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vendredi 26 juin 2009

Universellement crétin

15 avril

Apparemment, les Chinois ont besoin de reconnaissance internationale. On croirait même qu'ils ont attrapé un virus lorsqu'ils ont organisé les Jeux Olympiques de Pékin de 2008. Déjà parce que l'évènement a beau être passé, on voit encore partout des pubs, des stickers et des casquettes à l'effigie de l'évènement. Et ce même si on approche de la date anniversaire des JO de Beijing.

Il est probable qu'une minorité de gens ont remarqué le ridicule de la situation (vous vous imaginez, s'il y avait encore des pubs à la télévision pour France 98 ?), ou ont en tout cas compris qu'il n'allait pas être possible de surfer indéfiniment sur ces JOs. Toujours est-il qu'ils se sont trouvés une nouvelle marotte, ces Chinois futés : Shanghai a été choisie pour organiser l'Exposition Universelle de 2010.

Il faut l'avouer, partout ailleurs dans le monde l'Exposition Universelle ne produit pas plus de ferveur qu'une partie de pétanque organisée chez Valérie Giscard d'Estaing. Mais à Shanghai, c'était LA principale raison de vivre. A tous les coins de rue, des statues de la mascotte de Shanghai, une espèce de... chose... indescriptible. Je joins une photo pour que vous vous rendiez compte :


C'est une bonhomme bleu censé représenter l'Expo. Il est absolument partout, partout, partout. Petits dessins-animés sur les télés du métro ou du bus, en nounours, en dessins sur des bateaux, en carton sur des immeubles, sur les stylos, les magazines, les livres... Immanquable mais bien sûr insupportable, l'Exposition Universelle concentre tout le pouvoir de propagande du pouvoir central. On imagine bien l'idée derrière : c'est la crise, les Chinois commencent à avoir assez d'argent pour vouloir aussi la liberté qui va avec, envoyons-leur une mascotte bleue pour leur vider la tête ! Faisons de l'Expo Universelle une grande fête à laquelle tout le monde participera (participation = construire des nouveaux bâtiments pour accueillir les délégations de tous les pays), ça leur changera les idées.

Le slogan, répété partout, est particulièrement crétin : "Better city, better life". Contrairement à tout ce que vous avez pu croire, avoir de quoi manger, avoir de quoi se soigner, avoir le droit de se déplacer librement dans son pays et dans d'autres pays, avoir droit à une justice équitable, tout ça n'est pas du tout l'assurance d'avoir une meilleure vie que les autres. Non, il faut juste une meilleure ville de Shanghai !

Wouah Shanghai !!!
Blague à part, l'Expo Universelle était bien évidemment à l'honneur au Musée d'Urbanisme, notre pire expérience à Shanghai. J'y ai suivi Aglaé, qui avait très envie de le visiter, vu le métier qu'elle veut faire.

Une expérience horrible, oui. D'abord il y avait une salle insupportable censée représenter le Shanghai du temps des colons (pas bien ! mais joli hein, mais pas bien non plus!), assorti de mythiques vidéos ridicules, représentant sous les traits d'acteurs démoralisés des épisodes "hystoriques" Shanghai. On y voyait des pécheurs, des philosophes chinois, etc. Premier éclat de rire, le dernier probablement.

Suite du musée, donc, avec l'étage entier consacré à l'exposition universelle. Succession de salles avec des milliers de textes écrits en chinois. Comme pour tout le reste du musée, un texte sur vingt est traduit (je dirais plutôt résumé) en anglais. Et pourtant, ils réussissent la prouesse bien chinoise de se répéter. Sacrés muséographes chinois, toujours là pour se répéter.

Joyau de l'étage, la vidéo envoyée par Shanghai au comité qui devait décider de la prochaine ville qui accueillerait l'expo. Sommet de kitscherie à la chinoise : musique au violon, sourires, ethnies chinoises partout, et surtout, surtout, les enfants. Au début, nous remarquons une présence ahurissante de mignons enfants chinois souriants (le film débute même par une enfant "trop chou" qui chantonne une chanson chinoise "trop mignonne"). Au bout d'un moment, je comprends qu'il s'agit DU PRINCIPAL argument de vente de Shanghai : je compte qu'un enfant est présent en moyenne un plan sur trois.

C'est littéralement du terrorisme intellectuel : comment pouvez-vous refuser de donner l'organisation lorsque vous avez vu tant d'enfants mignons ? Hein ? Ce serait vraiment dégueulasse, non ?

Le reste du musée est navrant : outre le manque d'intérêt criant des choses exposées, et le côté creux des discours, partout des écrans tactiles, des machines incroyables, des senseurs, des écrans à réalité double, des micros, des casques et... quasiment rien ne marche. "Des réglages sont en cours" à tous les étages.

