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vendredi 6 mars 2009

Retour a Bangkok - siestes, Marc Levy et passeports perdus

14 fevrier

Quand ca va pas pour un, ca va pour personne, ce sera un peu la morale de la journee, qui ne ressemblait pas a la plus calme des Saint-Valentin.

Nous nous levons avec une espece de vague a l'ame a l'idee de quitter cette touchante ile de reve qu'est Ko Samed. Vague a l'ame bien entendu renforce par le fait qu'il est tot et que nous sommes fatigues. Nous rembarquons sur un bateau pour Ban Phe qui cette fois, miracle, partira immediatement, et n'arrivons decidement pas a nous reveiller. C'est la qu'on mesure aussi la lassitude qui etait la notre au Cambodge, puis encore un peu en Thailande. Lassitude qui se remarquait beaucoup plus chez Aglae, vu qu'elle etait toujours un peu malade. De maniere generale nous avions perdu le gout de voyager, de repartir, et l'idee d'avoir a enchainer avec le Vietnam deux semaines plus tard, pays decrit avec tant de degout par les voyageurs croises, n'etait pas pour nous plaire. Mais nous savions que nous allions pouvoir continuer a nous reposer avant cela.

A Ban Phe, ce fut encore le bordel pour prendre un bus : impossible de trouver autre chose que des agences de voyages louches, ou le ticket de bus coutait 4 fois le prix de l'aller. Nous rassemblons une petite foule heteroclite de voyageurs (un couple d'Americains et deux jeunes Suedoises) que nous guidons jusqu'a la gare routiere, ou les bus sont bien evidemment mega-cheap et ultra-confortables : sieges inclinables, eau minerale pour tout le monde, etc. Par contre, notre chauffeur de bus sera l'homme le plus mou du monde, avancant a la vitesse d'un escargot au galop, et le trajet prendra presque deux fois plus de temps que prevu.

Charles, ton prophete, ton guide

Nous finissons par arriver a Bangkok au sein d'un embouteillage cataclysmique, et c'est avec un soupir de soulagement que nous sautons hors du bus. Il me faudra auparavant expliquer a toute la cohorte de routards, pour qui je suis devenu l'equivalent d'une star, ou au moins d'un Lonely Planet vivant, comment rejoindre la gare d'ici, sans prendre de taxi qui, embouteillage aidant, leur viderait le porte-monnaie. Au bout d'un long moment, ils comprennent que le truc en beton au-dessus de la rue, c'est un metro aerien, et qu'en le prenant ils pourront rejoindre facilement la gare. Ils me disent a peine merci, probablement trop timides.

Avec Adeline et Aglae, nous revenons dans "notre quartier", et retrouvons les chats de l'appartement de Benjamin. Ceux-ci miaulent a qui mieux mieux leur plaisir de nous revoir. Dernier dejeuner dans le premier restaurant de rue que nous avions fait avec Adeline quelques huits jours auparavant, et nous lui disons au-revoir-a-bientot. Elle s'eloigne en direction du metro aerien, pour rejoindre l'aeroport et son avion vers Singapour, ou nous la rejoindrons dans une semaine.

Catastrophe !

Nous rentrons a la maison. Epuisee, malade, Aglae s'ecroule sur le lit, ou elle passera une bonne partie de l'apres-midi a dormir et a lire un roman de Marc Levy en cachette - la honte. Nous prenons plaisir a ne rien foutre, chose qui ne nous est pas arrivee depuis longtemps, et je tente tant bien que mal de rattraper le retard du blog. Comme vous voyez, ce ne fut d'ailleurs pas tres concluant, vu que la probabilite que le blog ait bientot un mois de retard est de plus en plus grande !

Au bout de quelques heures, coup de telephone. Contre toute attente, c'est Adeline, a qui j'avais a tout hasard donne notre numero de portable thai avant qu'elle s'en aille. Elle est effondree, et on comprend pourquoi : impossible de remettre la main sur son passeport, qu'elle avait sur elle le matin meme. Celui-ci, bien en securite dans une banane qu'elle portait sur elle, a tout simplement disparu. Un vol ? Impossible, vu qu'il etait en contact avec de l'argent qui, lui, est toujours la. Une perte ? Oui mais ou ? Quand ? Comment ? Adeline n'ouvrait jamais sa pochette !

