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samedi 7 février 2009

Nouvelle frontière

28 février

Toutes les arrivées dans un nouveau pays s'étaient jusqu'ici déroulées plutôt mal : arrivée en Inde en pleine nuit sans hôtel, traversée de la frontière népalaise épique, tous les hôtels pleins à Vientiane... Nous pensions pouvoir échapper à ce qui commençait à ressembler à une fatalité pour notre arrivée au Cambodge.

Cela s'est mieux passé, mais c'était pas la gloire non plus.

Tout d'abord, nous croyions depuis des mois que nous allions pouvoir être logés à Phnom Penh par D.C., ami de longue date, né Français de parents cambodgiens, qui doit y passer un an. Mais, deux jours avant notre départ du Laos, nous apprenons qu'il y a eu mésentente : lui croyait que nous arriverions plus tard ; nous croyions qu'il arriverait dans le pays plus tôt. Toujours est-il que nous sommes arrivés au Cambodge une semaine après son arrivée à lui : il logeait encore chez des cousins cambodgiens éloignés qui parlaient à peine l'anglais, et ne pouvait nous incruster une semaine après son arrivée chez eux.

Avant même de pénétrer au Cambodge, premier échec, parmi une suite hallucinante de bévues, de malchances et de mauvais choix qui caractériseront notre éprouvant séjour au pays des Khmers.

Agence tous risques
Notre seule possibilité de traverser la frontière était de passer par ces ignobles "agences de voyage" qui poussent comme des champignons dans tous les endroits où passent les touristes, et qui balisent notre chemin depuis que nous avons atteint l'Inde du Nord. Dans ces agences, qui font aussi souvent office d'hôtel, d'épicerie, de blanchisserie ou de cyber-café, on peut acheter des tickets de bus, de train ou d'avion, faire les visas, préparer des excursions un peu partout dans la région, réserver des tuk-tuk... Bref, hormis pour les tours organisés, il s'agit de tout faire à la place du touriste, moyennant commission dont le montant n'est jamais su (le principe est que le touriste ne saura JAMAIS le réel prix du bus ou du train), et la plupart du temps il s'agit de remplacer le touriste pour des choses qu'il aurait pu faire lui-même.

Pire, il arrive extrêmement souvent que ces services soient plus ou moins des arnaques : combien de fois, en Inde surtout mais aussi ailleurs, avons-nous été mis en garde par nos guides contre les réservations de tickets par ces agences, où souvent on finit dans un bus miteux, un train pour la mauvaise direction, quand ce n'est pas tout simplement de faux billets qui vous sont remis : après tout, dans la mesure où les routards bougent sans cesse et ne reviennent jamais sur leurs pas, ils ne viendront jamais se plaindre, non ?

C'est donc avec une certaine circonspection que nous nous sommes adressés à ces agences pour passer la frontière, mais hélàs, sur une île perdue au milieu du Mékong, y a-t-il vraiment moyen de faire autrement ? Après avoir éliminé toutes les agences qui n'arrivaient pas à nous dire clairement s'ils allaient nous attendre pendant le passage de la frontière, nous réservons un billet pour Stung Treng, première ville cambodgienne après la frontière, car notre guide nous indique que les bus cambodgiens sont peu chers et plus rapides.

Au matin du départ, nous nous débarrassons de nos derniers kips, puis allons au point de RDV. Là, les touristes sont parqués comme des moutons, on les agglutine dans de frêles barques, puis on les fait remplir des minibus en chaleur. Rapide trajet jusqu'à la frontière, le temps de faire ses adieux au Laos, mentalement j'entends.

One dollaaa
La frontière cambodgienne, nous nous y étions préparés, est l'occasion pour nous de la première rencontre du voyage avec la corruption. En effet, si on considère une frontière entre deux pays plus ou moins communistes, et qu'on ajoute aussi que la frontière, paumée comme pas possible dans la forêt, consiste en deux baraques et un restaurant, il est difficile de s'attendre à beaucoup de probité de la part des fonctionnaires de la frontière.