Typique des Chinois actuellement, qui veulent tout faire comme les Occidentaux, trop vite, trop fort, mais qui n'ont pas les moyens techniques et financiers de suivre. Alors ils font illusion pendant cinq secondes et quand le monde a regardé ailleurs, rien ne marche déjà plus. Un peu comme dans la scène de La vérité si je mens 2 (eh oui la référence), où les héros font visiter l'usine en Tunisie, où aucun ordinateur ne marche, et où tout le monde fait semblant de taper sur des écrans éteints.

Un peu comme les Soviétiques, oui, aussi.

Enfin, clou non plus de l'étage, mais de la visite, une salle-cinéma à 360° (la seule "attraction" qui n'était pas cassée), où se pressaient des lycéens chinois. Un film en images de synthèse montrait le Shanghai de demain, ou d'aujourd'hui, ou d'après-demain, le temps d'une journée (pas bien compris). On survolait la ville à toute vitesse, comme dans un hélicoptère, pendant que deux voix-off d'enfants s'enthousiasmaient à force cris sur la ville.

(mais pourquoi des voix d'enfants dans un musée d'urbanisme ? est-ce que tous les Chinois sont devenus idiots ?)

Comme ils parlaient en chinois, nous n'avons strictement rien compris, à part les réguliers "WAOUH" poussés par les enfants, faisant sembler de s'extasier sur Shanghai.

Une vidéo drôle mais un peu déprimante, qui montrait une fois encore ce que nous vous disions il y a trois messages : Shanghai est une ville jolie de loin, très bien conçue vue d'avion, mais absolument pas pensée à échelle humaine. Une ville qu'on aimerait parcourir en hélicoptère, si seulement on en avait un !

(allez une autre pour la route)

Rejoignons-nous dans Tong Li(t)

14 avril

Plusieurs petits villages charmants entourent Shanghai, chacun d'eux étant une Mecque du tourisme : Suzhou, Hangzhou, Zhouzhang. Il paraît que dès qu'il fait beau des foules ahurissantes s'y pressent et investissent chaque centimètre carré de leurs jardins chinois, de leurs canaux charmants, de leurs parcs, de leurs lacs et de leurs collines sacrées.


Aussi avons-nous décidé de plutôt opter pour Tongli, petit village moins touristique, peut-être moins beau, aux alentours de Suzhou, en lointaine banlieue Shanghaienne. Tongli, outre ses petits canaux et ses jardins chinois, propose en plus un musée de la culture sexuelle chinoise, qui à notre grande surprise, était recommandée par le Guide du Routard ET le Lonely Planet comme LA visite à faire dans la région.

Musée fondé par deux sociologues-anthropologue, il a été assez récemment déplacé de Shanghai, où il était un peu gênant, dans cette ancienne école de filles (!), à Suzhou. Le musée n'était pas notre raison de venir, mais vu les commentaires dythirambiques de ceux qui y étaient allés, nous avions décidé d'y faire un tour.

Le trajet de Shanghai à Tongli, en TGV puis en bus, est long et pénible, dans la mesure où tous les TGV du matin étaient pleins à notre arrivée à la gare. Par ailleurs, lors du changement à Suzhou, le harcèlement des chauffeurs de taxis pour nous amener jusqu'à Tongli au tarif fort est rapidement énervant.

Nous pénétrons finalement dans le village de Tongli (qui doit bien avoir 300 000 habitants). Dès qu'on rentre dans la vieille ville, l'enchantement est partout : des petits canaux ombragés sinuent le long de quais plantés d'arbres, où de petites tables semblent vous tendre des bras chargés de plats chinois salés, huileux et goutûs.

Nous nous promenons de jardins chinois en jardins chinois, nous nous perdons dans les ruelles, évidemment, prenons un déjeuner au bord de l'eau, admirons une étrange femme qui fait de la pêche au cormoran (les oiseaux ont une ficelle serrée autour du cou pour éviter qu'ils avalent les poissons qu'ils pêchent), et qui pose pour les photographes.


The sex culture museum
Certains d'entre vous attendent ces paragraphes avec impatience, je ne les juge pas.
Avant tout, situé dans le ravissant village dont je vous parlais, le musée du sexe de Tongli, quasiment vide, est surtout un lieu magique : une enfilade de cours calmes, avec petits pavillons, verdure et tutti quanti, vous donne envie de vous arrêter de longues minutes.

Sauf que oui, dans ces jardins, il y a des statues... comment dire... ce sont des statues de toutes époques, certaines de cultures primitives, certaines récentes, et toutes sont vraiment, vraiment drôles. Les photos étaient interdites, et quand bien même il ne faut pas que ce blog soit interdit aux moins de 18 ans, donc vous ne les verrez pas. Disons juste que nous avons beaucoup ri.

