lundi 8 décembre 2008

Munnar: la montagne du the et des bus survoltes




Malgre notre arrivee un peu raide, notre premiere etape a Fort Cochin nous a deja donne envie de poursuivre notre decouverte de l'Inde du Sud. Apres une nuit de repos dans une chambre spartiate mais propre (youpi!), nous errons une derniere fois entre les maisons coloniales decrepies, les palmiers et le bord de mer ou s'activent des pecheurs avec d'immenses filets. Un petit coin de paradis que nous quittons a regret, mais plein d'energie pour nous lancer de nouvelles aventures.

Nous regagnons la cote par le bus local: un amas de tole bringbalant qui fonce au son de son klaxon. Il n'y a pas d'arret de bus (comme 99% du temps ici), il faut juste demander aux gens ou l'attendre. Quand les gens veulent descendre, il faut signe au vendeur de ticket qui fait sonner une clochette ou siffle dans un sifflet pour que le chauffeur s'arrete. Il faut alors vite sauter au vol. C'est plus rapide que les bus RATP, tres marrant, sauf qu'il est dur de savoir quand descendre sans station de bus et sans plan... Essayer de se reperer "a la louche" sur le plan du Lonely Plantet (notre guide-bible) marche moyen...
Nous comptons prendre un rickshaw (mini taxi pas cher a 3 roues) pour rejoindre la gare routiere pour choper un bus vers notre prochaine etape, mais ils sont ... en greve! Nous marchons sous le cagnard jusqu'a la gare routiere ou nous finissons par trouver notre bus apres avoir demande a au moins 5 personnes. En fait, il ne faut pas paniquer, on s'y retrouve toujours, il faut juste etre patient et zen!

Notre bus bleu sans vitres se remplit au fil des stations, les gens sont debouts dans le couloir, resistant avec un equilibre remarquable aux chaos. Quelle chance d'etre montes a la premiere station et donc d'etre assis! Car c'est parti pour 4H30 pendant lesquelles on ne peut s'ennuyer: il suffit de regarder la route et de voir le chauffeur slalomer entre les pietons, les rickshaws, les autrs bus et surtout eviter au dernier moment ceux qui arrivent en face... Les paysages defilent: la ville semble s'etendre a l'infini, le long de la route il y a toujours du monde... mais nous finissons par arriver dans les montagnes ou il fait FRAIS! Arrivee a bon port a MUNNAR.

Au reveil (dans une petite pension) , c'est l'enchantement: la ville de Munnar est au milieu de montagnes recouvertes de forets luxuriantes et de plantations de the. Nous partons a leur decouverte en rickshaw. C'est magnifique: petits lacs avec plantations et villages colores en surplomb, grands domaines style british, cascades, ballade a pied au milieu des feuilles de the, et on a meme vu des elephants sauvages!

Nous reembarquons a bord d'un autre bus pour 6h de voyage jusqu'a Madurai. Cette fois, il y a des vitres, mais le chauffeur nous montre que nous avions sous-estime la vitesse a laquelle peut rouler un bus-y compris sur des routes sinueuses de montagnes en descente. Heureusement que le paysage grandisose est la pour nous detendre! Au cours de ce trajet, le bus reussit quand meme a renverser un rickshaw (indemme heureusement) et a doubler une ambulance roulant a fond avec son girophare!

De retour dans la plaine, nous allons partir a l'assaut des temples et decouvrir les trajets en train...