Mystere integral, d'autant que les services d'objets trouves, que ce soit ceux du Skytrain ou de l'aeroport de Bangkok, ne trouveront jamais rien. C'est d'autant plus la catastrophe qu'Adeline devait a tout prix rentrer a Singapour pour retrouver son pere, qui etait de passage pour quelques jours, et pour suivre ses cours a l'Essec. Elle revient a l'appartement, en profonde crise morale. Nous tentons ce que nous pouvons pour la rassurer, chose d'autant plus difficile qu'il est delicat de trouver les mots, que nous ne sommes nous-memes pas tres bien.

Je pars chercher des nouilles instantanees et des bonbons, de quoi faire un petit repas tranquille a la maison, car aucune des deux filles n'a le courage de sortir dehors.

Le lendemain, c'est un nouvel au-revoir : les chats restent dans l'appartement, Adeline reste a Bangkok pour faire faire un passeport d'urgence a l'ambassade de France, et nous partons vers Ko Tao, seconde ile paradisiaque prevue dans notre voyage en Thailande, ile qui se situe a plusieurs centaines de kilometres au Sud de Bangkok, sur la longue bande de terre qui relie le continent asiatique a la Malaisie, et que la Thailande partage en partie avec la Birmanie. Adeline a repris des forces mais ne reste pas en grande forme.

Nous foncons a la gare ferroviaire de Bangkok, car nous avons decide d'arreter un peu avec les bus. Certes le trajet en train vers Chumphon, port en face de Ko Tao, est plus long que le trajet en bus, mais nous avons toute la journee : notre but est en effet d'attraper un ferry de nuit qui part a minuit de Chumphon vers notre destination. Or ce train est cense arriver a 21h45, nous avons donc tout le temps... Enfin c'est ce que nous croyions.

lundi 2 mars 2009

Ayuthaya - velos, ruines et sens de l'orientation

10 fevrier

Nous sommes partis de Bangkok tot le matin. Un peu tristes peut-etre d'en repartir deja, mais avec la certitude que nous y reviendrons au depart d'Adeline. Grace a un conseil avise de Benjamin, nous prenons un minibus grace a un systeme connu uniquement des Thais, et evitons les pieges a touristes, si nombreux dans la capitale. Au revoir les chats de Benjamin et Marie (qui eux ont deja quitte la maisonee), et voila que notre bus file vers Ayuthaya, ancienne capitale thai moults fois rasee par les Birmans, tres proche de Bangkok.

Nous y penetrons sous un soleil decapitant, en plein milieu du marche de cette petite ville. Une ardeur generale a faire griller tout ce qui rampe et volette sur cette planete semble avoir gagne les habitants, et concourt avec une autre ardeur - celle du Soleil. Bien decide a faire mon interessant, je fais le guide, et emmene ce petit monde vers notre suppose hotel, ou nous avons reserve. Au bout de quelques metres qui nous font perdre 10 pour 100 de notre capital d'eau, nous comprenons que j'ai mal lu le plan, et que nous ne sommes pas la ou nous croyions. Qu'importe, il suffit de faire demi-tour. Le four augmente de quelques degres, mais les filles ont le sourire. Je me charge de le leur faire perdre en organisant un immense detour sous la chaleur thailandaise. In fine, nous atteignons au bout d'une demi-heure l'hotel, qui etait en realite a 50 metres de l'arret de bus. Merci Charly comme on dit.

Ayuthaya est une petite ville organisee autour d'une vingtaine de sites en ruines, la plupart situes sur une grande ile. Il suffit de louer un velo pour les visiter, ce que nous nous empressons de faire. Tres vite, nous remarquons que c'est la methode ideale si l'on veut ressembler aux poissons seches qu'on trouve un peu partout en vente dans le pays : nous nous liquefions. Heureusement, l'ombre des premiers temples est bienvenue.

Autant le dire, de ce qui etait jadis une gigantesque ville d'or et d'argent, il ne reste aujourd'hui plus grand chose. Ce que les Birmans n'ont pas rase, ils l'ont emporte chez eux ; toutefois la promenade en velo au milieu de ces adorables tours en pierre decrepites est delicieuse. Elles nous permettent aussi de donner une idee a Adeline de la splendeur des temples d'Angkor car, il faut le souligner, beaucoup des belles choses d'Ayuthaya doivent beaucoup a l'influence khmer, certains temples reprenant jusqu'a la structure meme des temples montagnes d'Angkor.