Le musée était très intéressant. Féministe, engagé, polémiste surtout dans une Chine encore héritière de la pudibonderie de Mao (qui avait imposé le port de sous-vêtements gris pour éviter que les travailleurs n'aient de tentations). On découvre la Chine comme un continent où la sexualité n'était pas autant attachée à la faute qu'en Occident, puisque les valeurs judéo-chrétiennes n'existent pas. On découvre beaucoup d'humour, mais surtout beaucoup de sérieux dans ce musée parfois très naïf.

A un moment de notre visite de Tongli et de ses jardins, je regarde négligemment ma montre : nous nous rendons compte que l'heure approche où plus aucun bus ne partira de ce petit village pour rejoindre Suzhou, où nous devons prendre le train pour Shanghai. Catastrophe ! Nous avons tellement aimé notre visite que nous avons complètement oublié l'heure, comme toujours. Nous repartons de la partie vieille de la ville en courant, et arrivons exténués à la gare de bus, qui était assez lointaine. Nous attrapons le dernier bus, puis c'est le train, puis c'est le retour dans cette belle ville de Shanghai, avec JS et C.

(nous avons donc mangé turc, cherchez l'erreur)





Délices culturels et culinaires de Shanghai

13 avril

Nous décidons de visiter un musée, histoire de se mettre un peu au point sur l'art chinois dont nous ne connaissons rien. En cherchant le musée Place du Peuple, nous nous retrouvons au milieu d'une expo d'art contemporain absurde, sur le thème des fleurs de tournesol fanées ou grillées par le soleil. C'est incroyablement moche. Nous réalisons alors que nous avons confondu l'Art Museum of Shanghai et le Shanghai Museum of Art.

Une fois dans le bon musée, nous passons toute la journée à aller de mystérieux vases en bronze en magnifiques sculptures de Bouddha, de vases en porcelaine bleu et blanc en panneaux recouverts de superbes calligraphies. C'est passionnant et la muséographie est très belle. Les explications sont partout en anglais et moins répétitives que d'habitude. Reste toujours le ridicule penchant des chinois pour un patriotisme forcené qui n'a pas sa place dans un musée: nous avons beaucoup ri en lisant que " le monde entier est reconnaissant à la fantastique et très raffinée civilisation chinoise pour son incroyable et merveilleuse invention de la porcelaine". Par contre, nous n'avons pas trop compris la passion des Chinois pour le jade.

Aux alentours du grand parc dans lequel sont rassemblés tous les musées de Shanghai nous sommes abordés pas moins de trois fois par des couples d'étudiants voulant discuter avec nous pour pratiquer leur anglais autour d'un thé. C'est en fait une arnaque classique en Chine: la maison de thé où atterrissent les touristes leur apporte une addition démente que beaucoup n'osent pas refuser de payer. Heureusement que nous étions prévenus... Nous refusons poliment leur invitation.

Le quartier des musées

Shanghai est aussi l'occasion de renouer avec la nourriture chinoise après les délices du Japon. Sur les conseils de JS et C nous testons deux restos chinois délicieux. Dans l'un d'entre eux, l'obstacle terrible de la carte écrite uniquement en chinois est surmonté grâce à une charmante Hong-Kongaise qui vole à notre secours.
Mais la nourriture "de la maison" commence aussi à me manquer. Pour combler cette nostalgie, C nous concote très gentiment un délicieux gâteau en chocolat. Indubitablement le meilleur dessert qu'on ait mangé en Chine!

A la recherche des charmes cachés de Shanghai

12 avril

JS et C étant parti à Xi'An pour le week-end, nous bénéficions du luxe inouï d'avoir un bel appart pour nous. Après le rythme trépidant du Japon, nous étions bien contents de nous faire des soirées DVD, avachis sur le canapé... comme à la maison!

Nous nous sommes aussi baladés dans des coins un peu plus calme de la ville. La concession française garde un joli charme grâce aux habituels platanes. Retrouvés au Laos et au Vietnam comme preuve irréfutable de la présence française, les platanes nous font avouer que planter des arbres le long des avenues est plutôt une bonne idée!

Voir des habitations à taille humaine, parfois avec un petit charme désuet, nous fait du bien. Le clou de la balade est sans aucun doute l'ancien Cercle Sportif Français. C'est un beau bâtiment Art Déco transformé en palace. L'intérieur est magnifique. Nous tombons sur un ascenseur et Charly propose de monter visiter. J'ai un peu peur car nous ne savons si c'est permis. Je finis par acquiescer. L'ascenseur de verre monte, monte sans jamais sembler s'arrêter. Je ne comprends rien car nous sommes censés être dans un bâtiment de trois étages. Tout à coup les murs disparaissent et nous nous élevons au dessus de la ville. C'est époustouflant!