samedi 6 décembre 2008

Une arrivee mouvementee 2

Nous sommes toujours a l'aeroport, suant a grosses gouttes alors que l'heure avant l'aube est censee etre la plus fraiche... Nous decidons de prendre un taxi jusqu'au quartier ou le Lonely Planet indique pas mal d'hotels. Le taxi se prepaie, heureusement car l'humeur n'est pas au marchandage!
Le style de conduite indienne nous stresse alors qu'une bonne partie du trajet se fait sur un 4 voies avec terre-plein central: nous n'imaginions pas alors que ce trajet etait en fait tranquille pour l'Inde. Toujours est-il que le chauffeur fonce dans la nuit, double par la droite et la gauche, seulement dans les virages sinon c'est pas drole, evite de justesse chevres et pietons qui sont sur la route eux aussi. On se croirait dans une poursuite de James Bond, sauf qu'on est pas surs de resister a tous les chocs, nous!
Nous echouons avec nos gros sacs dans un quartier calme et un peu eclaire. Nous rentrons dans tous les hotels que nous voyons, tous sont pleins ou beaucoup beaucoup trop chers. Nous sommes au bord de l'epuisement, quand nous trouvons un hotel pas terrible, mais ou il reste une chambre avec la clim. Nous pensions dormir quelques heures au frais et reprendre des forces. Erreur: la chambre est sacrement sale, la salle de bain pue l'humidite et est crado Mais accrocher la moustiquaire nous rassure un peu. La clime fait un bruit dingue et nous finissons par l'eteiendre pour pouvoir dormir. Tout ca pour la somme de 1000 roupies (beaucoup trop).
On se couche a 7h30. Charly dort un peu, moi pas, trop stressee.
Il fait jour et la lecture du guide me rassure un peu: dehors, ca a l'air chouette Cochin!

jeudi 4 décembre 2008

Cochin d'Inde






Apres une telle arrivee nocturne, la clim qui imitait le doux bruit du marteau piqueur, et les feroces moustiques de la salle de bain crado, il n'a pas ete particulierement facile de dormir sereinement. Aglae pensait "dans quoi nous embarquons-nous ?", moi c'etait plutot "comment on a pu payer autant pour cette merde ? pourquoi n'avoir pas tente de negocier tout de suite ? quand est-ce qu'on mange ?".

Apres un conseil de guerre decide (Sergent Aglae passera par le cyber, toi, tu prends le telephone pour nous trouver un bel hotel ce soir, Colonel Charly, tu remonteras la colline par le Nord, afin de nous trouver un cafe sympa et un Rickshaw), nous nous engageons dans une horreur urbaine. Melange de bruits, de cris, de routes impossibles a traverser, de cafes Lonely Planet difficiles a trouver, d'indications peu aisees a comprendre (serieux, c'est de l'anglais avec un accent indien, ou de l'hindi avec un accent anglais ?). Le Soleil frappe avec une telle cruaute, ca me rappelle les fessees de mon enfance, quand j'urinais dans les restaurants. Sauf que dans notre cas, la fessee tape dans les nuques, dans les yeux, fait vrombir la tete, explose les tympans.

Tels des petits poucets en nage, nous laissons derriere nous une longue trainee de sueur, avant d'atteindre un premier nirvana : l'Indian Cafe. Petite cantine un peu coloniale ou nous sommes les seuls Occidentaux, ce cafe propose l'ambroisie du touriste au bord d'etre degoute par son premier contact avec l'Inde : des oeufs brouilles, du cafe et des toasts. La vie reprend ses droits, et nous reprenons un autre cafe.
Retour dans la tourmente ecrasee de chaleur. Je me mets a penser un instant que les Indiens ont fait quelque chose de mal pour meriter un tel enfer climatique. Nous reservons un hotel dans la petite ile/ville charmante de Fort-Cochin, prenons un ferry magnifique pour l'atteindre. A la vue de cette cote charruee de couleurs ocres et mauves et jaunes et bleues, nous comprenons enfin que nos premiers contacts etaient biaises. D'immenses navires echoues cotoient une sublime vegetation.
Fort-Cochin est un petit village idyllique, dont l'affluence de touristes evoque parfois le club med, mais des qu on s eloigne un peu du centre, on se retrouve dans des especes de petits bidonvilles tres charmants (sans blague) ou chevres, chiens et chats se cotoient en silence dans une meme torpeur doucereuse. Il fait plus frais aussi, il y a des restos sympathiques et un peu occidentaux, des bonnes adresses pas cheres remplies d'Indiens (nous avons mange un enorme repas pour 1 euro cinquante, mouah ah ah).