Une image tres celebre nous marque, d'ailleurs : celle de la tete de Bouddha sculptee, nichee dans un gigantesque arbre tropical. Nous nous rehydratons de noix de coco fraiches ce qui, il faut bien l'avouer, temoigne d'un luxe assez injuste pour tous ceux qui ont froid en France.

Cretins de Cambodgiens
Le cote enervant des pires Cambodgiens nous poursuit jusqu'en Thailande lorsque nous nous apercevons des le premier temple, a notre grande detresse, que l'appareil photo pas tres bien repare au Cambodge ne marche absolument plus. Il declare que toutes les cartes sont pleines, et ce meme lorsqu'on y fait de la place, meme quand on les efface completement. La rage fait place a l'abattement, au desarroi, a l'impuissance, puis retour a la rage.

Adeline desamorce la situation en nous pretant son appareil photo, et en s'achetant un tres joli chapeau de paille.

Elephants et couchers de soleil

La journee fort peu stressante sera rythmee par deux autres evenements marquants. Le premier sera la visite d'une etrange etable a elephants. Au sein d'un essaim de touristes thais, et au milieu d'une musique pop-rock assourdissante, 6 elephants d'Asie multiplient les tours de force. Ils sont jalousement surveilles par des dresseurs a la mine patibulaire, qui tiennent de longs crochets pour leur frotter les oreilles. Les tours sont ahurissants, et nous sommes partages entre la fascination et le degout : les grosses betes se mettent sur les pattes arriere, font le poirier, dansent en rythme (il faut voir un elephant danser, c'est vraiment effrayant), font des betises avec leurs trompes... Les dresseurs enjoignent les spectateurs a donner de l'argent.

Nous ne saurons jamais si c'etait pathetique ou sympathique. D'un cote, il parait qu'il s'agissait d'elephants abandonnes, recueillis dans ce centre, et dresses a des fins de tourisme afin qu'ils ne finissent pas dans les rues de Bangkok (le premier soir, nous avions vu un bebe elephant faire des tours dans Khao San Road, pour les touristes ventrus, c'etait a pleurer). Par ailleurs l'air depressif des elephants donne toujours l'impression qu'ils sont exploites. De l'autre, merde... faire danser un elephant, et lui faire faire le poirier... c'est n'importe quoi !

Adeline, qui n'a pas connu le Laos, aura la chance de faire un tour d'elephant de quelques minutes au milieu des ruines d'Ayuthaya. Nous la suivons de loin en velo tels des papparazzis et multiplions les photos, d'autant que sa monture est elegamment paree, et que le cornac de son elephant est autrement plus drole que la porte de prison que nous avions eu a Tad Lo au Laos.

Apres avoir perdu tout le monde le matin, je decide de perserver lorsque nous decidons de nous rendre a un temple un peu eloigne de la ville : au bout de quelques minutes de pedalage, je me rends compte que le plan est d'une imprecision rare, et que nous sommes sacrement perdus. J'avise un bonhomme d'une echoppe miteuse, qui se plie en 4 pour moi. Il me dessine un plan d'une precision absolue, kilometre par kilometre, pour me rendre a notre temple. Apres un pont tendance autoroute, assez difficile a negocier en velo, et alors qu'Aglae, Adeline et moi se demandent serieusement ce qu'on est venus faire dans cette galere, nous arrivons devant le temple en question.

Et la, prosternation : alors que la plupart des choses que nous avons visitees aujourd'hui sont des ruines qui laissaient a peine imaginer a quoi les batiments ressemblaient a l'origine, le Wat que nous avons face a nous est parfaitement debout. Il ressemble d'ailleurs enormement a un temple khmer, et Adeline peut enfin admirer la fine structure architecturale. Nous sommes d'autant plus emerveilles que nous arrivons pile au bon moment : le soleil couchant jette ses feux ocre sur les vieilles pierres, et les cars touristes n'arriveront qu'a notre depart.

Sweet jazzy dinner
Comme vous pouvez vous en douter, j'ai a nouveau perdu tout le monde sur le chemin du retour, et nous rendons les velos a la minute limite. La journee, apaisante mais tout de meme tres remplie, se terminera en douceur par un calme restaurant-jazz en plein air, ou les serveurs se transmuent en musiciens au bout d'un moment. Les longues discussions avec Adeline nous font un bien fou - enfin parler en Francais ! Sans parler du fait qu'Aglae et moi n'avons plus rien a nous dire, a force de voyager tout le temps ensemble - je plaisante bien entendu !