Nous sommes en fait en haut d'une tour de béton accolée au bâtiment original, que je n'avais pas remarquée en entrant dans l'hôtel. Nous contemplons l'incroyable forêt de tours à perte de vue, seulement entamée par des autoroutes aériennes. Après une longue contemplation, nous baissons les yeux et repérons plus bas un mariage dans le jardin de l'hôtel et décidons d'aller y jeter un coup d'oeil.

La cérémonie est calquée en tout point sur un mariage dans une série américaine : robe blanche, arche de fleurs, faux prêtre... Le pire reste la musique ajoutée au mariage : pleine de suspense pour l'échange des consentements, envolée de violons au moment du baiser des mariés, puis ABBA à fond pour clore joyeusement la cérémonie. Comme s'ils n'avaient pas compris que la musique dans les films américains était rajoutée après-coup, et non pas présente au moment du mariage. Sur ce, les deux mariés lâchent chacun un ballon en forme de coeur, donnant le signal à toute l'assistance de lâcher leurs propres ballons avec des cris de joie.


Tout cela est tout à fait représentatif de la fascination des jeunes chinoises pour les mariages à l'occidentale. Certaines (alors qu'elles sont bouddhistes ou athées) vont même jusqu'à se marier dans de fausses églises avec un faux prêtre pour faire comme dans les films!

Nous découvrons un mini-quartier de Shanghai, humain et sympa, nommé Xintiandi : de veilles maisons populaires ont été à peu près correctement restaurées, puis transformées en quartier branché avec restos en terrasses et boîtes de nuit. C'est devenu un lieu à la mode un peu surfait mais qui permet de retrouver quelques traits du vieux Shanghai. Un mini-musée retrace l'histoire du quartier et présente une maison meublée façon années 30. Un vrai voyage dans le temps ! On découvre enfin l'histoire de cette ville qui semblait jusqu'ici avoir rompu les amarres avec son passé.

mardi 23 juin 2009

Réconciliation avec Shanghai

11 avril

Un super accueil!
Notre auberge de jeunesse prend définitivement un air de camp de réfugiés quand nous voyons une famille nombreuse avec un bébé sortir d'une des chambres. Ils ont l'air d'habiter là depuis longtemps. Nous explorons un peu plus la ville nouvelle de Pudong avant de partir chez JS. C'est toujours complètement disproportionné et les seuls lieux de vie sont d'immenses centres commerciaux... l'horreur.

Remettre nos gros sacs sur nos dos complètement en compote est particulièrement douloureux. Mais l'arrivée chez JS (le frère d'une amie de Charly) et sa petite amie C est un soulagement. Ils vivent dans un grand appart' clair et super bien décoré et ils ont même un chien! Nous retenons des hurlements de joie quand la maman de JS, en visite à Shanghai, nous invite dans un resto français. Nous commençons à nous remettre de notre arrivée catastrophique, Charly retrouve son sourire qu'il avait laissé tomber dans son frappuccino Starbucks.

Jardin chinois et "vieille-neuve ville"
La première impression avait été désastreuse, mais nous décidons de visiter la "vieille ville" pour tenter de découvrir Shanghai sous un autre jour. Après avoir gémi de désespoir devant une fontaine en forme de dragon crachant de la vraie fumée, nous passons par une petite porte et nous retrouvons instantanément dans un endroit merveilleux.



C'est un très vieux jardin chinois, veritable refuge calme et rafiné au milieu de cette ville bruyante et de mauvais goût. Un jardin chinois, qui n'a pas grand-chose d'un jardin, est constitué de multiples petits espaces à ciel ouvert, ceints de murs blancs eux-mêmes percés de portes rigolotes, chaque espace clos représentant un paysage différent qui incite à la méditation. Des petits pavillons de bois rouge, des étangs, des pierres aux formes étranges, des arbres tous tordus, des poissons rouges, des petits ponts et quelques fleurs forment un labyrinthe charmant. Nous nous y perdons volontiers.



Le retour à la réalité est un peu violent. En sortant, nous sommes attaqués par une odeur pestilencielle. Nous en cherchons l'origine et découvrons, effarés, qu'un restaurant propose des raviolis aux ovaires de crabes. Nous fuyons en courant à travers la vieille-ville.
Les anciennes maisons ont toutes été repeintes d'un rouge criard et transformées au mieux en restos et magasins de souvenir, au pire en un véritable centre commercial. Ce style "faux-vieux" donne l'impression d'être à Disneyland, encore plus que dans le Yunnan. De toute façon, la "vieille-ville" ne fait que trois pâtés de maisons et nous nous retrouvons bientôt à nouveau encerclés par les pallisades, les terrains vagues et les grues.


Nous finissons par déboucher sur le Bund où nous étions la veille. De nuit et sans gros sac à dos, c'est beaucoup plus joli! Les vieux immeubles style New-York des années 30 sont vraiment très classes et la skyline sur la rive d'en face impressionnante. Cependant, le légendaire mauvais goût local n'est jamais très loin: des publicités se promènent sur l'eau par le biais d'écrans géants installés sur des bateaux, les télescopes à pièces mises à disposition des touristes se mettent à faire une musique ridicule losqu'elles sont en marche... Je ne peux retenir un soupir en constatant que même l'élégante tour "décapsuleur", de couleur gris-acier la journée, est éclairée en violet scintille la nuit...