Bref, le bonheur. Nous nous sentons vraiment en vacances, pouvons poser notre sac, commencer a prendre des photos argentiques, etc. Pour faire vite, Cochin est un endroit calme et idyllique, typique du Kerala, Etat chretien et communiste (hum).

(par gentillesse, je vous ai saute le moment ou, les sacs pesants sur le dos, nous avons compris que l hotel ou nous avions reserve une chambre... n'existait plus)

A Cochin, et c est crucial, existent des boutiques qui ne vendent QUE du papier toilettes. Ce pays est genial

Arrivee mouvementee!

Nous atteignons a temps l'aeroport, ou le service client de gulf air nous fait attendre juste assez pour que nous devions nous precipiter vers notre porte d'embarquement avant d'avoir pu recuperer le bon d'achat qui nous etait du. Et la, une bonne surprise nous attend: nous sommes surclasses en business class!
Le vol passe donc vite, entre le premier bon repas que nous ayons jamais mange en avion et une sieste dans des sieges super confortables.

Apres cette luxueuse parenthese, le retour a la realite est des plus brusques: nous avions bien decale d'un jour notre reservation dans un hotel pres de l'aeroport (car atterissage a 3h du matin)... mais c'est bien inutilement que nous cherchons des yeux un petit panneau avec nos noms au milieu de la foule de familles indiennes qui nous devisagent... personne ne nous attend!
Nous voila en rade a 4h du matin a l'aeroport. Au moins, nous avons 'nos maisons', c'est a dire nos sacs que nous avons attendus 1/2h avec une certaine anxiete. Apres avoir constate qu'on ne pouvait pas mettre de carte SIM indienne sur mon portable comme prevu et change des euros en roupie, nous trouvons finalement une cabine telephonique. Charly appelle tous les hotels du Lonely Planet, mais il a a chaque fois la meme reponse: une voie endormie, mal aimable, qui ne comprend rien a ce qu'il dit, qui ne sait pas s'il reste des chambres libres, ou pire, qui dit de rappeler dans 5mn, puis dans 15mn...
Nous finissons par abandonner le telphone, un peu deseperes. Il est 5h du matin, welcome to India!

Qu'allons-nous devenir???
La suite au prochain episode!

(ne vous inquietez pas, nous avons suvecu!)

Meet Marius







Avant de passer aux choses serieuses, a savoir notre projet artistique, nos mesaventures, etc, qui interessent tout le monde et rassurent la famille, je pense que ce cybercafe Cochinesque ou les pales des ventilateurs attaquent sournoisement ma gorge est le bon endroit pour vous presenter Marius, alias Marius le virus.





Le pere naturel de Marius est Pierre-l'ami-d'Aglae-de-son-job-a-Mantes. Depuis des annees deja, il semble avoir pris un malin plaisir, avec quelques amis, a se promener aux quatre coins du monde et a prendre des photos devant des lieux caracteristiques des pays traverses (imaginaires selon certains esprits fermeys).

Pierre, qui possedait deja Max le canard (dont un profil Facebook serait visible) a calme l'intense jalousie d'Aglae en lui offrant, la veille de notre depart, SON fetiche a promener a travers le monde. Voici donc Marius le virus, chose un peu gluante et elastique, qui fait sourire les enfants, brille de mille feux du Bengale quand on la secoue. Bref, le compagnon parfait de ces dames.


Sa conversation est limitee, mais son sourire saura nous sortir de bien des situations epineuses. Attendez vous a le croiser de temps en temps sur ce blog.

Etape imprevue au pays de l'or noir...

Le ratage d'avion et le rhume en plein desert en restent pour l'instant aux peripeties inherantes a tout voyage... bon, c est vrai qu'elles commencent avant meme notre arrivee sur le sol d'Asie! ... mais c'est dans la bonne humeur que nous nous lancons a l'assaut de Bahrein apres notre bref apercu nocturne.