Le lendemain matin, nouveau mini-bus pour Bangkok. Une fois arrives, nous dejeunons dans un restaurant local, a peine plus qu'un boui-boui, ou les serveurs non-anglophones nous regarderont avec des yeux ronds pendant tout le repas. Puis c'est reparti, sous le sceau du rythme ereintant qui caracterise la Thailande depuis l'arrivee d'Adeline : nous avons en effet decide de lui montrer le maximum du pays, a savoir des temples, de la ville et des plages - d'ou l'escapade express a Ayutthaya. Nous reprenons un autre bus, cette fois-ci pour Ban Phe.

Ban Phe ? C'est quoi donc ?

C'est le port qui nous emmenera a notre premiere ile paradisiaque thai, bien sur !

vendredi 27 février 2009

Bangkok with Adeline

7-9 fevrier

Malgre 1h30 a attendre un bus qui n'existait pas, Adeline et moi parvenons a rentrer de l'aeroport et allons sauver de la famine le malheureux Charly qui nous attendait pour manger! Apres un petit restaurant de rue sympa, nous partons a l'assaut d'un minuscule marche de nuit. Charly et Adeline testent courageusement un dessert etrange: lait de soja chaud avec des especes de graines qui y flottent (du tapioca?) ; en petite forme, je me contente d'une demi-gorgee, et d'un shake a la fraise fraiche !

T'as pas 100 bahts?

Reveilles le lendemain par un choeur de miaulements, nous nous precipitons pour aller inaugurer notre nouvelle carte HSBC, arrivee tout droit de Singapour. Si vous vous souvenez bien, nous avions du faire opposition sur notre carte a Chennai, en Inde, mi-decembre. Apres un feuilleton a multiples rebondissements, l'energie conjointe des 2 interesses, de la maman de Charly, d'Adeline et de Julien (merci a tous!) a vaincu l'impardonnable manque de reaction et de professionalisme de cette banque maudite. Retirer des bahts avait donc un gout de victoire inesperee! Le baht est la monnaie la plus forte que nous ayons rencontree depuis le debut de se voyage: adieu les multiples zeros des kips et des riels!

New Bangkok

Dans le Skytrain (metro aerien), les larges avenues bondees et les buildings defilent. Les tours en verre ne sont pas concentrees dans un business district mais un peu dispersees dans la ville, ce qui donne des contrastes de hauteur saisissants. On voit encore de vieux immeubles cotoyer une tour dernier cri; ces derniers vestiges d'un passe revolu sont encore nombreux mais a l'evidence voues a disparaitre.


A notre arrive dans cette ville, c'est la Bangkok moderne et son enchevetrement de voies rapides que nous avons decouvert en premier. Ce spectacle nous a laisse une incroyable sensation de familiarite. Nous avons profondement ressentis a quel point toutes les grandes villes se ressemblent; nous avons eu exactement le meme sentiment, celui de retourner en terrain connu apres des mois de voyage.

Old Bangkok
Du Skytrain nous passons sans transition a une remontee du fleuve en bateau. Sur les rives, une autre ville defile: maisons d'un seul etage sur pilotis, baraques en bois croulantes construites litteralement sur le fleuve, ruelles etroites, mais aussi quelques vestiges d'un lointain passe colonial. Nous errons ensuite dans un incroyable marche aux amulettes, veritable paradis des superstitieux: on y trouve des mini-bouddhas roses fluos et des bijoux de portables porte-bonheur mais aussi de plus serieuses medailles pour proteger les conducteurs (genre St Christophe en version bouddhiste).

Nous visitons ensuite l'incroyable Palais royal de Bangkok : c'est une accumulation de temples, de pagodes, le tout scintillant de milles feux. Il y a des dragons dores, des guerriers multicolores, des creatures mi-hommes mi-oiseaux, des stupas recouvertes de fleurs en faiences, des temples en carreaux de salle de bain, des tuiles vertes, des Bouddhas en or, de belles fresques, des colonnes recouvertes de milliers de petits miroirs... C'est a la fois eblouissant et surcharge, d'une grande finesse et kitsch, et m'a laisse l'impression d'un dessert delicieux mais un peu ecoeurant. En parlant de dessert, le gigantisme du palais nous a amene tous les 3 au bord de l'hypoglycemie... heureusement que quelques batiments etaient fermes au public!

