire. Il faut savoir que les Indiens boivent le rhum d'une etrange facon, en le melangeant a l'eau, comme le Pastis... Comme en plus il ne faut pas toucher les bouteilles avec la bouche, car cela offusque les Indiens, et que le bus bouge beaucoup, j'en renverse pas mal a cote, mais les quelques gouttes qui tombent dans notre bouche suffisent a calmer l'angoisse.

Etape a Nulle Part
Finalement le bus semble arriver... mais pas a Kathmandou. Nous sommes laches dans une petite ville de province dont nous ne connaitrons jamais le nom, perdu dans une petite gare routiere. Les rabatteurs de taxi et de rickshaws semblent ignorer que nous sommes accompagnes et nous proposent leurs services, en s'approchant de nous et en chuchotant a mon oreille d'une voix suave. Un peu comme on proposerait de la drogue, ou une passe de prostitution, oui... L'effet est malaisant.

Notre ami et Chemise Jaune prennent vite la decision de se plonger dans un restaurant, avant de prendre un nouveau bus. Le monde pourrait s'ecrouler autour des Indiens, je ne crois pas qu'ils en seraient plus stresses. Leur calme ne nous calme pas vraiment, mais nous apprecions le repas, d'autant qu'il nous est offert par Notre ami et Adidas, qui poussent le respect jusqu'a nous isoler par un rideau des autres clients du petit restaurant (et du reste du groupe des Huit).

Finalement nous reprenons un autre bus. Nouvelle longue negociation, dont Chemise Jaune, decidement le heros tranquille de notre histoire, triomphe encore. On entend des prix voler, nous donnons quasiment tout ce que nous avons a Notre Ami, tout en sachant que cela ne suffit pas du tout. Une fois dans le bus, le controleur essaie de nous faire payer une grosse somme de roupies. Les Indiens lui hurlent que nous faisons partie de la somme generale qu'ils ont negocie, et que nous n'avons pas a payer. Cela ne l'empechera pas de revenir deux fois tenter de nous extorquer de l'argent que, de toute facon, nous n'avons pas. Les Nepalais nous enervent deja un maximum.

Le trajet sans fin
Ce bus, le dernier, cense nous amener a Kathmandou directement, mettra un temps infini a arriver. Peut-etre 6 ou 7 heures, alors que nous avions deja fait 4 ou 5 heures de bus (normalement, on met 7 a 8 heures pour atteindre Kathmandou depuis la frontiere). Surtout, entre les moments de pure panique occasionnes par la vitesse excessive dans des montees, des descentes et des virages infernaux et par les coups de freins devastateurs, le bus nous offre de reels plages de lassitude et d'enervement lorsqu'il s'arrete toutes les heures, parfois 10 minutes, parfois une heure. Nous perdons completement la notion du temps, nous endormons quelques minutes, nous reveillons a chaque virage. Les Indiens dorment tous du sommeil du juste, sommeil du juste ameliore par les quantites incroyables de rhum qu'ils absorbent et essaient de nous faire absorber.

A un moment, Notre Ami, completement ivre, m'a achete des mandarines et m'a dit que nous etions ses petits freres et qu'il se devait de nous proteger jusqu'a notre arrivee. Les mandarines etaient bonnes.

A quatre heures du matin, nous apercevons plus d'habitations sur le cote de la route, et comprenons que nous arrivons. Emergeant de la nuit noire a la fenetre, nous apparait l'espace d'un instant 4 gigantesques statues bouddhistes, toutes en or. Nous sommes bien dans la bonne ville!

Le probleme : il fait nuit noire, il est trop tard pour rejoindre l'hotel de Razeena, l'amie d'Aglae, et nous avons 50 Roupies Nepalaises en poche (50 centimes d'euros, oui). Surtout, la nuit a Kathmandou, il fait bien 2 degres Celsius. Un jeune homme sympathique nous propose de loger chez lui, sans que nous sachions s'il s'agit d'une ruse ou s'il est vraiment sympathique, mais Notre Ami nous dit que nous pourrons nous poser a l'hotel ou ils vont tous dormir, et que nous partirons une fois le Soleil leve. Nous le suivons, pas tres rassures, mais nous n'avons pas d'autre alternative.

Courte nuit
Alors qu'il fait vraiment tres froid et que nous sommes en pleine nuit, le Groupe des Huit prend son temps, et va boire un chai, ces thes chauds indiens au lait, achetes a des semi-clochards qui passent la nuit autour d'un feu. Ils nous offrent, se prennent des clopes, pas presses... A un moment donne, nous nous demandons s'ils vont partir d'ici ou s'ils attendent le lever du Soleil. Aglae se transforme petit a petit en pingouin grelottant.

Puis le groupe se dirige vers des taxis. Nouvelle longue negociation, d'autant que les taxis ne savent pas ou se trouve l'hotel recherche. Le groupe se repartit dans deux taxis, pour un parcours seme d'engueulades avec le chauffeur. Ce dernier, pendu a son telephone, reveille le personnel de l'hotel pour trouver son chemin, se trompe, puis finit par trouver de sombres ruelles menant a l'hotel. La ville est completement endormie et nous aimerions bien dormir!

Nous echouons dans une petite pension, ou des Nepalais ensommeilles allument quelques faibles bougies (pas d'electricite, il fait nuit noire partout). Ils tentent de nous faire payer une chambre, mais Notre Ami et Adidas insistent pour que nous dormions dans la leur. Ils se pousseront dans un seul lit, nous laissant un petit lit pour que nous puissions dormir deux heures.

Nous sommes enfin arrives au Nepal, mais ce fut tellement chaotique!

(a ce propos, desole pour la longueur du message, et merci a ceux qui ont suivi jusqu'au bout!)