Nous rentrons par la grande rue commerçante que nous avons tant parcouru la veille pour rejoindre le métro. Les néons multicolores brille de mille feux, Shanghai nous laisse un peu dégoutés, un peu fascinés mais surtout fatigués!

Une première journée vraiment nulle à Shanghai (2/2)


vue de Pudong depuis le Bund

Toujours le 10 avril
Après avoir mangé quelque chose de consistant, car nous avons enfin plein d'argent (Aglaé doit m'arrêter car je veux tout acheter), nous appelons JS.

Nous passons d'abord deux heures à essayer de l'appeler depuis notre téléphone portable, qui conserve encore la carte SIM qui fonctionnait à merveille lorsque nous étions dans le Yunnan (c'est Silvia qui nous l'avait passée, et nous l'avions rechargée à Kunming) . Ce que nous ne savons pas, c'est que notre carte SIM ne marche plus ; d'ailleurs nous ne comprendrons jamais pourquoi elle a cessé de marcher. Donc pendant plusieurs heures nous croyons que c'est le téléphone de JS qui ne marche plus ou qui est éteint... comment savoir ce que raconte la voix en chinois ?

Un cyber inoubliable
Nous vous parlons régulièrement des cybercafés que nous avons pu visiter pendant le voyage. Impossible de ne pas évoquer celui de Shanghai, où nous nous rendons pour vérifier le numéro de portable de JS et lui envoyer un mail pour lui dire que nous ne parvenons pas à le joindre.

La femme qui nous accueille est à l'opposée de tous les gens que nous avons pu rencontrer au Japon, et symbolise toute la mauvaise grâce chinoise. C'est une jeune fille, un peu grasse, habillée et maquillée avec outrance, dans le style gothique. Elle a un air perpétuellement ennuyé, parfois irrité. Lorsque nous nous adressons à elle pour lui demander deux ordinateurs, elle semble énervée, genre "mais pourquoi faut-il que ça tombe sur moi ?". Elle nous demande nos passeports sans nous regarder, les enregistre, nous demande l'argent d'un air méprisant, puis nous jette la monnaie dessus. Quand je dis "jette", ce n'est pas l'image habituelle, c'est littéral : elle nous jette les billets au visage, de la façon la plus sèche et la plus méprisante possible.

Aglaé et moi choisissons d'en rire, mais autant de mauvaise humeur fait mal. Nous sommes pourtant rassurés, d'une certaine manière, par le fait que les autres personnes qui s'adressent à la jeune gothique sont accueillies avec autant de haine muette.

Une fois notre affaire faite, nous nous déconnectons, avant de nous rendre compte que nous avons oublié de faire quelque chose sur internet. Nous retournons au comptoir pour demander une heure supplémentaire à cette chinoise (qui bien entendu ne parle qu'à peine anglais). Elle finit par me regarder, lance un long soupir, puis : "WHAT DO YOU WANT AGAIN ?". Charmante demoiselle, dont il était difficile de ne pas tomber amoureux.

Nous ressortons, nos sacs toujours sur le dos, et décidons d'aller nous promener en attendant que JS rallume son portable. Je fais découvrir à Aglaé le Bund, alors que la masse de touristes semble assez surprise de nous voir avec nos énormes bagages sur le dos. La vue est vraiment spectaculaire, et semble presque fabriquée, avec d'un côté l'Histoire, et de l'autre les gratte-ciels mégalos.


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La Chine ne manque pas de selles
La monumentalité et la majestuosité de l'ensemble sont vite interrompus lorsque, à côté de nous, la mère d'un petit enfant chinois ouvre les boutons pressions de l'arrière du pantalon de son marmot, et le fait déféquer sur le tarmac de l'avenue la plus prestigieuse du pays.

Oui, il faut vous expliquer, c'est un peu déstabilisant. Il faut vous dire que les petits enfants chinois ne portent pas de couches. Jusqu'à ce qu'ils aient environ 10 ans, tous les enfants ont ces pantalons ouverts au niveau des fesses. Lorsqu'une envie leur prend, ils s'accroupissent, ouvrent cette "braguette arrière", généralement fermée par des pressions, et se soulagent. Dans la rue, à l'intérieur (souvenez-vous de la gare de bus à la frontière chinoise), dans le métro : quel que soit l'endroit, ils se lâchent. On voit alors arriver la mère, parfois une femme très élégante, avec du papier toilette à la main, et un sac plastique. Comme avec les chiens en ville, il s'agit de ramasser la crotte, et de la jeter à la poubelle.