Tentative d'enlevement
Alors que nous dejeunions tranquillement dans un marche, une des serveuses du notre boui-boui est litteralement tombee amoureuse de Marius. Elle a passe tout notre repas a jouer avec lui d'un air extatique, et nous avons bien cru ne jamais le revoir. Heureusement, nous nous sommes montres extremement fermes avec la jeune donzelle et avons sauve Marius des ses griffes. (preuve que malgre le manque de photos de lui sur le blog, et de photos tout court, Marius va bien)

Malgre la chaleur ecrasante, nous voyons encore une foule devote, entouree d'un nuage d'encens et accrochant des foulards multicolores a une stupa, dans le Temple du Pilier de la Ville; puis un bouddha couche geant, tout dore sauf sous la plante des pieds (!).

Nous montrons ensuite a Adeline l'agitation folle de Khao San ou la musique est toujours aussi forte. Charly hesite devant des criquets grilles mais ne franchit pas le pas, nous nous contentons donc d'une bouffe de rue traditionnelle.

L'experience massage thai
Nous decidons de nous offrir un massage et choisissons une echoppe en plein air, au moins on est surs de ne pas tomber dans un truc louche! Sur le terrain d'une ancienne station-service transformee en restaurant, me voila a cote d'Adeline, toutes les deux dans une chaise longue a nous faire masser les pieds. En face, sur des tabourets, Charly se fait masser les epaules pendant que son voisin, tout rouge, a l'air de souffir le martyr quand sa masseuse l'attaque avec ses coudes. Mes pieds ont traine dans toutes les rues de Bangkok, je suis en tongs, je vous laisse imaginer la couleur et ma gene quand ma masseuse essaie le les faire changer de couleur avant de commencer son massage. A cote, Adeline est pliee de rire car elle est chatouilleuse. Les masseuses y vont fort et ca fait un peu mal, surtout quand elles vous passent un baton en bois sous les pieds! Charly ressort a moitie convaincu, par contre nous le sommes et esperons que ca aidera nos jambes a nous porter pour le lendemain!

Temple du bon gout versus temples de la consommation
Nous commencons la journee par des sucres rapides sous formes de donuts aux couleurs fluos dans le coeur de Bangkok: Siam Center. C'est un ensemble de grands Malls (centres commerciaux) modernes ou le tout Bangkok vient "se divertir" le week end. Avant d'aller y jeter un oeil, nous commencons par la maison de Jim Thompson. Nous ne savons pas trop de quoi il s'agit, mais tout le monde nous a dit d'y aller. Nous decouvrons alors un endroit mer-vei-lleux! Cet homme au gout incroyable a construit sa maison a partir de vieilles maisons traditionnelles thaies en tek. D'une grande sobriete, la maison et ses dependances sont sises dans un jardin luxuriant avec des bassins a nenuphars. Nous sommes guides a l'interieur par une charmante guide parlant francais.

La decoration est une sorte de best-of d'Asie du Sud Est. Chaque objet (vase, scultpure antique ou table) est une merveille en provenance de Birmanie, du Cambodge, de Chine ou du Vietnam. C'est a la fois sobre et luxueux, d'une harmonie parfaite. Nous sommes litterallement enchantes par le lieu! Notre guide nous offrira meme un origami en forme d'oiseau pour nous porter chance a notre depart (car nous au moins avons ecoute sa visite, contrairement aux autres Francais bruyants de notre petit groupe, qui essayaient de prendre des photos en cachette alors que c'etait interdit... grande classe!).

Nous passons ensuite au royaume de la consommation en traversant de grands malls. La clim est tellement froide qu'on s'attend a croiser des pingouins. Certains sont deserts et luxueux, d'autres ressemblent a des souks modernes et organises.

Eau, baguettes, sucre et fleurs
Nous empruntons ensuite un des bateaux/bus qui sillonent les petits canaux de la vieille ville. L'eau de ces canaux est nauseabonde et les maisons qui donnent dessus plutot bringuebalantes. Contrairement aux habituels canaux des villes europeenes bordes de restaurant chics, les canaux de Bangkok sont un peu les coulisses de la grande ville moderne, le revers que l'on voit peu. Rien a Bangkok ne donne sur l'eau de ces canaux, tout lui tourne le dos. De grandes baches en plastiques sont remontees sur les bords du bateau entre chaque arret pour que les passagers ne soient pas eclabousses par l'eau noiratre. L'experience est bien plus originale que le bateau-mouche de la veille !