Conformément à notre Lonely Planet, chaque fonctionnaire à qui nous avons affaire nous demandera posément, naturellement, de lui donner un dollar. Pour un peu, ils allaient afficher un panneau Bakshish 1 dollar. Un dollar pour le tampon de sortie du Laos, un dollar discrètement ajouté au coût du visa cambodgien à la frontière (21 dollars annoncé au lieu de 20), puis enfin un dernier dollar pour faire tamponner son nouveau visa cambodgien, deux mètres plus loin : chaque billet finit son vol dans de grandes valises ouvertes aux quatres vents.

Merveilles du communisme 21e siècle. Un des officiers cambodgiens avait d'ailleurs acquis un don singulier et fort utile, puisqu'il semblait savoir dire "donnez un dollar" dans toutes les langues de la planète. Ca le faisait sourire, le gars...

Pauses sponsorisées, cours du ticket de bus en chute
Dès que nous quittons officiellement le Laos, un roquet vient à notre rencontre. Petite mèche, sourire faux, lunettes d'intellectuel nazi, accent américain de contrefaçon, ce Cambodgien a tout pour plaire, et fera tout pour confirmer cette première impression : il saute sur nous et nous demande notre destination.

- Stung Treng
- Ah and what are your plaaaaaans after ? You want to go to Phnom Penh, maybe ? Or Siem Reap ?
L
'homme a une voix mielleuse de serpent lascif, et nous sentons l'entourloupe arriver à grands pas.

- Ah you go to Phom Penh ? Take our bus, very cheap, 15$
- No no we want to take a local bus
- oh there is no bus in the afternoon, only in the morning, you will have to spend the night in Stung Treng, boring city.

Nous envoyons promener le type à coups de "on verra", un peu inquiets tout de même de la possibilité qu'il dise vrai, tout en étant sûr qu'il est là pour vendre sa came. D'autant qu'il ressert le même discours à tous ceux qui n'ont pas déjà payé leur 15 dollars supplementaires pour Phnom Penh. Son insistance lourde confirme nos craintes.

Douce France
Nous montons dans un confortable mini-van pendant que les autres touristes s'entassent dans un vieux bus pour la capitale. Nous y faisons la rencontre de 4 Français, deux couples pour être précis, fin trentaine, bourgeois aisés de province. Elles sont diplômées mais ne travaillent pas, l'argent de leurs maris (l'un est pilote de ligne, l'autre psychiatre) leur suffisant largement pour survivre aux horreurs du quotidien. Ironie mise à part, ils sont adorables et la conversation va bon train. Le psychiatre me parle sans arrêt, d'une voix précipitée, en bouffant tous ses mots, au point que je me demande s'il vient de trouver un sujet d'étude, ou bien si c'est lui qui doit se faire soigner, mais les autres sont rassurants de normalité.

Et surtout, ils sont Français, et ça se voit, à un point inimaginable. Ils sont déjà en train de râler sur tout, et la suite va les déchaîner. Nous arrivons enfin à Stung Treng, enfin presque : alors que nous espérions ardemment la station de bus, nous arrivons devant un restaurant où une cinquantaine de touristes aux yeux froncés par l'énervement et l'attente dégustent des plats hors-de-prix. Variation cambodgienne du restaurant "ami" devant lequel se pose le bus : on pose les touristes loin de tout, ils ont faim, ne savent pas où trouver d'autre bus ou au moins un restaurant, ils sont captifs, on peut donc les détrousser allègrement.

Dès notre arrivée, un homme se précipite de nulle part à notre fenêtre, et nous demande où nous allons. Les Français vont à Kratie, sur le chemin de Phnom Penh. Le type nous raconte une histoire drôle : "j'ai un bus, pas celui de cette compagnie, un bus à moi, moins cher, je vous emmène à Kratie ou Phnom Penh". Pour la capitale, le prix est de 8$, la moitié presque du prix précédent. Le type nous dit que le bus arrive, on verra ça va être super. Au bout de quelques minutes, nous lui demandons quel est son bus, il nous montre celui bondé de touristes, qui était déjà à la frontière. Franche rigolade de notre part : en 30 minutes, les prix ont été divisés par deux. Le type ne cache plus son subterfuge, et va discuter avec le sosie d'Adolf Hitler cambodgien à lunettes. Nous acceptons d'aller jusqu'à Kratie avec les Français, qui insistent pour avoir un minibus à eux plutôt que le bus qui, de toute façon, est plein comme un oeuf.