Des touristes occidentaux m'ont dit avoir vu des mères remuer leur enfant au-dessus de poubelles, afin de s'épargner l'étape du sac plastique... Poésie...

Pour les Chinois, par contre, aucune honte, puisque cette pratique est complètement normale et acceptée. Deux semaines plus tard, à Pékin, nous avons même vu une splendide statue dépeignant des petits enfants jouant, et même sur cette statue, on pouvait apercevoir leurs petites fesses à travers les trous des pantalons. C'est culturel, comme on dit !




Starbucks - téléphone - starbucks - téléphone
Nous rentrons déjeuner dans le centre-ville. Il fait vraiment chaud, et les sacs pèsent. Nous décidons de nous rapatrier dans un Starbucks après déjeuner. Histoire de continuer avec les grandes chaînes capitalistes, après McDonald's et notre déjeuner à Yoshinoya (chaîne de fast-food japonais). Il y fait frais, et à part les clochards qui passent toutes les dix minutes (le même muet repasse toutes les 30 minutes, et s'énervera à chaque fois un peu plus que nous ne voulions pas lui donner d'argent), personne ne nous dérange. Il y a même des toilettes aisément accessibles et propres dans le centre commercial qui le jouxte. A un moment d'abattement, plus tard dans la journée, j'aurai même l'occasion d'y faire une sieste, perfidement immortalisée par l'appareil photo d'Aglaé :


De ce Starbucks nous passerons la journée à faire des allers-retours entre le café et la cabine téléphonique de l'avenue à côté. En effet après avoir compris que le problème venait de notre téléphone, nous avons acheté une carte, et passons l'après-midi à tenter d'appeler JS.

Toujours aucune nouvelle de lui, ni par mail, ni par téléphone et, lentement mais sûrement, nous commençons à désespérer. Nous sommes arrivés depuis l'aube dans cette ville pas forcément très accueillante, il fait chaud, nous ne savons que faire de nos valises, et n'arrivons pas à joindre notre toit pour la nuit.

Après plusieurs heures où nous finissons par être un peu à bout, la nuit tombe. Les immeubles se parent d'atours colorés et de néons kitschs. Un homme joue du saxophone à la fenêtre d'un centre commercial. Je continue à faire mes allers-retours, nous continuons à squatter le Starbucks, le clodo continue à nous harceler (quelle misère que les grandes villes chinoises !).

Nous décidons d'arrêter de tenter de joindre JS, qui a dû avoir un problème. Nous nous mettons alors à appeler la poignée d'hôtels que nous pouvons nous offrir à Shanghai. Tous sont pleins, et le désespoir monte en même temps que les prix des hôtels non-pleins. Finalement, au moment où nous nous enfonçons dans l'échec, je demande à tout hasard au patron d'une énième auberge de jeunesse pleine s'il connaît un établissement libre :

- Nous avons une annexe à Pudong, mais je ne sais pas s'il y a de la place, je n'ai pas accès à leurs fichiers !

Nous appelons l'annexe du Captain Hostel située de l'autre côté du fleuve : elle dispose bien de lits pour nous ! Soulagement intense, mais nous sommes quand même à bout de forces, après cette journée à attendre... pour rien.

Pudong, dessin d'architecte

Nous prenons le métro, et débarquons à Pudong, le pays des extra-terrestres.

J'exagère à peine. Pudong, de loin, est une cité visuellement superbe : grands immeubles de verre conçus par les plus grands architectes, qui se livrent à une stimulante course à l'audace verticale. De près, l'impression d'être des fourmis prédomine l'ensemble. A New-York, à Bangkok, vous êtes une fourmi au milieu des immeubles, mais il y a tellement de fourmis qui vivent autour de vous, que ce n'est pas grave, que vous n'avez aucun complexe à faire des choses de fourmis au milieu des géants.

A Pudong, il n'y a pas de fourmis autour de vous. Il n'y a que des voitures. Les avenues y sont plus gigantesques que de l'autre côté du fleuve, les trottoirs sont des autoroutes, il n'y a pas de magasins : Pudong est une ville morte. Tout le monde semble s'être réfugié dans les étages des grandes tours. Nous errons bien 40 minutes pour trouver notre hôtel, faisons des détours gigantesques, car il est impossible de ne pas se perdre dans cet endroit. Faire 100 mètres est aussi long que faire un kilomètre, dès lors qu'il faut traverser des rues à 8 voies, dont les feux sont rarements piétons.

Pudong représente le plus grand défaut de l'urbanisme à la chinoise (qui a des milliers de qualités), qui est un urbanisme centralisé, autoritaire, tout-puissant : son principal risque est de créer des villes qui ressemblent à des plans d'architecte, très impersonnelles, et en tout cas pas du tout à échelle d'humain.