Au cours de nos deambulations en direction de Chinatown, nous tombons sur un temple tout en haut d'une colline. Il est surmonte d'une enorme stupa doree et offre une tres belle vue sur la ville, qui s'etend a perte de vue. Dans l'enceinte du temple, nous cedons a la tentation de la superstition et faisons comme les Thais, en agitant un recipient rempli de baguettes numerotees. Il faut ramasser la premiere baguette qui tombe, regarder le numero et lire sur le papier correspondant les reponses a la question posee dans sa tete. Je ne divulguerai pas ici les reponses mysterieuses apportees par Bouddha... Nous remarquons une fois de plus le mercantilisme qui entoure le bouddhisme en Asie: guirlandes de billets de banque flottant au vent, vente de feuilles d'or a coller sur les statues de Bouddha... Difficile de voir le lien avec la pensee d'origine!

Nous revenons aux choses terrestres dans le sous-sol d'un mall ou de petites echoppes proposent tous les desserts imagninables. Chaque dessert semble avoir necessite 1kg de sucre et 1L de colorant. La palme revient a une espece de crepe recouverte d'une bouillie blanche et saupoudree de ce qui ressemble a des carottes rapees. En realite, ca a juste le gout de... sucre! Charly, intrepide, demande a gouter a tout.

Nous finissons notre promenade par le merveilleux marche aux fleurs. Au milieu des orchidees, nos jambes refusent de nous emmener plus loin. Nous rentrons alors en tuk-tuk. Le conducteur est heureusement ralenti par les embouteillages, car la veille, il s'agissait plutot d'un pilote de tuk tuk et ses pointes de vitesse avaient quelques peu effraye Adeline (qui n'a pas eu la chance d'etre intensivement entrainee en Inde).

Nous passerons la soiree a dicuter avec nos charmants hotes, Benjamin et Marie, revenus de leur week-end les poches pleines d'anecdotes.

mardi 24 février 2009

Bangkok 1er jour - contrer la lose en douceur

Nous étions tellement épuisés que nous avons dormi comme des loirs dans ce qui illustre le mieux le mot "bouge" depuis le début du voyage. Au lever je tente de dissiper les cauchemars de cafards jaillissant hors du livre de comptes, nous payons la souriante famille qui tient le bouge, et partons à l'assaut de la ville. La rue Khao San, si grouillante, si pétaradante, si protéiforme la nuit, n'a presque plus rien du monstre tonnant et hurlant qu'il était la veille. Il est difficile d'etre autant fasciné par cette atmosphère qui a tout de la gueule de bois du dimanche matin, mais il fait beau et cette gueule de bois-là a le sourire. La ville ressemble à un robot sans piles, aux yeux éteints qui laissent deviner la puissance qui les animait la veille.

Nous sautons dans un tuk-tuk pour rejoindre B. et M., qui nous logent le temps de notre séjour à Bangkok. Khao San est trop éloigné du métro aérien de Bangkok, qui ne dessert que les quartiers d'affaires, aussi nous prenons un petit véhicule jusqu'à la plus proche station de Skytrain. Nous sommes assez surpris de constater que les tuk-tuks d'ici circulent tous au gaz, ce qui fait qu'ils produisent un bruit proprement effarant, à mi-chemin entre la scie sauteuse et le réacteur d'avion (autant dire qu'on a l'impression d'aller un peu plus vite qu'en réalité). La circulation est ici à l'image du pays par rapport à sa région : plus propre, plus soft. Personne ne klaxonne, personne ne double n'importe comment, les règles de circulation sont respectées, il y a des feux rouges,bref : la civilisation.


Condos, piscines et chats fous

Nous arrivons devant le Siam Center, qui est le centre de Bangkok : trois immenses centres commerciaux plus ou moins chics, en plein milieu du coeur financier de la ville. Gigantesques gratte-ciels, autoroutes surélevées, énorme blocs de béton du Skytrain qui chapeautent le tout, plus les nombreuses passerelles pour piétons qui enjambent la route. Un reve d'architecte, ou plutot l'impression de voir les plans d'architecte tous propres, avec les faux passants qui déambulent dans les maquettes. D'autant que le Soleil, de la partie, donne au tout une coloration très optimiste, comme une métropole dont les aspects les plus lisses et les plus modernes seraient tout sauf inquiétants.