Wait wait wait
Le monsieur nous dit d'attendre. Attendre quoi ? Personne ne veut manger dans ce restaurant qui sent l'arnaque et le poisson congelé. Silence gêné d'Adolf, puis Les autres passagers ! Nous lui montrons que nous sommes tous là. Nous attendons le chauffeur. Nous retrouvons ce dernier en train de ronfler sur sa table. Les Français, décidés à bien représenter la réputation nationale de gros râleurs, font un scandale, et le minibus repart.

Premiers contacts
Quelques heures passent, à rouler au milieu d'une plate campagne plutôt verte. Affleurent sur la route des milliers de portraits des 3 dirigeants du Parti Communiste, qui partagent la tête du pays avec les Royalistes, et partout des panneaux indiquant que telle maison ou tel quartier est fidèle soit au Parti du Peuple Cambodgien (communistes), soit au FUNCINPEC (royalistes), soit au Sam Rainsy Parti (seule véritable opposition démocratique, assez puissante cependant). Nous atteignons enfin Kratie, petite ville calme, où nous retrouvons l'inénarrable bus pour Phnom Penh, encore une fois stationné devant une guest-house amie, qui comme par hasard sert aussi des repas et des boissons. Nous fonçons à la "station de bus" du coin, pour remarquer que le Hitler cambodgien n'avait pas tort : aucun bus ne part plus vers PP, à part des taxis collectifs et des minivans. Autant reprendre le bus. La chaleur nous étrangle tellement que nous cédons à l'appel du restaurant ami, et prenons un coca et une délicieuse noix de coco fraîche.

Nous payons le ticket, un peu déçus que le prix du voyage n'ait pas encore une fois été divisé par deux, et nous asseyons au milieu des autres touristes : nous avons changé 3 fois de bus, pas mal négocié, mais nous avons gardé notre indépendance et surtout payé le vrai prix, à la cambodgienne. Pour une fois, nous n'avons pas (trop) fait n'importe quoi !

Sombre capitale
Ce qui ne change pas, par contre, c'est notre aptitude à arriver de nuit dans chaque capitale. Après un très long trajet assez ennuyeux, mais miraculeusement vierge de tout karaoké, notre bus nous dépose.... allez devinez !

Devant une guesthouse-restaurant amie, très loin de la station de bus qui jouxtait les quartiers des pensions pour budgets modestes

(
vous voyez c'était pas dur hein?)

Râlerie inefficace, le personnel du bus, toujours aussi aimable, nous informant de la possibilité de faire appel aux services de leurs amis les tuk-tuks, ceux-ci nous attendant déjà, sourire carnassier aux lèvres. Et si nous ne voulons pas prendre de tuk-tuk, quel hasard, il y a une guest house JUSTE LA, avec des chambres presque pas ruineuses.

Nous fulminons, prenons nos sacs. Aglaé est passablement énervée contre ces gens, et force est de remarquer que pour l'instant tous ceux que nous avons rencontré qui sont liés de près ou de loin au passage des frontières sont de beaux filous.

jeudi 5 février 2009

L'ile aux hamacs

26-27 janvier

Apres un trajet épique mais enrichissant (grace a Charly, nous pouvons maintenant tous compter jusqu'à 5 en Lao, ce qui a beaucoup amusé les mamies laotiennes du sawngthaew), nous embarquons sur un frele bateau en compagnie d'autres touristes, mais surtout de 60 baguettes de pain fraiches, ce qui est de bonne augure....

Nous découvrons des iles paradisiaques au milieu du fleuve, pour la plupart sauvages. Notre debarquement sur une micro-plage est moins sauvage, lui: des anglaises en maillot brulent sur le sable. Nous traversons rapidement le village un peu trop touristique a notre gout pour trouver un bungalow plus au calme.