Au Captain Hostel, ambiance visuellement fun (l'auberge est une reconstitution de bateau, avec fenêtres rondes comme des hublots, et mille détails faisant d'elle une auberge "à thème"), mais accueil froid comme tout : deux énergumènes qui ont oublié leur sourire dans leur village natal nous font signer les formulaires sans nous parler.

Aglaé fera une rencontre étonnante dans son dortoir : elle sympathise avec une Chinoise qui semble littéralement vivre là. En effet cette dernière, qui n'a pas la jeunesse afférente à une auberge de jeunesse, a amené tous ses habits, qu'elle accroche sur un portant à l'origine mystérieuse, ou qu'elle plie sur un des lits, qui n'appartient visiblement à personne.

Dans mon dortoir, un vieillard fait irruption, crache tout l'intérieur de son gosier, puis va se coucher. Ne sommes-nous pas plutôt dans une auberge de vieillesse ?

Pour clore cette journée impossible, nous décidons, avant de nous coucher, un peu au hasard, de passer un coup de fil à JS. Et là, miracle, il décroche :

- Allô, JS ?
- Oui, c'est toi Charly ?
- Ouah... tu es vivant ? Pas eu d'accident ?
- Non, non, ça va, j'ai essayé de t'appeler toute la journée, pas réussi à t'avoir, il est cassé ton téléphone ou quoi ?
- euh oui, mais nous aussi on a essayé de t'appeler, on n'a pas réussi à t'avoir !
- mon portable était déchargé, je sais, désolé. En tout cas, moi j'ai relu le mail que tu m'avais envoyé, tu m'avais dit que vous arriviez dans deux jours !
- Quoi ?
- Oui oui, tu m'avais dit que tu arrivais le tant, c'est dans deux jours. Donc moi je peux vous loger à partir de demain, pas de soucis, mais pour ce soir c'est mort, y a ma mère qui loge chez nous.
- Ah mais non c'est pas grave, nous avons une auberge de jeunesse pour ce soir.

Je raccroche. Je repense à ce mail, que j'avais dû envoyer en me trompant, à l'époque où nous pensions encore prendre un autre bateau depuis le Japon, qui arrivait directement à Shanghai.

Silence. Je regarde Aglaé que j'avais osé engueuler quand elle s'était trompé de date pour le bateau. Son regard est particulièrement haineux.

Une première journée à Shanghai vraiment nulle (1/2)

10 avril

Mais qu'est-ce que c'est que ce titre, Charly ?
Comment peux-tu qualifier de "nulle" une journée dans une ville que tout le monde rêverait de visiter ?

C'est-à-dire que ça n'était pas entièrement dû à la ville, mais il s'agissait d'une journée nulle quand même.

Je vous avais laissé à notre arrivée en pleine nuit dans un quartier misérable de la ville. Nous demandons au personnel du bus-couchette, avant qu'ils ne partent, où se situe la gare de Shanghai, dont nous sommes censés être proches. Ils indiquent une vague direction, comme souvent avec les Chinois. N'ayant pas d'autre choix, nous jetons nos sacs sur notre dos, et partons à l'aventure. Les rues sont vraiment sales, miteuses, boueuses, à mille lieues de l'étincelante cité moderne que nous avait décrite une amie. Nous finissons par tomber sur une venelle un peu plus large, avec un nom de rue. Après s'être escrimés les yeux sur notre plan, nous découvrons que nous sommes bel et bien à Shanghaï, et bel et bien aux abords de la gare. Le chauffeur ne nous a pas menti !

Le paysage évolue rapidement, de ce quartier miteux vers des terrains vagues en chantier. C'est à notre grande surprise le trait principal de la ville de Shanghai, que d'être autant composée d'immeubles construits que d'immeubles en construction. Nous atteignons le dos de la gare, au sens propre comme au sens figuré : alors que la façade avant de la gare sera moderne, entourée de grands immeubles, et représente l'idéal rêvé de Shanghai, la façade arrière de la gare, immense chantier abritant des clochards partout, représente le refoulé des villes chinoises : la pauvreté et la crasse d'un pays en transition. Nous sommes choqués car notre premier contact avec la ville se fait par cette porte arrière.

Nous avons trois objectifs : premièrement nous débarrasser de nos bagages encombrants et sacrément lourds, deuxièmement retirer de l'argent chinois dans une banque HSBC, troisièmement contacter notre ami JS qui doit nous accueillir chez lui ce soir.

Le premier objectif est un rapide échec : après s'être fait refouler du métro (pourquoi ?), nous trouvons l'avant de la gare, mais les consignes sont gérées par des opérateurs privés, qui pratiquent des prix délirants, que de toute façon nous ne pouvons pas nous permettre de payer, avec la faible réserve de liquide qu'il nous reste. Nous nous rappelons des tarifs dérisoires pratiqués dans le Yunnan, et enrageons. Aglaé est trop énervée pour me laisser marchander avec les escrocs de la gare (qui n'affichent aucun tarif officiel, et semblent réfléchir un long moment avant d'annoncer leurs prix). Le Japon nous manque déjà.