Le Skytrain, metro aerien de Bangkok, est certes tres inelegant de loin (on dirait une autoroute de beton qui passe au-dessus de la ville), mais une fois dedans le spectacle est fantastique : toute la ville et ses gratte-ciels nous sont offerts comme sur un plateau, il fait frais (nos sacs a dos commencaient a nous faire suer) et l'ambiance est detendue. La vue est inoubliable.

Arrivee a Phom Phrong, nom improbable et impossible a retenir de notre station. Quelques metres apres notre descente, nous trouvons la ruelle qui mene chez Benjamin, puis la Residence ou il habite (Tippy Court, rien que le nom). La, un gardien dont le sourire semble s'etirer jusqu'aux oreilles nous dit que pas de probleme, nous n'avons qu'a monter. Nous n'avons que le temps d'apercevoir que la classieuse residence comporte une piscine bleutee, et nous voila entres chez Benjamin et Marie.

Deux chats et deux sympathiques personnes nous accueillent. Les etres humains sont Benjamin et sa petite amie Marie, qui se reveleront adorables a chaque fois que nous les verrons. Mais nous les verrons peu, car des notre arrivee ils empoignent leurs sacs a dos et partent vers une reserve naturelle pres de Bangkok. Ils nous laissent donc en compagnie de leur deux chats sans noms, que nous sommes charges de nourrir. Et de surveiller.

J'insiste sur ce dernier point, car ces deux chatons, l'un noir, l'autre blanc tacheté, se révèleront les deux plus grandes terreurs que la félinité ait engendré. Durant nos trois jours sur place, ils n'auront de cesse de se poursuivre, de nous poursuivre, de se rouler dans nos sacs, de renverser les pots de fleurs, et autres betises dont la longue liste est à mon avis loin d'etre achevée. Et bien entendu, comme tous les chats du monde, et peut-etre encore plus en ce qui les concerne, ils sont tellement mignons qu'on leur pardonne tout.

Aeroport mon amour
Quant à l'appartement dans lequel ils vivent, il est tout simplement sublime, aérien, meublé avec gout, etc. Je me jette sur un canapé, leur ordinateur portable sur les genoux, et laisse Aglaé partir de l'appartement. Elle s'en va en effet pour aller chercher Adeline, notre compagnon de voyage pendant une semaine, dont l'avion ne va pas tarder à atterrir. Au lieu des 2 ou 3 petites heures que je m'appretais à passer seul, Aglaé ne reviendra avec Adeline qu'au bout... de 5 heures ! Mésaventures et attentes de bus s'étaient en effet enchainées sans arret, et lorsqu'elles rentrent elles me retrouvent presque incrusté dans le canapé.

La présence d'une nouvelle compagnon de voyage nécessite d'ouvrir un nouveau chapitre, non ? Allez, bonne nuit les petits !On se retrouve au prochain numéro.

mardi 20 janvier 2009

Kathmandou-Calcutta-Bangkok-Vientiane

Non ce titre n'est pas le resume de notre voyage de 6 mois, mais bien notre trajet en avions du Nepal jusqu'au Laos, du 12 au 13 janvier. Pas moyen de faire autrement, pas moyen de faire moins cher.


Nous partons donc le matin du 12 de Kathmandou, tres triste de quitter Razeena et sa famille, pas trop tristes de quitter un peuple aussi peu sympathique. Nous depensons nos derniers roupies nepalaises, inchangeables, en chewing-gum, et apprenons avec bonheur qu'il faut payer une taxe d'aeroport pour pouvoir partir. Classique, mais j'avais oublie que ca existait encore dans certains pays.


Ce qui nous enerve vraiment, c'est la file d'attente interminable a l'immigration. Le Nepal doit difficilement laisser partir ses citoyens, parce que le moindre Nepalais restera entre 4 et 8 minutes a l'immigration. Avec 30 personnes dans chaque file, ca rend le tout long - sans parler du fait qu'avant il y avait eu un controle de securite des bagages a l'entree de l'aeroport, controle qui sera repete, en plus fouille, apres l'immigration (tous nos bagages seront fouilles au compte-goutte), puis au moment de monter dans l'avion, cette fois-ci par le personnel de la compagnie indienne, vraisemblablement flippee par les attentats de Mumbai.