The bungalow concept
Car sur cette ile, tout le monde est loge dans des petits bungalows en bambou, sur pilotis, avec balcon sur le Mékong et surtout... un hamac ! Il y a tout un paragraphe dans le Lonely Planet sur comment choisir son bungalow et son hamac. Toute cette paresse pour un prix derisoire... ce qui explique les sourires désolés accompagne d'un "it's full" (c'est plein) sans appel qui ponctuent notre quete d'un toit. Nous fondons sous nos gros sacs a dos, errons de bungalow en bungalow puis decidons de nous séparer strategiquement car à 5 c'est désespéré.
Avec Charly, nous optons finalement pour le sunset side de l'ile, car le sunrise side ne peut convenir a 2 marmottes (nous ? nous lever à l'aube ?). Nous finissons par trouver un petit bungalow bleu et rose avec deux hamacs... où nous nous écroulons pour contempler le coucher du soleil sur le Mekong??? Non! Nous entamons courageusement une lessive car nous sommes victimes d'une pénurie sévere de linge propre. La glandouille, ca sera pour demain! 5 petites filles lao passent un bon quart d'heure autour de ma bassine à observer chacun de mes mouvements, et les adultes font de meme, a une distance un peu plus raisonnable heureusement. C'est un peu impressionnant de faire sa lessive devant tant de monde!

Nous rejoignons Josh, Sylvia et Angry Joe pour un diner agréable au cours duquel nous apprenons grace a Josh qu'on peut se baigner sans probleme en Amérique du Sud, avec des piranhas (tant qu'on ne saigne pas), et que grillés ces charmants poissons sont delicieux. Comme d'ailleurs les vers qui vivent dans les noix de coco! Ca donne envie d'aller en Amazonie mais je me contente pour ma part d'un shake coco (les shakes sont des fruits mixes avec de la glace, autre délice en concurrence avec les tout aussi delicieux cafés glacés).


La vie est un long fleuve tranquille...

Nous partons faire le tour de l'ile a pied le lendemain. Des que l'on s'eloigne un peu du village touristique ou nous sommes arrives, on est au milieu des rizieres et des villages sur pilotis. Avec le Mekong dont les rives croulent sous la vegetation luxuriante et les grands palmiers, c'est une promenade paradisiaque. Les adultes que nous croisons sont plutot indolents (c'est-a-dire qu'ils dorment dans des hamacs) alors que les enfants sont surexcités (ils sautent partout, barbotent dans le fleuve). Charly finit par céder a deux petits garcons tres poussiereux et les tire sur 100 m sur une grande feuille de bananier.

Nous prenons le temps de lire dans nos hamacs. Mes lectures sont au point mort et je realise que le transsiberien ne sera pas de trop pour avoir le temps de lire et surtout de prendre du recul sur toutes nos aventures.

Nous buvons avec Josh et Sylvia une dernière Bier Lao en contemplant un pecheur et le coucher du soleil... Ca va etre dur de quitter le Laos demain matin!

(On ne croyait pas si bien dire...)

mardi 3 février 2009

Trajet pour les 4000 Iles : 50 bleus aux fesses

26 janvier

lendemain de notre épique trajet en Harley Davidson (ou presque), nous nous mettons en route pour Si Phan Done, les 4000 Iles : il ne s'agit pas d'aller se faire dorer la pilule à la mer, assez absente du territoire laotien (mais prenez une carte bon Dieu !), mais d'aller visiter (certains diront "glander") une région, près de la frontière cambodgienne, où le Mékong est d'une largeur insensée (14 km en saison pluvieuse), et révèle, .lors de la saison sèche (c'est la notre) une foultitude d'iles et d'ilots, parfois constitués d'un seul arbre !


On peut loger sans problème sur les iles permanentes, où des petits villages très calmes sont rapidement en train de se constituer en complexes touristiques de choix.


Tout ça fait évidemment très envie, sauf qu'il faut déjà rejoindre une des iles, ce qui nous a pris entre 5 et 6 heures. Pourquoi tout ce temps, pour un trajet de 100 km environ ?