Cette ville est le royaume de la voiture, la preuve: nous avons croise un seul feu pieton en un apres-midi et une de leur fierte locale est un rond point (seul endroit de la ville avec de la pelouse verte)!! De larges 4 voies sillonent la ville, qui n'a pas de centre et n'est pas dense du tout. Sont ainsi eparpilles sans aucune organisation: des centres commerciaux plus ou moins luxueux, des immenses parkings poussiereux, des terrains vagues, et avec ca et des tours jumelles incroyables (aucune tour celibataire dans ce pays). La palme du delire architectural revient aux tours avec 3 eoliennes entre elles!
Ajoutez a ce tableau quelques groupes d'immigres indiens, des femmes-fantomes tout en noir et des sheiks en blanc, tous dans leurs voitures ou a l'interieur des centres commerciaux.

Il y a quand meme un quartier plus humain: celui du souk, avec des petites ruelles et de jolies mosquees. Nous y deambulons avec plaisir, enfin loin des voitures.

Retour a l'hotel pour embarquer a bord d'un minibus bonde pour rejoindre l'aeroport. Personne n'a l'air stresse par l'heure qui tourne et les embouteillages. C'est un nain qui se jette au milieu de la circulation vombrissante pour que l'on puisse manoeuvrer...

mardi 2 décembre 2008

Mehtro, Mahrco, Pohlo (stuck in Bahrein)

Vu comme on avait finalement bien prepare la partie indienne du voyage, avec avions, trains et Couchsurfing, je me demandais parfois si on allait pas etre un peu trop dans le train train prevu.


Je me gourais completement. Mais alors completement.

Notre premer vol, Paris Bahrein, a eu 50 minutes de retard, pour cause d une equipe de vol coincee par les embouteillages parisiens. Du coup, nous avons rate la correspondance avec Cochin, et le prochain vol pour Cochin etait dans... 24h.

Nous voila donc, apres des peripeties assez complexes (au debut, ils voulaient nous faire passer par Bombay, nous promettant qu on arriverait a 7h, en fait la fille de l aeroport avait mal lu : il s agissait de 7h du soir, il nous aurait fallu passer la journee a l aeroport de Bombay, qui doit etre particulierement gai en ce moment), nous voila donc, disais-je, avec hotel et repas payes, dans la capitale de cette toute petite ile qu est le Royaume du Bahrein.

La chambre d'Hotel est immense, l'hotel lui meme a du etre a la pointe du confort et du luxe il y a quelques decennies, le buffet est tres bon, bref nous voila bien installes.

Bahrein ? Endroit incroyable, a la fois completement occidentalise, et a la fois completement arabe, et ce jusqu au bout du cliche des Emirs Saoudiens des albums de Tintin : femmes voilees de pied en cap (et invisibles en ville, a part des femmes Thailandaises tres maquillees), hommes tout en blanc avec la nappe Vichy sur la tete (oh le raciste Charles), ville un peu pourrie entouree de delires architecturaux assez epoustouflants.

Tout le monde parle un genre d'indien, puisque la ville semble en majorite habitee par des Indiens et de Pakis, un peu comme si cette ville Arabe ne comptait que peu d'Arabes (mais qui seraient les plus puissants).

Hier soir nous nous sommes promenes dans les rues, en une heure nous n avons croise aucun pieton. Toutes les voitures nous lancaient des petits klaxons narquois, sans qu on sache s ils visaient Aglae (pourtant voilee) ou le grand blond qui marchait a cote.

On nous a fait payer 5 dollars une bouteille d eau, en profitant de la confusion du change d un billet de 10 dollars. Ca commence bien. Et la je suis dans un cybercafe etrange, un peu bringuebalant, et windows semble me dire que cet ordinateur n avait jamais ete allume avant...

Je sais pas vous, mais avec A, on trouve ca vraiment marrant.

Les photos vont suivre, mais c est Aglae qui les a, et elle est coincee dans son lit pour cause de... rhume carabine. No worry, rien de grave, juste une grosse fatigue.

Et un rhume au milieu du desert, si c'est pas un exploit !