Un peu long, et surtout enervant, d'autant qu'il a fallu se battre comme des diables pour que ces messieurs rajoutent dans la cale : nos chaines a velo, hautement dangereuses (histoire qu'on attache pas un velo a la carlingue de l'avion), et surtout notre scotch blanc, vous savez ce scotch pour les enfants, qui se casse tres facilement et qui ne colle pas.


Oui, car vous comprenez, maintenant, les terroristes sont prets a tout pour detourner des avions avec du scotch et des chaines a velo.... Le delire integral.


Retour en Inde, retour dans la crasse

Nous arrivons a Calcutta dans la soiree, ville que nous n'aurons pas le temps de visiter, mais qui a la reputation d'etre encore plus sale et pauvre que les autres villes indiennes. En comparaison avec le Nepal, les gens ont l'air civilises et gentils. A l'immigration, ils ont meme des ordinateurs, ca fait plaisir.


Retour des negociations

Nous echouons dans un hotel cense etre chic d'apres notre guide, le White Palace. En realite, il est evident que l'hotel avait ete chic, il y a cinquante ans. Le batiment art deco est tres drole, mais le manager est une vraie ordure. Il ne nous regarde pas et ne nous dit meme pas bonjour quand nous arrivons, mais nous annonce rapidement, l'air de s'en foutre, qu'il n'y a plus de chambre a 800 roupies, prix que nous avions negocie, et qui etait deja fort, mais qu'il faudra payer 1000 roupies. Et ca recommence, bienvenue en Inde.


Nous obtenons d'avoir le prix promis, pour decouvrir une chambre tout juste correcte, a cote de la reception et du bruit, plutot sale, avec un matelas dur comme du beton. Nous revenons a la charge pour demander des serviettes, qui nous sont accordees avec reticence, puis, vraiment degoutes, nous lui demandons un rabais. Il s'enerve, et nous dit d'aller nous faire foutre, et qu'il n'a en tout cas pas d'autre chambre disponible.


Nous reprenons nos sacs sur le dos, prets a partir de ce bouge... jusqu'a ce que le manager se souvienne que, ah, oui, en y repensant, il avait peut etre une autre chambre pas reservee, mais qu'elle etait plus chere. Nous la visitons, elle est croquignolette, avec une vraie baignoire (la premiere de tout notre sejour), des petits rideaux rouges, et meme une terrasse art-deco. Re-negociation acharnee pour reduire les prix, avec brandissement de Lonely Planet, menace de leur ecrire, tentatives de depart, reduction express de prix, etc. Finalement, nous obtenons un prix raisonnable, et encore, apres avoir passe une demi-heure a marchander.

Nous foncons dans un supermarche tres sympathique (cherie, regarde, des Kit Kat !), sautons dans la baignoire et repartons le lendemain matin pour un nouvel avion vers l'Asie du Sud-Est. Bien entendu, la machine a carte bleue de l'hotel ne marche plus ce matin-la, alors que nous leur avons fait specifier 12 fois, au telephone et a notre arrivee, s'ils acceptaient la carte bleue (aucun interet de changer des roupies indiennes pour moins de 24 heures). Bien entendu, ils veulent nous faire payer le service de taxi a l'aeroport, gratuit la veille. Nous hurlons et tempetons, la machine remarche, le manager est toujours aussi insupportable, en un rien de temps nous voila dans l'aeroport, direction Bangkok.

Bangkok - Vientiane
L'aeroport de Bangkok est un choc : propre, eclaire, du papier toilette dans les toilettes publiques, maman, voila la civilisation !!! Nous avons deja hate de revenir ici, mais patientons 4 heures dans l'aeroport vide et gigantesque, tres classe architecturalement, d'ailleurs, avant de reprendre notre vol d'apres. Avec deux dollars trouves au fond de ma poche nous achetons de delicieux chocolats, en poussant des petits gemissements orgasmiques : vive l'Occidentalisation !

Nouveau vol : nous commencons a en avoir un peu marre des avions et des demonstrations de securite, d'autant que mon rhume me donne assez mal aux oreilles pendant les descentes. Comme le vol est court, les hotesses de Thai Airways passent en courant, en jettant des plateaux repas tout faits, puis repassent, toujours en courant, avec des theieres pleines de the, vociferant "tea tea tea tea". Effectivement, le repas a peine termine, nous nous posons en Republique Democratique Populaire du Laos. Nous arrivons dans la capitale, Vientiane, vers 22 heures, et tout semble etrangement vide...