A part les minibus touristiques bondés d'Anglais en mini-jupes, il n'existe aucun service de bus entre Pakse et Si Phan Done : la seule chose qui part de la gare routière étant des sawngthaew (je ne connais pas la prononciation exacte), c'est-à-dire d'immenses tuktuk/pick-up, dans lequel viennent s'entasser un flot de Laotiens : enfants, vieillards, adultes, mais aussi sacs de piments, de pommes de terre, paniers multicolores, bagages sur le toit. Le tout donne l'impression d'un monstre du Jurassique très bruyant, dans lequel viendraient s'engouffrer une multitude d'asticots (nous). L'ambiance est décoiffante mais très sympathique, surtout lorsque, à chaque arret, on voit des hordes de femmes, les bras chargés de brochettes, courir après notre engin ralentissant, en hurlant "10 000 kiiiiiiiiiiiips!"


Un Américain, un Canadien, une Espagnole et deux Francais

Le pays étant silloné par les touristes, nous ne sommes pas les seuls Blancs dans le bidule : en face de nous (il y a trois bancs, donc tout le monde se fait face, dans une promiscuité que la chaleur ne rend pas des moins pénibles), nous faisons la rencontre de Sylvia et Josh, absolument charmants, qui nous accompagnerons pendant 2 jours.


Josh est un Américain délirant sans cesser d'etre gentil, qui fait un tour du monde en solitaire pendant 8 mois. Après l'Amérique du Sud, il fait le tour de l'Asie avant d'investir l'Inde et l'Europe. Il est né a Las Vegas et a grandi et a tenu un hotel casino a Reno (ça pose un personnage). Il est bourré d'anecdotes et de blagues, et semble avoir fait voeu de tester toutes les drogues de tous les pays qu'il traverse.

[CMA: non ça n'est pas notre but, maman ! oui la drogue c'est MAL]


Sylvia est peut-etre encore plus adorable : elle vient de finir sa formation de guide a Barcelone, parle couramment l'espagnol, l'anglais sans trop d'accent, le français sans AUCUN accent, le catalan, et apprend le Chinois depuis 9 ans. Tout comme nombre de gens que nous croisons au Laos, elle fait des études en Chine, et profite des longues vacances du Nouvel An Chinois pour visiter l'Asie du Sud-Est.


Très rapidement nous rejoint aussi Joe, aussi appelé Angry Joe, jeune Canadien anglophone des plus raleurs, professeur d'électronique au Vietnam : il se plaint qu'il n'y a pas de bus, que pour venir depuis Saigon c'etait long, qu'il fait chaud, que le trajet est long : bref, pendant les 24 heures que nous passerons ensemble, il se plaindra en continu. Un personnage agréable, donc, qui se révèlera pourtant assez sympathique à la longue.


Nous alternons sans arret entre l'anglais, le francais, l'espagnol (Josh parle couramment espagnol, pas nous), et je tente de leur apprendre les bases de mes bases en lao : tout ca donne le vertige, un vertige des plus agréables - et des plus droles, lorsque par inadvertance nous parlons francais à l'Americain ou au Canadien.


Le trajet est particulièrement vivant, drole, mais aussi long et pénible, notamment parce que nous crevons deux fois, et qu'il faut descendre sous une chaleur cruelle, le temps que l'équipe du bus change le pneu (tout le monde a l'air de trouver ça normal). Lorsque nous attendons, des femmes agitent des brochettes de foies de volaille en continu sous notre nez - je manque défaillir.

Surtout, les bancs en bois nous font de curieux effets : nous sentons nos fesses s'applatir à la vitesse de la lumière, et il faut essayer de se lever à moitié pour qu'elles reprennent leurs rondeurs habituelles, avant de se rasseoir avec douleur. Quant aux Laotiens, ils dorment tous, malgré les nombreuses conversations multilingues que nous entretenons avec Josh, Sylvia et Angry Joe.

Finalement, nous arrivons devant le Mékong. On décharge les salades et les piments, et nous voilà partis pour une des 4000 iles !!!