Une banque fantôme
Nous utilisons nos derniers yuans pour prendre le métro jusqu'au centre-ville, puis pour acheter un café au McDonald's, qui nous donnera le droit de poser Aglaé, accompagnée de ses bagages dans un endroit plutôt calme. Partout dans le restaurant, il y a des clochards endormis sur les tables : ce McDo est ouvert 24h/24.



Je dois pour ma part m'occuper de la deuxième mission : chercher la banque HSBC, qui sur le guide en notre possession, de la dernière édition d'ailleurs, se trouve sur le Bund. Cette avenue, qui longe la rivière de Shanghai, est un endroit historique : s'y alignent les plus grandes banques du monde, dans de magnifiques bâtiments du 19e siècle. En face, les gratte-ciels de Pudong, le centre d'affaires d'une des villes les plus dynamiques du monde. J'arrive là alors que le soleil vient de se lever derrière les grands immeubles modernes. Il n'y a pas encore trop de touristes, et l'ambiance est magique.



L'enchantement est de courte durée, car je ne trouve pas la banque. Je longe le Bund pendant un long moment, comprenant au passage que Shanghaï n'est pas faite pour les piétons : partout des chantiers qu'il faut contourner, partout des passages souterrains à prendre pour traverser d'immenses avenues, partout du bruit, partout des voitures qui veulent vous écraser. A cela on doit ajouter les distances extraordinaires à franchir pour se rendre d'un point A à un point B.

Quant à ma quête, elle devient vite d'une ironie à pleurer : il s'agit du quartier des banques, et je trouve absolument toutes les banques de Chine, sauf la mienne : ICBC, Bank of China, Bank of Shanghai, etc. Nulle part je ne vois le sigle de la Hong-Kong Shanghai Banking Company (HSBC), alors que nous sommes à Shanghai ! Visiblement, la banque a disparu, ce qui ne m'étonne pas vu le nombre de chantiers m'entourant.

Démoralisé je vais retrouver Aglaé dans son McDo. Sur le chemin, j'aperçois toute la Chine qui s'éveille, miracle renouvellé chaque jour, et qui vaut le détour. De toutes les rues jaillissent des petits vieux, des petites vieilles, des cadres, des enfants, qui se rassemblent pour faire de la gym, du footing, du tennis-football. Dans la grande rue piétonne qui mène au restaurant d'Aglaé, il y a au moins 5 groupes qui font du tango, de la salsa, ou des danses traditionnelles chinoises. Quatre personnes ont installé un filet devant un magasin encore fermé et jouent au badminton.

Juste avant de retrouver ma partenaire de voyage, j'aperçois le pompon : une quinzaine de cuisiniers, en file indienne, trottent au rythme de deux chefs-cuistots (reconnaissables à leur toque), sortes de kapos autoritaires. Toute la Chine est là : absence de honte, omniprésence du collectif, dictature acceptée. Je retiens à peine un rire pour éviter un incident diplomatique.







Privé de métro !

Aglaé est aussi effondrée que moi devant la disparition du HSBC. Nous en trouvons un autre mentionné sur le plan de notre guide. Le problème c'est qu'il se trouve à deux kilomètres, juste à côté d'un arrêt de métro, et que nous n'avons même plus les 3 yuans nécessaires pour prendre le métro (30 cents d'euros, oui). Je décide donc d'y aller à pied, vu qu'il fait beau (c'est déjà ça), laissant toujours Aglaé dans son McDonald's. Cette dernière est au bord du craquage nerveux, car elle a fini par remarquer que c'est toujours la même musique qui passe dans le restaurant, en boucle. Une seule chanson de trois minutes, une espèce de nullité américaine, vaguement hip-hop...

Quant à moi je découvre un peu plus les quartiers "brillants" de Shanghai : comme à Singapour, comme à Hong-Kong, c'est la même succession de centres commerciaux, de malls, censée indiquer que les gens sont devenus riches (alors qu'environ 5% des habitants de Shanghai peuvent acheter quelque chose dans ces magasins). Puis partout les avenues à 6 voies, intraversables, les escaliers à prendre pour traverser les routes, l'impression que le piéton, que le marcheur, que celui qui prend son temps, est un indésirable dans un monde dédié à la voiture.

Dans un centre commercial encore plus chic que les autres (il abrite aussi un grand hôtel), je déniche le HSBC tant recherché. Je fais des petits bonds ridicules, et me jette dans les bras chauds du distributeur automatique. Je reviens au McDonalds, cette fois-ci en métro : le luxe !

Il ne nous restait plus qu'à joindre JS pour se trouver un toit et commencer à explorer la ville. Chose facile, non ?